Le SPHINX : poème
LE SPHINX : sonnet à la mémoire de Stéphane M
Enigmatique et doublement vierge le Sphinx
Perdu dans la vapeur d'une éternelle aurore
Fixe d'un oeil éteint que la lumière dore
Cléopâtre dormant sur une peau de lynx
Jadis tout étourdi de flûte et de syrinx
Il somnola longtemps dans le creux d'une amphore
Au réveil, près du dieu que le vain peuple adore
Il rythma la syncope aux failles du larinx
Poète que le chant soit ton premier amour
Qu'il t'emmène au pays de l'éternel retour
Sans redouter jamais rumeur et catastrophe
Et tel le Sphinx aveugle au savoir insondable
Qu'aux marges du désert, des sables innombrables
Il entonne pour toi la gloire de la strophe !