David Hume : dans "Essais sur le bonheur, Les quatre philosophes. "Le sceptique" p 46 et 49,  édition Mille et une nuit :

"Il n' y a rien qui soit, en soi-même, beau ou laid, digne d'amour ou de haine, d'estime ou de mépris ; ces différentes qualifications dépendent uniquement des sentiments et des affections de chaque homme en particulier".

"La beauté n'est qu'une chose relative qui consiste dans ce sentiment agréable que les objets produisent, et qui existe dans chaque âme d'une manière conforme à sa constitution".

 

Thèse relativiste, s'il est patent qu'à chacun s'applique le principe de convenance : est beau ce qui me convient. Mais aussi unversaliste si l'on veut bien remarquer la fin de la seconde phrase :  "qui existe dans chaque âme d'une manière conforme à sa constitution" - donc l'expérience du beau est à la fois singulière et universelle. Universelle non par le contenu, si à chacun convient une sorte particulière d'objets, mais par le caractère universel de l'expérience. C'est dire aussi que l'expérience du beau n'est pas réservée à l'élite si "chaque âme"" peut la vivre.

 

 

En résumé Hume dégage trois caractères fondamentaux:

   le beau est affaire de sensibilié,  non de raison : ce qui plaît

   le beau est une expérience singulière 

   le beau, bien que vécu singulièrement, est en droit une expérience universelle.

Lorsque Kant dit que le beau est "ce qui plaît universellement sans concept" il s'inspire manifestement de Hume.