Epicure et la ^philanthropie.
Diogène d'Oenanda, disciple d'Epicure :
Fragment112 :"Le plus important pour le bonheur c'est la disposition dont nous sommes maîtres. Le service militaire est pénible et nous y sommes sous le commandement des autres. Exercer l'art oratoire, à force de vouloir convaincre, est chargé d'émoi et de troubles. Pourquoi poursuivons nous de telles choses dans lesquelles d'autres ont le pouvoir? "
Quelques remarques ; on retrouve ici la liste classique des désirs non naturels et non nécessaires, et une liste des passions de l'âme : pénibilité, dépendance statutaire, ambition oratoire, impuissance de fait. De plus l'accent y est mis sur l'incapacité de changer grand chose dans l'ordre établi : pessimisme politique voire social. Inutile de s'épuiser dans de vastes ambitions : Epicure est l'Anti Alexandre par excellence. Se tenir entre soi (amis) fonder une communauté de sages, se désintéresser de la vie politique tant qu'elle laisse l'activité philosophique librement se déployer ; c'est la "politique "du Jardin. Ce qui est intéressant dans ce texte c'est que Diogène s'adresse à tous les citoyens de la foule, sans distinction d'âge, de sexe, de condition, de statut, de nationalité : la sagesse peut être pratiquée par plus de monde qu'on ne pense d'habitude, mais les fous restent des fous, c'est entendu. C'est pourquoi il y aura toujours assez de fous pour aller guerroyer ailleurs ou solliciter le vote ou l'admiration des citoyens. Assez bel exemple de pessimisme préfreudien !