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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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22 février 2024

MOZART !

 

 

"Socrate, fais de la musique!"

Moi aussi, cette nuit, j'ai entendu la parole du dieu de Delphes. Et dans l'ivresse je balançais les bras en tous sens pour marquer la mesure, dirigeant un orchestre imaginaire, comme je faisais gamin en écoutant la musique symphonique. C'était évidemment du Mozart, un concerto pour piano, et je chantais tout en faisant virevolter ma bagette de chef, tapant du pied et m'escrimant comme un diable. Ah Mozart, que je t'aime! Et c'est pitié que depuis de longues années je ne puisse plus me régaler de ta divine musique! Une incommodité inexplicable m'a détourné de l'univers sonore, appauvrissant d'autant ma misérable existence. Que sommes-nous, pauvres de nous, sans la consolation, la tendre ivresse de la musique? "Sans la musique le monde serait une erreur" a dit fort justement Nietzsche.

Je tiens depuis longtemps "La Flûte enchantée" pour le chef d'oeuvre absolu, de l'opéra bien sûr, et de toute la musique européenne. Je ne suis pas un jour sans entendre en mon oreille mentale quelques phrases de cette admirable composition, y reconnaissant l'éternelle lutte des contraires, de la violence et de l'amour, de la haine et de la compassion, du masculin et du féminin, du terrestre et du céleste, conflits sans mesure ni terme si la musique ne venait tout doucement offrir une inestimable et sublime réconciliation : Tamino et Pamina, Pappageno et Pappagena, la Déesse de la Nuit et Zarastro, les éléments divins, la terre, l'eau, le feu et l'air, toujours en lutte, toujours actifs et combatifs selon le jeu de Polemos, et qui s'accordent miraculeusement dans le finale grandiose célèbrant la Lumière.

Il faut rendre justice à Mozart, y reconnaître la puissante contemplation des forces, obscures et lumineuses, des oppositions irréductibles, avec un génie inégalé du dépassement, lorsque les deux lignes  de forces se rencontrent, s'entrecroisent, se mêlent et se démêlent, faisant jaillir des fontaines, des arc- en-ciel, d'inépuisables constellations de délices!

Là où la logique rend les armes, incapable de concevoir le dépassement des contradictions, là où la philosophie s'épuise en synthèses controuvées, la musique ouvre sans effort les murailles, creuse un val où court une rivière sous le soleil, offrant d'un seul mouvement l'espace infini. Imagination active, plus puissante peut-être que la poésie elle-même, se passant de mots, et délivrant sans effort les sources et les ressources inépuisables de l'âme.

 

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Commentaires
G
Eh pour moi le Mozart lyrique est le plus pur et le plus beau. Les airs féminins en particulier vous déchirent la fibre !
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J
J'ai souri en lisant : "Mozart, que je t'aime! " parce que c'est exactement ce que je me suis dit. Et j'ai mis cela sur le compte de mon affectivité infantile. <br /> <br /> j'ai beaucoup de mal à trouver des interprétations de concertos ou de sonates qui me satisfassent vraiment ; Mozart est caressant, tendre, doux, dansant, chantant, gai, vif, net, pétillant, papillonnant, profond, sentimental, joueur, léger, imprévisible, intime, populaire etc je n'en finirais pas. <br /> <br /> Il faut pouvoir être tout cela successivement et parfois en même temps. Il manque toujours quelque chose, et souvent beaucoup de choses. Aux grands interprètes de Mozart – Perhaia, Ushida, Pires etc – il manque quelque chose. Ca commence à sentir le renfermé. (exemple : la sonate 10 par Zimerman) <br /> <br /> <br /> <br /> Mozart aussi était un grand enfant et au lieu de faire jouer toujours les mêmes morceaux de piano aux jeunes interprètes de talent – et on devine que c'est parce que ces morceaux comportent des difficultés qu'il faut savoir surmonter – on devrait plutôt leur faire jouer toutes les sonates et tous les concertos de Mozart. Eux pourraient nous ravir. La technique, le savoir, c'est une chose, l'esprit une autre. Si l'esprit, le cœur, l'émotion, l'âme ne sont pas là, c'est raté. (Rien qu'à entendre comment la petite Dovgan ( 9 ans) interprète le célèbre 2eme mouvement du concerto 23 – si on compare cela aux efforts faits par Trifonov - que j'apprécie - pour arriver à la même sensibilité - on se dit qu'elle est faite pour cela. <br /> <br /> Problème. J'entends bien mais je ne supporte pas l'art lyrique, les opéras. Et je regrette terriblement qu'Amadeus ait consacré tant de temps, d'énergie, de génie à cela ; Alimentaire pour une part je pense. Les Cours voulaient cela.
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P
Concerts<br /> <br /> <br /> <br /> Quand les envolées de bras du chef d'orchestre<br /> <br /> Modulent la musique, tout son pouvoir d'être,<br /> <br /> Traduit en gestes les notes des instruments<br /> <br /> Des violons, au piano, aux cordes, et, ceux à vent.<br /> <br /> <br /> <br /> Je l'ai doucement vu entrer en trance<br /> <br /> Comme pour donner l'ultime délivrance<br /> <br /> Aux symphonies sublimes souvent inachevées,<br /> <br /> Après des ouvertures grandiosement extériorisées.<br /> <br /> <br /> <br /> Quand au comble des enchevêtrements des sons<br /> <br /> Par des ondes invisibles flotte un concert,<br /> <br /> Vapeurs sonores soulignées par soliste en renom<br /> <br /> je suis l'oiseau dans l'espace de ces éthers.<br /> <br /> <br /> <br /> annie perini
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M
La musique des mots rejoint la musique du coeur, et quoiqu'il arrive vous la porterez toujours en vous! la baguette de chef ou le stylo du poète feront le bonheur des lectrices qui comme moi, aime chanter ou écrire;merci mireille
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K
La Flûte enchantée est un opéra maçonnique, Moozart l'à écrit pour ses "Frères" est-ce vraiment un cheminement de Lunière philosophique indépendant ?
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