Ultime lieu

  Où le corps défaille sur le seuil

  Effaçant souvenirs de joie ardente

  Quand le sexe et la vie confondus dans la flamme

  S'élançaient à l'assaut du ciel

  C'était belle parade, par Zeus !

 

  Maintenant je croupis sur la terre

  Seul mon esprit, rétif

  Galoppe encor par les steppes arides

  Sans pouvoir se poser nulle part

  Et nulle auberge ne le peut recevoir

  Et nulle source ne le désaltère;

 

  Lassé des faux prestiges

  De savoir, de faire le beau dans le monde,

  Il ne goûte plus que l'herbe sauvage

  En pauvres lieux,

  Quelques fleurs insolites et rares

  Qui délivrent le doux népenthès du sommeil

  Quand la course s'épuise.

 

  Alors

  Entre deux orages,

  Désenchanté, déshabité,

  Il avant-goûte sans frémir

  Le silence éternel où il s'engloutira.