LIVRE QUATRE (OPERA suite)
LES FLEURS DU SUJET
LE NARRATEUR
Les fleurs du sujet
Dans l'univers qui s'effeuille
Pleurent au matin
S'épanouissent au soleil
Tombent au soir qui flamboie
GUY
1)Sans aucun point fixe
Suis-je un errant du Tao
Ivre en poésie
Un schizophrène en cavale
Amant de la liberté,
Rien ne me retient
Je ne suis plus de ce monde
Mon esprit s'envole
Mon corps s'abandonne au vent
Je chevauche les nuées.
Partir, je ne sais
Vers quel pays inconnu
Mais aucun pays
Ne saurait me retenir
Je ne suis de nulle part
Et je ne vais nulle part.
2)Cigognes d'Alsace
Ou des côtes ioniennes
Vous êtes mes soeurs
D'enfance et de solitude
Fil oblique de l'errance.
Par delà les mers
Sur les ellipses du vent
Vous laissez glisser
Comme voiles déployées
Vos ailes larges et blanches.
Aux enfants bien sages
Vous apportez des cadeaux
Des livres d'images
Puis vous repartez encore
Pour de lumineux rivages.
Ah ces longs voyages
Dans les merveilleux lointains!
Pourrai-je avec vous
Voler dans le ciel infini
Et ne jamais revenir!
3) Dans la grande angoisse
Qui renverse les trois temps
Je fixe l'instant
Barque fragile et mobile
Sur l'océan tourmenté.
4)Le soleil se couche
Dans l'écrin vert de la mer
Nuages de sang.
Ah que la souffrance passe!
Ciel et mer, un seul miroir!
5)Dans les deux extrèmes
De la douleur, de la joie
Soudain le coeur s'ouvre
Le poème se déploie
Fleur et papillon d'éveil!