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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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3 mars 2016

De la BISEXUALITE PSYCHIQUE

 

Ce que je vais dire ici déplaira à beaucoup, surtout aux hommes. Il y a dans la virilité, quand elle se laisse aller à la vulgarité des instincts et des postures, une dimension de bêtise absolument stupéfiante. Cela s'observe en particulier dans certains attroupements qui ouvrent toutes grandes les vannes aux pulsions les plus primaires, grâce à une désinhibition collective du geste et de la parole. A vrai dire c'est plutôt le cri, le hurlement, l'invective, le juron qui prennent le relai de la parole civilisée, laquelle ne trouve plus nulle part d'espace pour se tenir décemment. Et pour donner encore plus de sel, on se trouvera rapidement un adversaire, réel ou imaginaire, pour déverser la bile, éructer, mugir et rugir.

Le grégarisme est le degré zéro de l'intelligence. Et je crains fort qu'en ce domaine les hommes soient imbattables. 

N'en concluez surtout pas que je rougisse d'être un homme. J'assume librement mon "identité" de genre. Mais j'estime aussi que cette "identité" - c'est à dessein que je mets des guillemets - ne me condamne nullement à rallier et épouser tout ce qui se dit ou se commande au nom de cette prétendue identité. Le masculin, dans un être bien né et de saine cervelle, ne représente qu'une part de son humanité, dominante évidemment quant à l'appartenance sexuelle, mais non exclusive sur le plan psychique. Freud avait soutenu jadis, et à juste titre, la bisexualité psychique. Jung sera plus radical encore, et je l'approuve : si l'homme doit construire sa masculinité dans les premières années de sa vie, affirmant sa puissance phallique et se posant comme l'autre de la femme, ce processus, nécessaire en soi, ne devrait pas conduire à un exclusivisme, un rejet du féminin, une raideur identitaire qui compromet toute évolution. A l'inverse, pleinement assuré de soi, confiant dans sa virilité, il peut alors accueillir ce qui en lui-même relèverait plutôt d'une disposition féminine : la sensibilité, la réceptivité artistique, l'écoute des émotions et des désirs - tout ce que Jung conçoit comme les qualités de l'anima. L'homme, fondamentalement structuré en animus, découvre et intègre en soi les archétypes et figures de l'anima. C'est dans la complémentarité des deux pôles, leur réciprocité dynamique, que réside la chance d'une harmonie supérieure. Il est vrai que cette évolution est difficile, parce qu'elle se heurte aux préjugés courants qui valorisent la séparation de genre, voire l'exclusion. Celui qui, dans la troupe ou la meute, ose quelque réserve à l'égard du discours dominant, se voit rapidement disqualifié, traité en paria. Songez aux injures rituelles à l'égard des homosexuels.

Il est bien rare de rencontrer un homme qui soit à la fois pleinement engagé dans les affaires du monde et en même temps un artiste et un poète. Ou comme Léonard, ingénieur, artisan, chercheur, peintre et sculpteur. Mais rien n'interdit que l'on mêne ses affaires, de profession et de famille, et que, par ailleurs, on développe ses facultés réceptives et créatrices. On invoquera le manque de temps ou de talent, mais souvent c'est un interdit imaginaire, une inhibition, une secrète honte, ou une pudeur mal placée, qui nous détournent de notre propre accomplissement.

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Commentaires
A
Je trouve parfois dans la vulgarité une certaine beauté et en tout cas une absolue sincérité, les gros mots sont par exemple des mots plus chargés en énergie vitale que les mots ordinaires. <br /> <br /> La parole civilisée cache souvent une plus grande vulgarité qui est celle du mensonge et de la manipulation. Les gourous, c'est bien connu, parle toujours poliment pour attiré un maximum de gens en leur faveur...
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O
Personnellement, ce qui me guide (si besoin est) dans le point de vue de Guy Karl, que je partage comme d’habitude, c’est la vision de Plarton, qui aidé de la théorie de l’intelligible, de donner quelque hauteur de point de vue, au-dessus de l’horizon terrestre; autrement dit de prendre une distance entre le donné social ou instinctif, autrement dit immédiat en soi, afin d’être davantage soi-même, sorti de la gangue sociale.<br /> <br /> Il y une virilité naturelle, d’origine physiologique, qui se manifeste aussi bien chez les homosexuels. Mais la société, organisée à l’origine autour du guerrier, et de son courage, vital pour le groupe auquel il appartient, a assimilé le courage à la virilité. Le courage guerrier implique une mise de côté de la raison, de la conscience; c’est l’explication qui me vient concernant les comportements de défoulement stupide rappelés ci-dessus. Etre contraint au courage, celui d’accepter la possibilité de la mort, rend fou.
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G
Ma réflexion présente, en effet, est de chercher un accès à l'autre qui ne soit ni confusion ni indifférence. Il me semble que pour cela il faut préalablement chercher et trouver une juste distance distance intérieure qui harmonise les divers éléments constitutifs de ce qu'on appelle la personnalité. C'est le sens de ces derniers articles qui en sont une sorte de prélude
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D
Se tenir dans la plus grande proximité imaginaire avec l'autre dans le grégarisme et le commun revient à se tenir au plus loin, à la distance maximale de son centre énigmatique et inconnu. Tel est le plus grand malheur de l'homme esclave de la représentation. <br /> <br /> Nuire à sa propre bêtise, n'est-ce pas commencer à réduire la distance imaginaire pour découvrir l'autre, la seule qui soit ?
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