Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Publicité
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Archives
Visiteurs
Depuis la création 1 095 008
6 septembre 2012

SAGESSE ?

 

 

 

 

 

Ce beau nom de sagesse, si décrié, si fade, si plat, insipide jusqu’à l’extinction, que diable faut-il en faire ? De nos jours, plus encore, il présente je ne sais quel aspect de nihilité, de vide mental, ou, plus grave encore, chez certains, je ne sais quelle molle complaisance, conformisme idéologique, adaptation inconditionnelle au pire, si bien qu’il y a lieu, vraiment, de le jeter aux orties. Il n’y a plus guère que les illusionnistes pour en tenter une improbable réhabilitation, au prix, faut-il le dire, d’un ultime aplatissement. L’usage m’en paraît définitivement impossible. Hélas, je ne vois aucun autre terme. Utiliser l’ancien, Sophia, serait une solution, s’il n’était trop sophistiqué. De plus, et pire, il correspond à une période de l’histoire, à une sensibilité qui nous devient chaque jour plus étrangère. Est-ce à dire que notre présente révolution anthropologique nous coupe à tout jamais de la compréhension des anciennes cultures et de leurs précieux enseignements ?

Ce n’est certes pas là le souci dominant de nos contemporains. Mais une saine évolution de l’humanité n’est pas possible sans une intégration du passé. Si la rupture est parfois nécessaire elle ne doit pas aboutir à une forme radicale de forclusion ou de clivage, dont on sait bien que le prix à payer est toujours très élevé. Il faudrait plutôt considérer les époques révolues comme des strates superposées où les anciennes conceptions cohabitent avec les actuelles, selon un schéma global de complexification. Il en va des peuples comme des individus, toutes proportions gardées, où les phases de la maturation s’emboîtent en s’élevant selon une gradation progressive. C’est là une vue de l’esprit, rarement un fait historique avéré. Pour autant elle représente un modèle souhaitable. La perte de la culture est fort dommageable, et de nos jours nous en voyons des effets inquiétants.

Qu’une sorte de folie collective se soit emparée de l’humanité et l’emporte dans un emballement universel, qui en doute ?

Pour ma part, j’ai toujours estimé nécessaire, salutaire même, de descendre autant que faire se peut dans les arcanes les plus profonds de la psyché, d’y explorer les fondements et de reconstruire l’édifice à partir de sédimentations saines. La législation normale de la raison dans le domaine de la réalité sociale et matérielle ne devrait pas se faire en excluant toute relation au fonds imaginatif et archaïque, source des rêves, des symboles, des  forces poétiques et créatives. La santé exige un dialogue permanent entre la raison et l’imagination, entre le souci du réel et les images fondamentales, dont les cultures anciennes nous donnent encore de vivantes représentations. C’est par une sorte de sympathie, ou d’empathie inconditionnelle que nous pouvons renouer le dialogue, si dans le  même temps nous avons retravaillé  notre propre histoire.

J’écoute, j’entends de mieux en mieux les voix intérieures, me confiant à une mémoire d’avant les âges, une mémoire plus physique, physiologique, nerveuse et organique, plus corporelle que psychique. Nietzsche parlait de la grande sagesse du corps qu’il opposait au bavardage de l’intellect. J’en suis là, modestement, avec mes moyens et mes limites propres. Car la chose est difficile, et suppose que l’on apprenne à se taire.

C’est en quoi, précisément, si j’honore fort la philosophie, et l’honorerai toujours, je m’en éloigne pas à pas, pour d’autres voyages, pour ce « continent noir », dont nous ne saurons sans doute jamais rien de très précis, mais dont nous soupçonnons la richesse et la fécondité. Que nous enseignent les sagesses anciennes? Une omni-présence de la nature - terme sans saveur ni contenu positif, qui n'évoque plus la vigueur, la vitalité, le jeu cruel et sublime des forces éternelles, et qu'il faudrait, lui aussi, remplacer par un autre, qui n'existe pas encore. Décidément, il devient difficile de penser dans notre langue telle qu'elle est. 

Publicité
Commentaires
Newsletter
152 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité
Publicité