Voici la remarquable conclusion du "Filet de Brahma" - le Brahmajala-Sutta - où Bouddha expose le résultat de son enquête sur les 62 théories philosophiques en usage en son temps, toutes fausses à divers degrés, et dont il importe de se libérer:

"O moines, le corps du Tathagata reste, ayant brisé le point qui conduit à l'existence. Tant que son corps durera, les dieux et les humains le verront. A la brisure du corps, après l'épuisement de la vie, les dieux et les humains ne le verront plus. C'est, ô moines, tout comme toutes les mangues attachées à une tige portant un groupe de mangues qui suivent le sort de cette tige si elle se rompt. De même, ô moines, le corps du Tathagata reste, ayant brisé le point qui conduit à l'existence. Tant que son corps durera, les dieux et les humains le verront. A la brisure du corps, après l'épuisement de la vie, les dieux et les humains ne le verront plus".

Le point nodal du texte c'est :  "ayant brisé le point qui conduit à l'existence". Cette idée est approfondie dans l'image de la grappe de mangues. Il suffit de briser la tige pour que les mangues suivent le même sort. Qu'est-ce à dire? Il faut briser l'attachement à l'existence aliénée - le sansara - rompre l'enchaînement maléfique au point précis qui détermine l'attachement. Alors toutes les formes d'attachement se détachent nécessairement. 

Quel est, pour toi, le point nodal qui retient tout le reste? Voilà la vraie question.

 

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On peut écrire sansara ou samsâra. Mais sansara est meilleur, c'est le terme en usage dans les textes originaux rédigés en langue palie. Samsâra est la version sanskrite. Même chose pour sutta (pali) et suttra (sanskrit). Mais tous les textes de la période originelle, compilés après la mort de Bouddha, sont rédigés en pali. Comme je travaille actuellement sur les suttas  les plus anciens je me range tout naturellement à l'orthographe originelle.