Les atomes qui jadis

Faisaient le corps glorieux

D'Epicure et de Bouddha

Continuent de tournoyer tout autour de nous

Dans le vent, dans la pluie, dans l'air et la lumière

Ils nourrisssent nos corps et nos pensées

Ils nous stimulent, nous réjouissent

Ils dansent dans nos têtes, ce sont joyeux lurons

Ils font des galipettes

Ils nous font tours pendables

Se moquent allègrement de nos sornettes

Et comme les dieux d'Homère

S'esclaffent et se tordent d'un rire inépuisable.

 

Ce m'est pensée précieuse et belle

De les savoir tout près de moi

Et de me dire, sans doute en moi

Quelques atomes voltigeurs

Légers, rapides comme des martinets

Sont-ils partie prenante de ma psyché

La meilleure partie assurément

Celle qui pense haut et loin

Celle qui n'a peur de rien

Celle qui se sent au diapason de l'univers

Celle qui chante dans mes vers.

 

Hélas il est d'autres funestes héritages

Celui des massacreurs,

Ils sont hélas en nous sans que nous le sachions

Il faut les exhumer, les exposer,

Les clouer au pilori

Les dépecer, démembrer, disséquer, émietter

Les réduire en poussière

Que le vent les emporte dans la mer

Que les poissons, les crustacés, les araignées de mer

En fassent leur déjeuner !

 

      Garder meilleur, c'est ma devise

      Tout le reste, le puant, le médiocre, l'infâme

      Jette-le dans les flammes,

      Pour un joyeux épithalame

      La nostalgie n'est pas de mise.