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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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1 février 2024

OPERA de l'AMOUR et de la MORT : ACTE IV(fin)

 

 

 

 

ACTE QUATRE : LES FLEURS DU SUJET

 

           Le NARRATEUR

 

 

Les fleurs du sujet

Dans l’univers qui s’effeuille

Fleurent au matin

S’épanouissent au soleil

Tombent au soir qui flamboie.

 

 

 

             GUY

 

1

Sans aucun pont fixe

Suis-je un errant du Tao

Ivre en poésie,

Un schizophrène en cavale

Amoureux de l’impossible ?

 

Rien ne me retient

Je ne suis plus de ce monde

Mon esprit s’envole

Mon corps s’abandonne au vent

Je chevauche les nuées.

 

Partir, je ne sais

Vers quel pays inconnu ?

Mais aucun pays

Ne saurait me retenir

Je ne suis de nulle part

Et je ne vais nulle part.

 

 

 

 

2

Cigognes d’Alsace

Ou des côtes ioniennes

Vous êtes mes sœurs

D’enfance et de solitude

Fil oblique de l’errance.

 

Par de là les mers

Sur les ellipses du vent

Vous laissez glisser

Comme voiles déployées

Vos ailes larges et blanches.

 

Aux enfants bien sages

Vous apportez des cadeaux

Des livres d’images

Puis vous repartez encore

Pour de lumineux rivages.

 

Ah ces longs voyages

Dans les merveilleux lointains !

Pourrai-je, avec vous

Voler dans le ciel infini

Pour ne jamais revenir !

 

 

3

Dans la grande angoisse

Qui renverse les trois temps

Je fixe l’instant

Barque fragile et mobile

Sur l’océan tourmenté.

 

4

Le soleil se couche

Dans l’écrin vert de la mer.

Nuages de sang.

Ah que la souffrance passe !

Ciel et mer, un seul miroir !

 

5

 

Soudain le cœur s’ouvre

Le poème se déploie

Papillon d’éveil !

 

6

Par de là les mers

Dans la tourmente des vents

La cigogne blanche

Revient au pays natal

Qu’elle n’a jamais quitté !

 

 

7

Sans nulle demeure

Tel le martinet siffleur

Je tourne, je tourne

Tout au fond de la vallée

Scintillent les tournesols !

 

8

Pour quitter la vie

Perclus de froid et d’effroi

Mieux vaut ne pas naître.

Les vents agitent les flots

Le fond de la mer est calme.

 

9

Du fond de Provence

Eblouissante, profuse,

Le rouge soleil

Cicatrice la blessure

D’amour, mon pauvre amour !

 

10

Les fleurs d’illusion

Naissent, prolifèrent, meurent,

Vérité du rien.

Le réel seul nous importe

Lui qui ne manque de rien.

 

11

Sur mon banc de pierre

Dans le vallon mordoré

Lumière partout !

La vie, la mort s’égalisent

Sous la voûte perforée.

 

12

Sous l’œil de la mort

Citadelles sans défense

Nous élèverons

Les frondaisons du jardin

Les roses de la beauté.

 

13

Vois, bordée bleu ocre

La mer de Saint Raphael

S’agite et palpite.

Mais à quelle profondeur

Gît le calme de ton cœur ?

 

 

 

 

14

Méditerranée.

Le ciel si bleu, sans mesure.

Le cri de la mouette

Si plaintif, si incisif

Redéchire mes blessures.

 

15

Dans le soir de l’âme

Ma seule joie c’est m’asseoir

Contempler la mer,

Laisser bruire le murmure

Et la langueur dans le cœur

 

16

Bateau échoué,

Le long du sable incendiaire

A quand la marée ?

 

17

Tristesse et haute joie mêlées

Le clavecin, la viole de gambe.

 

 

18

Ciels du matin, ciels couchants

Roses lucides diaphanes

O vous ! Vases de la métamorphose !

 

19

Vérité ultime :

La rose n’est pas la rose

Je ne suis pas moi.

Mais la rose est bien la rose

Pour autant que je sois moi.

 

20

Désir, que veux-tu ?

Violoncelle qui résonne,

Oh pluie de la nuit,

Tapotement de la pluie,

Et le rêve se poursuit.

 

21

Sujet en dérive

Comme un bateau schizophrène

Sur la pleine mer

Oh douceur de la liberté

Sans repère et sans affaire !

 

22

Chemins de traverse

Hors de tout sentier battu

Angoisse compagne

Angoisse chienne et catin

Et l’amour main dans la main.

 

23

Elle passe et crie

La pie voleuse et tueuse

Eclair blanc et noir

Entre les chênes d’automne

Superbe comme la mort !

 

24

Déluge de feuilles

Bel automne tu es là,

Aigre et parfumé

Comme une pute un peu vieille

Qui sourit et se souvient.

 

25

Fleurs

Et vous papillons qui tournez, voltigez

Couleurs emmêlées

Qui pourrait vous distinguer

Dans la lumière et la splendeur d’été ?

 

26

Mes amis je dérive

Aux flux du vent de hasard

Ne me plaignez pas !

Je suis de passage

Comme un oiseau dans le ciel

Sans laisser de trace,

Juste le temps d’un vertige

Soleil blanc aux bords des cils !

 

 

          LE CŒUR MODERNE

 

Libres

Dérivés

Détournés

Casqués de vent, de pluie, de neige

Ils marchent dans le n’importe où

Pourvu que le cœur vibre !

 

Bateaux en partance

Toute amarre arrachée

Tout regret effacé

Ils vont par la mer immense

Bateaux-délire, bateaux-schizo

En débordance !

 

Ils vont, ils viennent

Ils ne s’arrêtent jamais

Martinets sans boussole, effarés,

Au cœur, la liberté !

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