Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Publicité
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Archives
Visiteurs
Depuis la création 1 095 047
25 février 2016

De la PERCEPTION ENDOPSYCHIQUE (2)

 

 

"Le bhikku (le moine) demeure en observant le corps physique selon le fonctionnement du corps physique. Cette introspection est présente à lui, uniquement pour la connaissance, uniquement pour la réflexion, et il demeure dans le monde, attentif, discipliné, sans convoitise, sans aversion". La même formule est reprise pour les sensations : observer les sensations selon le fonctionnement des sensations, puis pour la pensée et les objets mentaux. Il s'agit donc bien de développer la perception endopsychique, à partir du plus grossier, le corps propre, vers des processus plus subtils, les sensations (qui révèlent et font éprouver le caractère changeant, éphémère, transitoire des processus internes et externes), la pensée (elle aussi infiniment mobile, capricieuse et virevoltante), et enfin les objets mentaux (représentations, images, fantasmes, rêveries, constructions psychiques, idées) - en précisant à chaque fois : selon le fonctionnement spécifique de la catégorie envisagée, le corps selon le corps, les sensations selon les sensations etc. Cette idée de fonctionnement me semble très importante : nos idées, nos concepts réifient, fixent et généralisent en posant des entités trompeuses, il faut donc revenir à la perception du changement, par lequel on peut parvenir à l'intuition inébranlable de l'impermanence de tous les processus, en nous et hors de nous. Les sensations viennent et passent, d'autres surgissent, et passent, cela ne s'arrête pas, du moins dans le fonctionnement ordinaire de la conscience. Il en va de même pour les images mentales, et même les idées. Ainsi le pratiquant peut découvrir par lui même l'impermanence universelle au lieu de la recevoir comme une idée étrangère, à la quelle on adhérerait par conformisme ou par servilité. Pour reprendre le texte : "demeurer en faisant de lui même son propre refuge, mais de personne d'autre".

On ne peut accéder à une vérité que par l'expérimentation directe et personnelle. Toute idée reçue n'est qu'une opinion controuvée.

Second point : la pratique vise la connaissance. Il ne s'agit pas de se complaire dans quelque royaume illusoire, ou dans l'hédonisme. Encore moins de fuir la réalité du monde. C'est bien par la connaissance que se profile une voie : pourquoi s'attacher au corps, aux sensations, à la pensée, aux objets mentaux, si nous découvrons qu'ils ne possèdent en eux rien de stable, de solide, de permanent ni de satisfaisant ? Que valent nos idées, nos représentations, nos idéaux et nos fixations, une fois découvertes leur inanité, leur fondamentale vacuité ? Il s'agit bien de parvenir à un non-attachement, à une vision libérée, au delà des théories, des idéologies et des crispations mentales. Remarquons qu'en Grèce, Pyrrhon, sans doute influencé par des sages orientaux lors de son voyage en Asie, tiendra des propos similaires : suspendre le jugement, se libérer des fixations d'opinion, s'ouvrir infiniment à la diversité et à l'imprévisibilité des choses.

Publicité
Commentaires
O
Il me semble que « le moine » est très jeune, dans le contexte indien, les disciples sont jeunes. En proie à toutes sortes de passions et d’addictions diverses. La leçon consiste à pratiquer le détachement, et l’argument principal en est l’ »impermanence » du vécu. Une bonne motivation est la crainte de la mort, quotidienne dans le contexte du temps où se développe le bouddhisme. Et de l’aspiration à « ne pas mourir, autrement dit à l’éternité. L’éternité, on peut l’atteindre en réalisant l’extinction de toutes attaches, qui fait surgir en soi la vacuité, laquelle amène l’apaisement et la parfaite disponibilité de l’être, sans crainte et sans but. vacuité, liberté, disponibilité au surgissement de l’ici et maintenant. Sentiment d’être, qui n’est ni plénitude, ni vide. Disponibilité pour l’Aman, sorte d’absolu universel et éternel. Toutes ces notions sont utiles pour guérir l’âme souffrante.<br /> <br /> En revanche, celui qui accepte sans angoisse la (parfois souffrante, parfois joyeuse) condition humaine, qui prend ce qui est plaisir raisonnable, et supporte ce qui est souffrance supportable, qui vit ses meilleures années en sachant qu’elles ne dureront pas, autrement dit se situe entre stoïcisme et épicurisme, n’est-il pas le plus sage.<br /> <br /> Le bouddhisme est une thérapie; encore faut-il être malade. La maladie de certains pratiquants est le perfectionnisme. Une névrose comme une autre.
Répondre
N
Les sensations viennent et passent mais d'ou viennent ces sensations et a qui s'adressent - elles ? a a un témoin bien sur a l'arrière plan qui est capable de prendre conscience des sensations et de leur passage mais qui lui ne change pas. <br /> <br /> Au cinéma les films changent sur un écran qui lui ne change pas, l'écran existe bien mais sa nature est subtile, il est sans visage, blanc, discret, presque invisible...<br /> <br /> <br /> <br /> Prendre refuge en soi même c'est revenir a l'ici et le maintenant, au présent, la seule réalité.
Répondre
Newsletter
152 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité
Publicité