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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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31 décembre 2015

SUBVERSION

 

Si toute conversion implique un regard vers les cimes - voyez comment Platon invite à quitter l'amour des corps, puis des âmes, pour ne contempler en fin de course que le Beau et le Bien éternels - la subversion, comme l'étymologie l'indique, est un mouvement vers le bas, vers la terre, vers le limon et la glèbe, vers les corps sensibles, les sens, la sensation en général comme critère du vrai et du réel : sensualisme. Subversion de la connaissance : non le ciel intelligible, mais les conditions empiriques d'un savoir positif. Subversion du désir : non l'extase ineffable de la contemplation de Dieu, non les chemins tortueux d'une épiphanie introuvable, mais accueil de ce se qui trouve à portée du corps, corps lui-même, corps de la terre, corps des biens sensibles, naturels et nécessaires. Subversion des passions : non l'amour engagé dans la recherche d'un Idéal qui fuit comme l'horizon, mais la volupté présente, actuelle, si facile à se procurer.

La subversion radicale, celle qui implique toutes les autres, est dans ce constat, revendiqué comme vérité : il n'y a rien à chercher, rien à trouver, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni dans les mers, nulle divinité, nulle vérité, nul critère du bien et du mal, nul fondement du juste et de l'injuste, nulle transcendance, nulle espérance. Cette idée peut vous clouer au sol, dans un mouvement de panique incontrôlable. C'est le "moment schizophrène" ou "le point zéro" dont j'ai parlé ailleurs. Mais si l'on y survit, quelle délivrance ! Plus de quête, plus d'ambition funeste, plus de querelle, plus d'opinion, plus de programme ! Un ciel libre et vide, la surface calme de la mer, la terre immense étalée comme la mer, l'instant souverain et autosuffisant, routes ouvertes à l'esprit aventureux qui, n'attendant rien, se réjouit de tout ce qu'il trouve. Il est faux de penser que sans le désir de transcendance la vie ne serait qu'ennui et morne répétition. C'est tout le contraire : il y a assez dans le monde, assez dans l'instant pour exciter un coeur d'homme vivant, assez de hasards malicieux pour danser !

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Commentaires
O
bien en accord avec Guy et avec les commentaires. Mais j'y ajouterai la richesse des projections ( sans fondement, par plaisir) dans le rêve, dans l'idéal, dans l'imaginaire, et des créations qu'elles génèrent. Mais il importe d'en voir simultanément les limites.
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C
Une fois que l'on accepte qu'il n'y a rien, on peut jouir des avatars de ce rien?<br /> <br /> Bref entre sérénité et surprise contrastée, le relief du monde peut se dessiner, voire même offrir la scène vivante de la vie en déclinaisons variables, protégé de la passion imaginaire.
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G
Oui, et avec tous les amis lecteurs, connus et inconnus, rendons-nous aptes à accueillir la nouveauté ! Merci à vous, chère Hyacinthe !
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H
Votre conclusion cher Guy est une belle invitation à franchir sans faux pas le seuil de cette nouvelle année.Merci pour ce partage régulier de réflexions et d'interrogations .<br /> <br /> Hyacinthe
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