Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Publicité
LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
Archives
Visiteurs
Depuis la création 1 095 047
22 janvier 2016

VERITE TRIVIALE

 

C'est une vérité triviale, banale à souhait... et terrible. Ce petit chien, dans quelque temps, sera mort. Il y eut des milliers de petits chiens, semblables à celui-ci, depuis les origines, et nul ne s'en souvient. Eux-mêmes, qu'en savent-ils ? Cette question nous semble sans intérêt, nous nous hypnotisons sur le destin des hommes. Soit. Mais alors quelle est la différence entre le petit chien et nous ? Les hommes d'autrefois, je veux dire des âges lointains du paléolithique, ont-ils vu une différence entre le destin de la bête et la leur ? Ce n'est pas sûr, à voir les peintures rupestres et le culte des animaux. La grande césure c'est l'oeuvre du langage symbolique, celui qui permet de nommer les choses absentes, de les inscrire dans une nomenclature, de les manier in abstracto, de combiner les entités imaginaires et de composer des systèmes de représentation : alors le mort se voit redoublé en âme, ou esprit, ou mana, lequel échappe au destin du corps, voyage dans des espaces symboliques, vient tourmenter les vivants (d'où le souci de les apaiser par des rites funéraires), bref est élevé à la dignité d'une vie immortelle, alors que la chair pourrit inexorablement dans la fange. Sans le langage, dans sa dimension symbolique de présentification de l'absence, je ne vois pas comment on aurait pu inventer les fabuleuses constructions animistes ou fétichistes, puis les religions de salut. - Mais il suffit d'un regard en arrière pour mesurer toute la folie, tout le désespoir aussi, toute la détresse d'un être, le seul peut-être, qui se sait voué à la disparition.

Nous redoublons le réel par des fictions (Clément Rosset). Elles nous amusent ou nous terrifient - car - après tout, l'idée d'une vie immortelle n'est pas forcément jubilatoire, surtout si on est tourmenté par l'angoisse de culpabilité - mais que chacun, en ce domaine, se débrouille comme il peut. D'autres préfèrent retrouver la vérité triviale, imparable, dont je parlais à propos de ce petit chien. A vrai dire, je me sens très proche de ce petit chien, m'ébattant tant et plus, grondant et reniflant, mais moi je me sais mortel, doublement si je puis dire, à me passer des fallacieuses consolations du mythe et de la superstition.

Publicité
Commentaires
T
Polemos est père de toute chose.<br /> <br /> Bien sûr que l'Histoire Humaine montre que la Guerre est l'un de ses moteurs. <br /> <br /> Néanmois, l'homme de part son degré d'intelligence, de part sa capacité de perception des causes et conditions qui mènent à l'aliénation<br /> <br /> pourrait réduire ces mêmes causes et conditions, à la racine, c'est-à-dire, de / depuis son esprit. <br /> <br /> Bien sûr qu'il est utopique de croire qu'un jour, tous les conflits seront éradiqué définitivement.Pourquoi ne pas le souhaiter positivement ?<br /> <br /> Surtout que les motifs véritables des compétitions et des guerres sont dans la plupart des cas, dérisoires.<br /> <br /> C'est peut être un défaut de connaissance ou un jugement de valeur de ma part que de négliger les véritables raisons qui mènent à la guerre.<br /> <br /> Que l'analyse au cas par cas est nécessaire et que tout est toujours multifactoriel.<br /> <br /> Néanmoins, à déconstruire, à retirer les couches affectives & passionnelles qui recouvrent l'action violente, à saisir son noyau & son "complexe", il y a moyen de désarmorcer dès le départ. <br /> <br /> Car un être dont l'esprit est embrouillé semblable à un miroir avec de la poussière, pourra t-il agir correctement ?<br /> <br /> Donc oui et non ! le Polemos est le père et ni le père de toute chose.<br /> <br /> Ou plutôt, Polemos domine l'Homme quand son Esprit est subjugué par la Confusion.<br /> <br /> Car l'état normal de l'Homme est neutre : quand il s'éveille à l'aube, il n'est ni colère ni joie, il EST. Point.
Répondre
O
Bien en accord avec Tchouang-tseu; mais il y a un paramètre essentiel à ne pas oublier : la compétition et la guerre; autrement le combat, comme disait Héraclite, Il nous gouverne, ainsi que les sociétés, et l'Histoire.
Répondre
T
Il serait bénéfique aux sociétés de mettre des classes de méditation (du style "pleine conscience") dès le plus jeune âge afin de changer graduellement l'orientation du monde. Pratique dès plus laïque. Orientation / Direction qui prend son point de départ de l'esprit, "trésor des représentations", représentations qui soutiennent en fait toutes actions. Des cours qui enseigneraient le mode de fonctionnement de l'esprit. Avec pour vocation, le désir de briser les causes et conditions qui mènent à l'aliénation, par l'instruction. Les solutions sont bien à notre portée mais il est nullement dans l'intérêt des puissants de favoriser ces "désirs de libération" dans l'esprit de "ceux d'en bas". Lorsqu'ils tirent leur gagne pain de cet ajutissement. Qui est totalement réversible. Quand vous savez que le riche et le pauvre partagent la même nature. Que dialectiquement ils dépendent l'un de l'autre. Nul tristesse à avoir. Et frustration vite balayée.
Répondre
N
certaines personnes ont dit etre mort suite a un accident. Il n'y avait plus rien selon eux...et pourtant pour voir ce rien il faut bien quelqu'un ou quelque chose qui le voit. C'est pareil pour le sommeil.
Répondre
N
la science ne pourra jamais comprendre l'univers et les philosophes commettent toujours la meme erreur de parler des phenomenes exterieurs alors qu'il faut en fait tourner son regard vers l'interieur de soi et plutot se concentrer a decouvrir qui l'on est
Répondre
Newsletter
152 abonnés
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité
Publicité