La grande catastrophe est derrière moi

J'ai traversé le pire

Et si je rêve encor de chutes dans le vide

Je sais que je ne tomberai pas

Ce sont rêves pour rire

Qui ne m'engagent pas

Des traces de mémoire qui s'emballent

Comme ces canards ététés qui continuent de courir

Grotesques ubuesques

Avant de s'étaler tout d'un coup sur le sol

 

Ma vraie vie est ailleurs

Elle tourne le dos aux spectres du passé

Elle ne tourne pas en rémoulade dans les remous du passé

Elle se moque pas mal de ce qui a été

Ce qui fut on ne peut le changer

Il suffit d'en tirer ce qui fait sens encore

Quelques fleurs, quelques sourires échangés

Jeter le reste

Et passer

 

"Tranquille, sois tranquille ô mon âme

Nul ne peut te ravir à toi-même

Reste droite et confiante, et si le sort

S'acharne contre toi, il pourra bien briser ta vie

Mais jusqu'au dernier instant, jusqu'au dernier soupir

Tu seras toi, toi-même, rien que toi".

 

A qui dirait que la mort nous prive de tout/ Je dirai qu'il se trompe/ Il se voit lui-même à côté de son cadavre/ Pleurant sa vie perdue/ Ses amours arrachés/ Il n'a pas compris qu'il ne sera plus là/ A gémir ou se réjouir/ Qu'il ne sera plus du tout/ Que rien ne saurait lui manquer désormais/ Qu'il est dispersé dans le grand vent des âges / Absent à soi/ Fondu à tout jamais dans le Tout sans mesure.