LE REVE du PAPILLON : Tchouang Tseu
"Jadis, moi, Tchouang-Tchéou, je rêvais que j'étais un papillon qui voltigeait, et je me sentais heureux ; je ne savais pas que j'étais Tchéou. Soudain je m'éveillai et je fus moi-même le vrai Tchéou. Et je ne sus si j'étais Tchéou rêvant qu'il était un papillon ou un papillon rêvant qu'il était Tchéou" (Tchouang Tseu, 2).
Suis-je un homme ou un papillon, si je change constamment d'état, privé d'assise, d'assiette stable et constante. Où trouvera-t-on quelque critère nécessaire et indubitable? Il n'y en a point. Mais il reste que, humain ou papillon, je ne laisse pas de paraître quelque chose ou quelqu'un dans le vaste univers. C'est d'ailleurs la conclusion de Tchouang Tchéou lui-même : je ne suis ni l'un ni l'autre, ni les deux, ni aucun des deux, mais un passage dans l'éternelle transformation.