DU BESOIN de CROIRE
"L'homme est un animal métaphysique" disait Schopenhauer. Plus tard Freud dira que le besoin de sens est la racine du religieux, et son expression uiverselle. Les deux avis se rejoignent. Mais pour aller plus loin il faut faire une importante distinction que nous devons à Hobbes : le contenu de la croyance et le référent de la croyance. En général nous nous attachons assez stupidement au contenus : catholiques contre protestants, communistes contre capitalistes, papistes, non papistes, gnostiques, evangélistes, new age, et que sais-je encore. Et les gens s'étripent pour des détails, des points virgules, des alinéas approximatifs. C'est que la croyance exige une vérité inconditionelle et se pose comme telle. A la limite le croyant parfait c'est la paranoïaque qui dénie à quiconque le droit de douter de son délire et qui le fait violemment savoir. La vérité ne se divise pas, ne se conteste pas, ne s'infléchit pas, ne varie pas : elle est, une et indivisible comme la république. Souvenons-nous de l'attitude des juifs hollandais à l'égard de Spinoza : excommunication définitive, et à sa mort cette terrible parole :" Voici le cadavre de Spinoza. Crachez sur sa tombe" . Les fatwas ne datent pas d'aujourd'hui: demandez aux Cathares ce qu'ils en penseraient s'ils n'avaient été tous exterminés par le fer et le feu sous l'auguste bénédiction papale.. Mais il suffit. L'histoire de l'humanité est vraiment celle d'un asile d'aliénés.