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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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LE JARDIN PHILOSOPHE : blog philo-poiétique de Guy Karl
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13 janvier 2008

l' ANIMUS de la FEMME

A suivre la pensée de Jung la femme est beucoup plus proche que l'homme de la vie universelle, par son anatomie bien sûr, plus charnelle, plus impliquée dans les rythmes mensuels, et dans sa psychè qui est, culturellement ou non, extrèmement sensible aux choses de l'amour, vivant spontanément dans la sphère de l'Eros. Et c'est à ce titre qu'elle séduit l'homme, toujours extrèmement vulnérable à sa part d'ombre féméinine, son Anima, que la femme vient incarner tout naturellement. Rappelons la phrase célébrissime de Molière " La grande passion des femmes est d'inspirer l'amour"  - l'inspirer, le faire naître et éclore, peut être plus en l'autre qu'en elle-même. L'Eros serait donc la dimension innée, spontanée, quasi naturelle de la femme. Mais si l'on admet, avec Freud d'abord, et Jung plus encore, que nous sommes tous psychiquement bisexués il faut bien admettrre aussi que les femmes sont culturellemnt découragées de développer leur pôle masculin - l'Animus - qui est bien en elles, mais souvent à l'état embryonnaire. Elles sont donc portées par compensation peut-être, mais aussi par instinct, à rechercher chez l'homme cet Animus qui végète dans leur intimité profonde et qu'elles n'osent peut-être pas développer par elles-mêmes. D'où la fascination pour l'homme doué de parole, instruit, intelligent, plus mûr qui semble représenter son propre inconscient, ou plus exactement la part masculine de son propre inconscient. D'où la formulation de Jung " L'Animus est l'inconscient masculin de la femme".

On voit les conséquences possibles. L'Eros pousse la femmes vers l'amour physique, l'attachement sen- timental d'abord, éventuellemnt sexuel ensuite, et plus tard vers la maternité, si toutefois elle a une imago maternelle suffisamment positive. Mais l'autre pôle, l'animus, s'il se réveille, ce qui n'arrive pas toujours, loin de là, la poussera irrésistiblment vers un homme mûr qui représentera en quelque sorte le Grand Autre, celui qui incarne le savoir, le Logos, l'expérience, la Loi, et qui à ce titre pourra exercer une immense influence,  dans le sens de la maturation, de l'accomplissement psychique ou spirituel, mais qui à l'inverse aura les plus effroyables effets s'il est pervers et qu'il manipule la jeune femmes dans le sens du masochisme, de l'exhibitionnisme, voire de la prostitution mondaine. C'est que la sexualité est dans cette affaire le noeud par excellence. L'homme, toujours tenté par la beauté physique et le sexe, peut se tromper et croire que la jeune femme le désite sur le plan sexuel. Or il n'en est rien. La femme fasninée par l'Animus veut être aimée pour elle -même, non pour son corps seulement. Elle espère avoir rencontré enfin un homme qui ne soit pas obsédé par les conquêtes amoureuses et les exploits sexuels. "Qui na pas une bite à la place du cerveau". Elle attend de son partenaire écoute, amour inconditionnel mais aussi réserve, chasteté, respect absolu de sa personne physique et morale. Elle aime, et c'est bien de l'amour mais non une passion. Cela ne va pas sans rappeler l'amour paternel, en principe inconditionnel et généreux, mais jamais incestueux. Comme dit, l'homme peut se tromper sur le désir de sa partenaire et alors c'est une situation catastrophique, comparable à un inceste, ou une relation perverse de type sadomasochiste. Beaucoup de jeunes femmes, amoureuses de leur professeur ou de leur thérapeute sont tombées dans ce piège redoutable, qui généralement entraîne les pires pathologies. Faut-il rappeler l'aventure malheureuse de Sabrina Spielrein avec Jung, celle de Hannah Arendt avec Heidegger? Et combien de fois, en tant que professeur, n'ai-je pas dû moi-même rétablir au plus vite le principe d'abstinence pour couper court à un attachement passionnel d'une élève en voie d'énamoration? C'est pour l'homme, flatté et séduit, un gros renoncement que de ne pas abuser de la situation. Mais c'est là que l'on juge de sa qualité. Et pour la femme c'est une chance, car, dans la plupart des cas, quand elles ne sont pas égarées par une passion funeste, elles se sentent immensément soulagées de n'avoir pas à "payer" ce qu'elles gagnent par des prestations en nature. J'ai connu une femme qui me disait : "J'adorais cet homme, il m'a tout donné, si seulement je ne m'étais pas crue obligée d'avoir des relations physiques avec lui". C'est trop cher payé!

Ni un père, ni un professeur, ni un thérapeute, ni un maître de conscience ou un confesseur ne doivent exploiter la dépendance momentanée de leur cliente ou amie de coeur. Question d'éthique.

Pour la femme la situation est évidemment plus simple si son amoureux représente à la fois son Eros et son Animus. Mais presque toute la littérature romanesuque nous montre le contraire. En tout cas cela nous permet de mieux réfléchir aux conditions d'un amour heureux. GK

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