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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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21 novembre 2013

De la CIBLE INTERIEURE (4)

 

 

 

 

En termes métapsychologiques voici la formulation à laquelle aboutit ma recherche : la personnalité psychique s'analysera selon une triple détermination, du plus extérieur vers le plus intime.

Le moi est la façade, la personnalité apparente, la somme des identifications conscientes et inconscientes, formant une sorte de réseau d'images intérorisées, fortement investies. Le moi présente spontanément une résistance au changement, avec des variations considérables selon les individus, mais au total, sauf pathologie grave, il évolue et s'adapte plus ou moins à la réalité sociale.

Le sujet (je), dont j'ai abondamment traité, serait l'expression de la singularité, porteur du désir, qui pour se constituer doit s'inscrire vaille que vaille dans les défilés du langage, avec des ratés, des suspens, des résistances et des accommodements, comme en témoignent les aléas de la vie psychique, entre satisfaction et déception, avec en sus le pointillé irreprésentable de la jouissance.

Et tout au fond, le çà, l'informel de la vie pulsionnelle, par quoi le sujet est raccordé à la vie universelle. Dans cette conception le çà n'est plus vraiment individuel, encore que ses manifestations soient vécues comme telles par le sujet. Mais lorsqu'on dit, avec désespoir, "c'est plus fort que moi" on reconnaît implicitement l'existence d'un champ de forces internes, pré-individuelles, dont on n'a ni la connaissance ni la maîtrise. C'est avec ces forces qu'il faut compter dans toute entreprise d'éducation ou de thérapie.

Pour ma part je considère que par la prise de conscience, toujours partielle et imparfaite, de ce champ interne d'instincts et de pulsions, on se met en quelque sorte en relation avec la puissance cosmique infra et supra personnelle.

C'est dans cet esprit que Groddeck disait que "nous sommes vécus par le çà", ajoutant que la médecine ne peut pas guérir, seulement soigner, et que si la guérison survient c'est l'oeuvre de la nature elle-même : medicus curat, natura sanat. Ce qui rappelle opportunément le médecin trop ambitieux à la modestie de n'être qu'un agent au service de la nature.

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