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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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3 octobre 2018

RELATIVITE GENERALE : PYRRHON

 

On peut considérer Pyrrhon comme l'initiateur d'une théorie de la relativité générale, laquelle vaudra moins pour elle-même - il s'agit toujours d'éviter la chute dans une position dogmatique - que pour dynamiter les thèses optimistes, qui prétendent que le savoir est possible. Il n'existe pas de position de survol par laquelle on embrasserait l'unité et la totalité des choses. L'homme qui se hisse prétentieusement au niveau divin, distribuant les qualités et les défauts du haut d'un trône imaginaire, ne fait que délirer à voix haute, se targuant d'un savoir farcesque et carnavalesque. Tout au contraire, immergés, englués dans la tourbe du monde, nous n'avons jamais qu'un seul point de vue à la fois, qui change lui-même au gré des occurrences, très limité, incertain et subjectif. D'où la batterie des tropes (modes) visant à détailler les modalités générales de la relativité.

A dire vrai la relativité est ce qui caractérise l'apparence, le "phainomenon", ce qui apparaît. Ce qui apparaît apparaît à un sujet, lui-même caractérisé par un ensemble de conditions, âge, sexe, tempérament, position sociale, position dans l'espace, point de vue subjectif, intérêt, passion etc. Les pyrrhoniens auront déjà, bien avant les modernes, développé une critique de la subjectivité, non certes dans son intériorité, mais comme regard orienté, comme source et vecteur de la perception. Puis viennent les considérations sur l'objet, qui n'est pas un être, mais un processus lié à d'autres processus, comme l'arbre l'est à la terre et à la lumière, situé dans un temps et un lieu, à une certaine distance, s'offrant à la vue sous un certain rapport, qui peut changer, qui n'a rien d'absolu. Le sujet est une somme insommable de rapports, l'objet de même, et le rapport entre le sujet et l'objet de même. Relativité générale.

On voit clairement l'intention : suspendre le jugement, si par jugement on entend l'affirmation ou la négation portant sur l'être. C'est le point cardinal : l'être est la manie obsessionnelle des dogmatiques, fanatiques de la fixation, de la définition. "D'où tirons-nous ce titre d'être, nous qui ne sommes qu'un éclair dans le cours infini d'une nuit éternelle ?"

Pas plus ceci que cela.

Ce que découvre et expose le pyrrhonien c'est la diversité, l'irrégularité, l'embrouillamini, ou le hasardeux, ou, comme dit Héraclite, "ce tas d'ordures jeté au hasard" - qui est aussi la plus belle harmonie. On cherchera en vain, dans ce monde, dans cette vie, un principe régulateur qui organise les ensembles, détermine des rythmes prévisibles, et encore moins un principe de finalité. Les "choses" vont leur cours, apparaissent et disparaissent,  se renouvellent et recommencent, sans que jamais on ne puisse y lire une orientation, une destination :  "branloire pérenne".

Que cette vision n'ait rien de sinistre, qu'au contraire elle invite à la danse, c'est le fruit d'une pensée qui ne s'attache pas, qui va au gré. "Vivre selon" - voilà qui pourrait faire une belle devise pyrrhonienne.

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Commentaires
C
Mais .... de percevoir du hasard et de l'irrégularité signifie-t-il que le cosmos est conçu de hasards et d'irrégularités ? Est-ce une déduction ou une interprétation ? De dire qu'il n'y a pas d'orientation, n'est-ce pas adopter soi-même une position péremptoire et de jugement ?<br /> <br /> <br /> <br /> J'aime me rappeler du "jeu de la vie", inventé par le mathématicien John Conway dans les années 1970. Ce jeu (bien qu'il n'y a de jeu que le titre) peut nous faire réfléchir sur cette question du hasard. Il s'agit d'un algorithme de vie de population de cellules (virtuelles). Les cellules meurent, se créent, se rassemblent, se divisent, … de façon "désordonnées", "hasardeuses". Bref le programme semble aléatoire et doué de vie ! Et pourtant, il tient en seulement trois règles. Il est tout l'opposé de l'aléatoire. C'est seulement notre perception humaine limitée qui nous empêche de comprendre la logique qui est derrière.<br /> <br /> <br /> <br /> Alors si notre monde tenait dans un algorithme très complexe, n'aurions nous pas une impression de hasard, de désordre ... d'embrouillamini ?<br /> <br /> <br /> <br /> PS : attention, il semble que des panthéistes soient abonnés à votre blog (hihihi)
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X
Vous dites : "Ce que découvre et expose le pyrrhonien c'est la diversité... les "choses" vont leur cours, apparaissent et disparaissent, se renouvellent et recommencent, sans que jamais on ne puisse y lire une orientation, une destination : "branloire pérenne".<br /> <br /> <br /> <br /> En effet, si on veut lire une orientation générale des choses de l'univers on en trouvera pas même si il existe des destinations pour des choses plus spécifiques de la vie courante. <br /> <br /> Donc c'est le "mental" qui cherche et veut lire une orientation qui, nous pouvons le constater assez facilement, n'existe pas. Le mental, dont la nature mécanique, est de poser des questions et de donner des réponses se dit qu'il doit bien exister une orientation, un sens aux choses mais qu'il ne découvre pas parce qu'il n'y a tout simplement pas de sens ou dit autrement : parce que le sens des choses ce sont les choses elles-mêmes, parce que le sens de la vie, c'est la vie elle- même.
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R
Vous êtes mûr pour la voie du tao !
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A
Très juste, l'être humain est d'abord et avant tout un phénomène et tout phénomène est sans essence, vacuité, impermanent, soumis au devenir.
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