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C'est le chemin le plus difficile
Qui ne vient de nulle part
Qui ne va nulle part
Qui semble piétiner sur place,
Patient, impatient, tenace, vivace,
Chemin des poètes désoeuvrés
Des errants dépréoccupés,
Eux qui ne savent jamais très bien où est le nord
Qui estiment qu'au fond il n' y a pas de nord
Quoi que l'on fasse, ou que l'on soit, on est est toujours au nord
On ne saurait se perdre dans le monde,
Où que l'on soit on est toujours au monde,
A l'origine, car de partout jaillit le feu de l'origine
Des milliards de processus finissent leur cours
Des milliards de processus entament leur cours
Gigantesque branloire, comme disait Michel
Opera de milliards de musiques mal accordées
Tohu bohu hurlant, tonitruant
Effarante cacophonie sans rime ni raison,
Tantôt cela fait un tintammare épouvantable,
Parfois, on ne sait pourquoi, un silence plombé
Tombe sur le monde
Et l'on croit que c'est la fin,
Mais non, ça recommence.
Et ne finit jamais.

L'origine est partout
Toujours
Mais on ne la voit pas
On ne la sent pas,
Pourtant elle sourd de nous comme une source
Un afflux de tourbillons discrets, silencieux,
Des élancées de douleur parfois, ou de plaisir
Parfois des mélodies très douces qui surgissent
Et qui durent...Oui mon chemin est difficile
Il y faut patience, endurance et silence.
Hélas nous pensons trop, nous passons à côté des choses,
Faisons retour, ô mes amis, à la source éternelle
Et sans juger, sans désirer
Confions-nous pieusement à la métamorphose !