LE CHANT d HYPERION : un poème de Hölderlin
Voici ma traduction du "Chant d'Hypérion" de Hölderlin. Ce texte figurait dans l'édition du roman "Hypérion", dont il exprime la tonalité lyrique et nostalgique. Notons que Brahms a composé un lied orchestral sur les paroles de ce poème, et votre serviteur, dans une existence antérieure, a eu l'honneur et le plaisir de chanter ces vers dans le chapitre des barytons. (en allemand, évidemment !)
Vous marchez là-haut dans la lumière
Sur un tendre gazon, heureux Génies !
De brillants souffles divins
Vous touchent, légers,
Comme les doigts de la harpiste,
Les cordes saintes.
Sans destin, comme le nourrisson
Qui dort, respirent les Célestes ;
Gardé chaste
En un modeste bourgeon
Fleurit, éternel
En eux l'esprit,
Et les yeux bienheureux
Regardent dans la calme
Eternelle clarté.
Mais à nous, notre lot
Est de ne reposer en aucun lieu,
Ils passent, ils tombent,
Les hommes qui souffrent,
Aveugles, d'une heure
A l'autre, comme l'eau
Jetée de rocher
En rocher, des années durant
Au fond de l'incertain.