Beauté

 

Comme un soleil automnal suspendu incertain dans le vide, qui jette ses rayons affaiblis, obliques sur la plaine

Toi, hélas, tu te tiens flageolant loin de moi, titubant d’existence ambiguë, et plus terne

De n’être que cette ombre jetée d’un désir qui ne sait ce qu’il veut, ce qu’il est,

Caduc et versatile, à demi effacé, chevelure indécise bleutée de crépuscule.

Mais moi qui suis-je sans toi, Beauté toujours perdue, ma gerbe renaissante ?

Et toi, qui donc es-tu, de n’être ni d’ici ni d’ailleurs, ma ténébreuse aurore

Toi l’obscurcie de toutes mes étoiles ?

A te perdre, à chanter ton retour, l’impossible bonheur et l’impossible oubli,

Dans l’obscur, inflexible flambeau, ton amant de courage, obstinément je suis.

                    (poème extrait de mon recueil  : Le Reel eclaté, poésie 14)