01 septembre 2017

MEDITATION : "entrer dans son cercueil"

  Taisen Deshimaru, promoteur du Bouddhisme Soto en France, disait que "méditer c'est entrer dans son cercueil". La formule est un peu raide, mais elle ne manque ni d'allant ni de vérité. Il ne s'agit pas de faire le mort, ou de jouer au fantôme, mais de considérer les choses d'un point de vue très particulier, qui allie subtilement la vie et la mort, enfin reliées dans leur rapport essentiel. Précisons que les Orientaux considèrent la mort autrement que nous : non pas comme le terme final de l'existence, mais comme une doublure... [Lire la suite]

26 juillet 2017

La NATURE et l'ESPRIT : le dia-bolon

  "L'esprit n'est pas au début, pas à la source" écrivait Hölderlin. La source universelle c'est évidemment la nature, entendue au sens le plus large et le plus englobant. Ou encore "l'abîme", selon le mot de Démocrite. Quoi que l'on fasse, elle reste l'insondable, la mystérieuse, l'impénétrable. "La femelle obscure". C'est dire implicitement que l'esprit ne peut naître que d'un déchirement, d'une rupture, d'une distanciation dans la dualité : dia-bolon, oeuvre du diable, séparation et solitude. L'homme se pose en s'opposant.... [Lire la suite]
10 avril 2017

GUITARE et VIOLONCELLE : poème

    Atahualpa Upanqui   Guitariste émérite   Pratiquait seize heures par jour,   Quand il jouait de sa guitare   Tous les anges du paradis   Et le diable lui-même   Se mettaient à chanter    Il est dans la musique une étrange amertume  Je ne sais quelle douleur  Qui dans la joie, dans l'allégresse même  Me serre étrangement le coeur  "Jusque dans le calice des fleurs  Une étrange douleur".    Le vibrato du violoncelle  Sur une... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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23 juin 2016

BLESSURES du CORPS, BLESSURES du TEMPS

  Cette blessure nous la vivons d'abord dans le corps, avant que le psychisme ne consente à l'enregistrer. Ce sont d'abord les humbles besoins immédiats qui nous fendent à intervalles réguliers, nous ramenant à la condition d'un vivant qui ne se soutient que de repousser la mort : faim, soif, sommeil, respiration, élimination, territorialisation. Vivre c'est rétablir un équilibre fonctionnel qui se défait sans cesse. Pulsions, tendances, instincts, dont la puissance contraignante oriente nos vies, et, de même, ne connaissent pas... [Lire la suite]
06 mai 2009

De la DECEPTION NARCISSIQUE

La déception n'engage pas seulement la relation à autrui mais sans doute plus profondément la structure du Moi lui-même. Dire : "je suis déçu" signifie un ébranlement de la représentation. Je m'attendais à une satisfaction - recevoir un cadeau, éprouver le sentiment gratifiant d'une reconnaissance qui aurait comblé mon sentiment narcissique - et voilà tout au contraire que je suis bafoué dans mon attente, privé d'un plaisir avec l'impression pénible de frustration qui l'accompagne. Cette indication, fort banale au demeurant,... [Lire la suite]