Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Publicité
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Archives
Visiteurs
Depuis la création 1 095 293
16 novembre 2015

Le PHILOSOPHE face à l'ACTUALITE

 

Il est difficile de conserver la sérénité face à certains événements tragiques : ce monde nous en donne tous les jours, de plus en plus insupportables. Il m'est parfois quasi impossible de ne pas réagir, de ne pas crier mon écoeurement, de ne pas hurler mon dégoût à la face de l'univers. Mais à quoi bon ? Je n'ai nulle qualité particulière, nulle compétence qui justifierait une prise de position publique. Je vois que dans les médias on invite fort souvent quelques "philosophes", toujours les mêmes, supposés apporter quelque lumière supplémentaire, mais à les écouter, ce que je fais d'aventure, je n'entends rien qui justifie cet honneur : en quoi, je vous prie, l'étude des textes, la lecture de Platon, de Machiavel ou de Kant apporteraient-elles de quoi comprendre les faits présents, qui échappent à toute logique traditionnelle, qui renversent toutes les catégories de la pensée politique classique ? Ces messieurs n'en savent pas plus que le commun des mortels, ne disposent d'aucune information qui ne soit déjà étalée en public, d'aucun accès aux secrets d'Etat. On s'imagine que le "philosophe" serait une sorte d'homme universel qui aurait à dire sur tout, qui jouirait d'une compétence illimitée, dans les affaires privées comme dans les affaires publiques, qu'il saurait comment éduquer les enfants, gérer la crise de la puberté, conseiller les couples en difficulté, inspirer le prince, jouer au ministre, faire le député ou l'ambassadeur, et quoi encore ? Il serait à la fois psychiatre, criminologue, conseiller conjugal, sociologue et économiste, parlementaire et secrétaire, journaliste, éditorialiste, cinéaste et chanteur de rock. C'est ridicule. Cela me rappelle les beaux temps de la sophistique, lorsque des errants plus ou moins inspirés donnaient des leçons de rhétorique aux jeunes Athéniens férus de gloire et de montre, mais certains sophistes, les plus grands d'entre eux, avaient au moins le souci éducatif et savaient ce qu'ils faisaient - ce qui ne semble pas être le cas de nos apprentis sorciers contemporains.

Je ne saurais, un instant, me mêler à cette foire d'empoigne, et, devant le spectacle consternant de ces affairés du bocal, je ne puis que faire marche arrière et revenir à mon jardin, que je n'aurais pas dû quitter :

        "Auprès de mon arbre je vivais heureux

        J'aurais jamais dû m'éloigner de mon arbre

        Auprès de mon arbre je vivais heureux

        J'aurais jamais dû le quitter des yeux".

J'estime quant à moi que ni le philosophe, ni le poète, ne sont des "intellectuels" à la mode sartrienne, dont il faille attendre des enseignements décisifs sur le cours des choses, encore moins sur les solutions qui conviennent. Ce qui ne veut pas dire qu'il doive se tenir dans un intemporel désincarné. A titre privé, comme tout un chacun, il sera aux prises avec la réalité telle qu'elle est, et pourra y prendre sa part. Comme citoyen lambda j'ai mes opinions, dont je peux changer, j'ai mes préférences politiques et culturelles, je vais voter quand j'estime qu'il faut le faire, je ne refuse pas la discussion quand elle est sincère et qu'elle a le souci du vrai, mais je ne vais pas combattre et militer dans mes écrits, du moins au niveau des choix immédiats, comme les élections par exemple. Par contre je considère que c'est une question hautement philosophique de savoir dans quelle direction s'engage le monde, où va la technique, quelles mutations se profilent qui déterminent l'image à venir de l'homme et de l'humanité. Au delà des querelles du jour il y a un cours des choses, moins apparent, pour lequel il faut une conscience philosophique, formée à l'étude des grands mouvements de l'histoire, des grandes pensées qui ont façonné les esprits, capable de soupeser les évolutions - non de prévoir, car nul ne peut prévoir - mais de répérer et de décrire les lignes de force à l'oeuvre dans le concert des hostilités et des alliances.

Aujourd'hui - par aujourd'hui j'entends la période présente - je vois deux problèmes majeurs : le premier, et le plus grave, c'est la nuisance technologique dont on commence à percevoir les effets. Nos choix à court terme détermineront la situation à plus long terme. Or il y a urgence. Cette question implique tous les gouvernements et tous les habitants de la planète. Le second c'est le choix de société : notre démocratie est très imparfaite, plus formelle que réelle, il faut manifestement l'amender, et vite. Un totalitarisme d'un nouveau genre, à vocation universaliste, et qui s'étend, représente la menace la plus grave que nous ayons connue depuis 70 ans. La conjonction de ces deux dangers, qui est possible, peut avoir des répercussions dramatiques. Si nous ne nous réformons pas au plus vite nous risquons la catastrophe. Mais de cela tout un chacun peut avoir la pleine conscience, s'il consent à observer et à réfléchir. Le philosophe, ici, ne peut faire autre chose que d'énoncer intelligemment des évidences.

Publicité
Commentaires
A
Je crains, pour ma part, que le problème des dits philosophes n'est pas la philosophie (je n'ose parler d'acte de philosopher) mais le mésusage qu'ils en font. La philosophie est moins un savoir à exposer verbeusement pour expliquer tous azimuts qu'une attitude du vivre et du penser pour s'interroger et interroger. Nous devons soulever des problèmes, non les résoudre car les solutions résident, au final, dans l'action. Et je connais peu de philosophes qui soient des hommes d'action. Nulle hiérarchie, à chacun sa manière de vivre et d'être.
Répondre
J
Salut Guy,<br /> <br /> <br /> <br /> J'ai lu avec attention ta réaction et y souscrit !<br /> <br /> <br /> <br /> Lorsque l'on lance un boomerang, il ne faut pas exclure de le voir revenir en pleine face !<br /> <br /> Nos politiques ou plutôt nos politiciens au pouvoir, toutes tendances confondues, n'ont pas cessé d'exploiter les richesses des pays pauvres et, au mieux, rester indifférents à la misère des peuples, au pire, accorder notre soutien à des tyranneaux au gré de nos intérêts !<br /> <br /> <br /> <br /> C'est la misére et l'indigence intellectuelle qui nourrit le terrorisme.<br /> <br /> <br /> <br /> Pour ce qui est de l'éducation , nous ne sommes pas exempt de reproche dans notre pays dit des droits de l'homme ou le fameux panem et circenses est toujours d'actualité ! <br /> <br /> <br /> <br /> Profiterons-nous de ces jours tragiques pour sortir de cette fausse démocratie ... J'en doute ! <br /> <br /> <br /> <br /> Bien amicalement à vous trois<br /> <br /> <br /> <br /> Jean-Pierre LATAPIE
Répondre
N
A mon avis le fond du probleme est mental ou psychologique. L'homme est controlé par ses emotions, ses desirs, ses pensees. C'est un esclave qui s'ignore et aucune sortie de crise ne peut veritablement avoir lieu sans commencer par reprendre le controle des forces qui pour l'instant nous dominent.<br /> <br /> <br /> <br /> L'homme doit donc se revolutionner mais il n'en est pas capable ne nous faisons pas d'illusions la dessus, les choses ont toujours eté comme elles sont , tout est fait pour que cela dure et pour une bonne raison a mon avis qui depasse encore notre comprehension dans les details mais que je resumerais de la maniere suivante : etre rime forcement avec non etre, c'est a partir de l'etre que la dualité est née. on ne peut donc se soustraire a notre dualité naturelle sauf dans le sommeil profond ou peut etre la mort. <br /> <br /> Nous vivons donc dans le monde de la dualité par nature je dirais, notre seule gloire est alors de pouvoir arriver a surfer sur les vagues, il ne viendrait pas a l'idée d'un bon capitaine de croire que la mer peut rester calme, le temps alterne en permanence...
Répondre
J
Les "philosophes des médias" en prennent un coup, c'est absolument normal. Laissant la fonction première d'aider à nous connaître nous-mêmes, ils deviennent des "va-t'en-guerre" avec une aisance déconcertante.<br /> <br /> <br /> <br /> Je donne des noms, sachant que je ne risque pas grand chose en fonctionnant sur le principe d'un amour démesuré pour la Sagesse ! Comme général d'armée, Bernard-Henry Lévy, et ensuite André Comte-Sponville oubliant ses vertus, Michel Onfray qui ferait mieux de rester dans sa Normandie natale et Raphaël Enthoven qui devrait penser à s'occuper du fils qu'il a eu, avec l'épouse d'un Président de la République ou, de vérifier s'il n'a pas oublier un marque-ta-page pour son émission du dimanche, au cas où nous nous priverions de notre grasse matinée pour lui faire plaisir.<br /> <br /> <br /> <br /> Ayant passé en revue notre troupe de mauvais soldats, parlons de l'horreur que des terroristes nous ont fait subir une fois de plus. Vous vous souvenez de mes critiques du comportement plutôt mollasson de ce qui s'était passé en janvier. Les "Je suis Charlie" ont bien été jetés à la poubelle comme je l'avais pressenti et tout avait été rejeté dans le "Plus jamais ça"...<br /> <br /> <br /> <br /> Résultat, le djihadisme s'est reposé quelque temps, le temps que les kalachnikovs refroidissent, qu'ils refassent le plein de munitions et cherchant des moyens et des cibles plus fantaisistes ! Les conséquences, nous les avons vues et revues en boucle sur les chaînes de télévision...<br /> <br /> <br /> <br /> Notre Président ne voulant pas perdre la face en phase finale d'une campagne électorale, a trouvé rien de mieux que d'envoyer nos avions les plus sophistiqués qui commençaient à rouiller au fond de leur garage, afin qu'il bombardent la Syrie. Tout ça, sans se préoccuper si ces avions feraient plus de morts qu'au Bataclan !<br /> <br /> <br /> <br /> Du côté américain, Barack Obama ne s'est pas trop mouillé dans tout cela, en disant que ce n'était pas une guerre contre Paris ou contre la France, mais une guerre contre l'humanité toute entière. Pour des belles paroles, ce sont de belles paroles ! C'est-à-dire celles d'une autruche avant de se replonger la tête sous sa Maison Blanche.<br /> <br /> <br /> <br /> Un nouveau logo a fait son apparition, l'emblème du PSG en noir et blanc ! Mais le succès n'a pas fonctionné... Complètement ridicule et un sujet de plus pour faire rire le monde du terrorisme tout entier ! Comme en janvier, les marchands de bougies, les fleuristes et autres libraires ont fait fortune une fois de plus. Que l'inutile devient dérisoire, lorsqu'il agit une seconde fois...<br /> <br /> <br /> <br /> Les Français se sont rappelés que Paris est, à leur avis, la France toute entière. Alors, comme pour un match de foot ou de rugby, servons-nous des couleurs tricolores du pays. De ridicule en ridicule, la rigolade monte dans les pays du Moyen-Orient, là où l'on brûlent symboliquement ce drapeau pour nous faire comprendre que nous sommes détestés.<br /> <br /> <br /> <br /> Moi aussi je vais reprendre une part de Brassens : "Mourir pour des idées, l'idée est excellente, mais de mort lente. D'accord, mais de mort lente"...<br /> <br /> <br /> <br /> Honte d'être Français ? Non, mais réapprendre à le redevenir, afin d'avoir plus de respect et de dignité envers les victimes du 13 novembre et mieux partager la douleur des parents qui ont perdu l'un de leur enfant...
Répondre
F
Bonjour<br /> <br /> Je pense aussi à Brassens en vous lisant.<br /> <br /> "Gloire à qui n'ayant pas d'idéal sacro saint se borne à ne pas trop emmerder son voisin".<br /> <br /> Florent
Répondre
Newsletter
151 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité
Publicité