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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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29 décembre 2007

Le moi et la peau

je propose ici deux textes que j'avais édité il y a plusieurs mois déjà sur ce blog, et dont l'intérêt me semble toujours actuel. Je le confie à la lecture attentive de certains amis et amies pour qui cette question de la peau corporelle et psychique semble sensible. Je serais très heureux de lire leurs réactions dans la suite éventuelle de ces deux textes, à charge pour moi d'y répondre s'il y lieu; GK

C'est Winnicott qui parle de l'illusion fondamentale, mais dans son texte le mot "illusion" n' a rien de péjoratif ou de pathologique. Tout au contraire. On pourrait peut-être dire "construction fondamentale d'une peau psychique suffisanmment solide pour maintenir, contenir, protéger - et échanger sans trop de blessures- le jeune moi en gestation, à la fois dans ses rapports avec autrui, que dans la gestion interne des pulsions et des affects. Didier Anzieu apportera un développement théorique et clinique remarquable dans son livre fondamental : le Moi-peau. Il est vital pour l'infans de bénéficier d'un maternage positif, comme Démocrite le dit bien, pour que puisse se constituer cette enveloppe protectrice(la peau comme pare-excitation). mais la peau est aussi une surface d'inscription : caresses, attouchements, soins corporels, stimulation tactile, olfactive, phonique, érotique : double registre de la peau comme surface d'enregistrement et comme enveloppe protectrice. : une interface entre moi et le monde. Dans ce contexte le terme d'illusion peut induire en erreur, mais encore une fois, l'illusion est pas l'erreur. Ce moi qui s'élébore est évidemmnt une réalité somatopsychique indéniable et fonctionnelle. - a contrario, les états psychotiques, tels la schizoprénie, montrent l'absence de peau efficace ce qui entraîne une dispersion, un morcellement catastrophique: rien en protège plus le moi du dehords et le délire apparaît dès lors comme une sorte de solution désespée, une "guérison" paradoxale, en tout cas une stase et une fixation dans une structure vivable, bien qu'inadaptée.

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