27 décembre 2010

De l'ETONNEMENT PHILOSOPHIQUE : SCHOPENHAUER

Il est de bon ton, depuis Aristote, de déclarer que l'origine de la philosophie c'est l'étonnement. "Thaumazein " : s'étonner, admirer. Ce qui éblouissait Aristote, semble-t-il, c'est la beauté de la nature, une évidence pour un Grec. On les comprend immédiatement lors du premier voyage dans ce pays des dieux, où la lumière vous accompagne partout, insistante et sublime. Pour un homme des Hespéries ce sentiment, éminemment enviable, n'a rien d'immédiat. Il suffit d'un court voyage à Lille ou à Stuttgart pour désespérer l'heureux... [Lire la suite]

23 décembre 2010

Du FONDEMENT de l' ETHIQUE

A tout prendre, l'eudémonologie n'est qu'une sophisticaillerie plaisante et vaine : le bonheur étant impossible, la joie incertaine et fuyante, il ne reste qu'à pactiser avec le diable, lui soutirant deci delà quelque piécette de plaisir intersticiel, de quoi entretenir la flammèche de la vie, pour le seul bénéfice durable de l'espèce. Ne pouvant ni vivre ni mourir nous nous débattons entre le tragique de la perpétuation et la comédie de l'impossible. Victimes-complices d'un carnaval mirifique et dérisoire, nos exploits terrestres se... [Lire la suite]
26 novembre 2010

De la LIMITE EUDEMONOLOGIQUE : l' INSUPPORTABLE

"La première proposition de l'Eudémonologie est précisément que cette expression est un euphémisme et que "vivre heureux" peut seulement signifier ceci : vivre le moins malheureux possible ou, en bref, vivre de manière supportable". (Schopenhauer : "L'art d'être heureux", règle 22). L'insupportable est donc la limite absolue de l"eudémonologie, la butée ultime où vient se briser tout projet rationnel de félicité. Tant que la vie est supportable on peut raisonnablement réfléchir aux moyens de... [Lire la suite]
24 novembre 2010

De l' EUDEMONOLOGIE : du "BONHEUR" selon SCHOPENHAUER

S'il pouvait exister une eudémonologie elle se définirait comme une méditation du bonheur (eu-daimonia) ou, plutôt de la félicité, s'il est entendu que le bon-heur est une bonne rencontre (kairos) dépendant du dehors, et la félicité une disposition constante de l'âme à se réjouir. L'eudémonologie est au coeur de la réflexion antique : Aristote, Epicure, Stoïciens, Kuniques, Sceptiques se font fort d'avoir élaboré des méthodes de félicité, ce que fera encore Spinoza, le dernier peut-être à estimer la félicité accessible. Par la suite... [Lire la suite]
09 novembre 2010

Du SUJET PHILOSOPHE

"Ce n'est pas moi qu'il faut écouter, mais à travers moi, qui le révèle, le Logos universel". C'est en substance le discours d'Héraclite, sa parole à la fois intime et universelle. Son ambition n'est pas d'exprimer quelque opinion subjective et singulière mais de coïncider le plus parfaitement possible au Logos dont il se fait le fidèle interprète. Il se pose comme le médiateur entre le Divin et les hommes, l'herméneute, en lieu et place des interprètes traditionnels de la mythologie et du culte religieux. Lui qui selon ses... [Lire la suite]
01 octobre 2010

La GAIETE et la JOIE

La gaieté est une heureuse disposition de nature, plaisante et enjouée, qui donne verdeur et vivacité à nos humeurs, à notre physionomie même, et à nos propos. La gaieté ensoleille et rayonne. Elle répand de la grâce, dissipe sans effort les brumes de l'âme, restaure le goût de vivre à celui qu'elle touche de sa lumière. Elle communique la joie, redresse et encourage. Heureux celui qui en a hérité de naissance, si de gentilles fées ont répandu leurs fleurs sur le berceau! La gaieté ne s'apprend pas, ne s'enseigne pas. Tout au plus... [Lire la suite]

07 juillet 2010

De la CONNAISSANCE de SOI : journal du 7 juillet

Il faut une patience infinie pour faire un philosophe. De l'éblouissement premier qui s'empare de nous à la lecture d'une grande pensée, du premier et décisif éveil, du premier flamboiement divin, - pour moi ce fut Schopenhauer - jusqu'à l'éclosion improbable de la maturité philosophique, que de temps, que d'expériences douloureuses ou exaltantes, que de livres lus, de pensées avortées, d'intuitions ratées, de conversations languissantes ou stimulantes, que de rêves, de projets, de fatigue, de découragements, d'abandons honteux, de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:46 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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29 juin 2010

De la REPETITION : LUCRECE et SCHOPENHAUER

"Je n'attends plus rien". Cela peut s'entendre de deux manières très différentes. Taedium vitae ou intelligence supérieure. Soit, je suis blasé, j'ai fait le tour de ce qui mérite quelque attention, je n'ai plus d'intérêt particulier pour rien, d'ailleurs "les choses sont toujours les mêmes". Cette tonalité se trouve abondamment dans Marc-Aurèle, partisan de l'Eternel Retour du Même, dans l'Ecclésiaste ("Rien de nouveau sous le soleil"), parfois même chez Lucrèce, dont la mélancolie n'est plus à démontrer, et bien sûr chez... [Lire la suite]
04 mai 2010

JARDINAGE et PROMENADE PHILOSOPHIQUES

Jardinage et promenade sont les activités canoniques du philosophe épicurien. Le jardinage s'entend comme une synthèse réussie de la nature et de la culture. Cutiver son jardin c'est accueillir le don de la pluie et du soleil, de la racine, de la tige et de la fleur : cela naît, cela croît, cela dépérit, cela meurt. Loi de nature. Cultiver c'est ajouter ce petit quelque chose qui transforme la profusion sauvage en beauté : règle de l'art. La règle n'est pas la loi, la culture n'est pas la nature. Ce serait folie de les confondre,... [Lire la suite]
08 avril 2010

De la SANTE

Il en est de la santé comme du temps. Je sais ce qu'est la santé mais demandez moi de la définir et je ne sais plus. Je peux toujours donner les indications usuelles, dire que la santé est l'absence de maladie, ou déclarer avec l'OMS qu'elle est la pleine jouissance de l'équilibre physique, psychique et social : soit j'en dis trop, soit je n'en dis pas assez. La santé est-elle le silence des organes, le bien-être, le sentiment interne de l'homéostasie et de l'autonomie? Mais que sais-je, moi-même, de mon véritable état? Je peux me... [Lire la suite]