02 avril 2014

L' IMPRESSION ETRANGE : méditation

    Soudain cette impression, cette certitude : tout ce que nous pensons, sentons, désirons - une construction alambiquée, futilité, gratuité, imposture. Tout cela ne sert à rien, au regard de l'évidence immédiate, indicible. Comme un vertige qui emporte tout, gravité, nécessité, sens et valeur. Qui sommes-nous au bout du compte? Et d'où tirons-nous que nous sommes si différents de l'animal si, comme lui, nous ne faisons que naître et périr? Si nous ne vivons vraiment qu'à deux moments extrêmes, lors de la naissance et de... [Lire la suite]

12 août 2013

La FORME et le VIDE : MISHIMA

    "(La forme) est en vérité le moule où se coule la vie fuyante et sans forme, en même temps que la fuite ailée de la vie sans forme est le moule où se coulent toutes les formes de ce monde". Dans cette phrase merveilleuse de Mishima, nous percevons l'écho de la plus haure sagesse d'Orient et d'Occident. Bouddha, Anaximandre, Héraclite et Antiphon ici se tiennent la main pour célébrer de concert l'ultime expression possible de l'insaisissable vérité. Le Mahayana bouddhiste déclare : La forme est le vide, le vide est la... [Lire la suite]
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21 septembre 2012

PLENITUDE du VIDE : ETHIQUE

            La pensée a réalisé tout ce qu’elle peut lorsqu’elle révèle sa caducité. C’est la butée, où elle épuise ses ressources,  tel ce paradoxe fameux de la flèche qui n’atteint jamais la cible, sous le prétexte fallacieux que l’espace peut se diviser indéfiniment. Quand la pensée trébuche c’est l’action qui tranche : votre flèche ne redoute pas les arguties, mais vole droit vers la cible. On nous a dit : « Au début était le verbe ». Sottise, enflure anthropocentrique.... [Lire la suite]
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27 juillet 2012

La FORME et le VIDE : Bouddha k 968 (texte remanié)

            Au début les montagnes sont des montagnes : thèse réaliste commune Puis les montagnes ne sont plus des montagnes : perception de la vacuité universelle : la forme est vide Enfin les montagnes sont de nouveau des montagnes : le vide est forme.   C’est l’école du Mahayana qui a formulé le paradoxe central de la pensée bouddhique. La forme est vide, le vide est forme. La première proposition découle assez bien de la théorie, formulée par Bouddha lui-même, de la... [Lire la suite]
19 juin 2012

ERE du VIDE ou ERE de l' OBJET ? K-957

        Notre époque n’est pas l’ère du vide, comme l’affirme un auteur récent, mais l’ère de l’objet. - Des objets, en première analyse, objets de convoitise, objets-fétiches, objets-signes de reconnaissance sociale, de valorisation narcissique. L’infinie diversité des objets, leur précoce obsolescence, leur futilité même exprime la pauvreté mentale et culturelle d’une époque vouée à la fuite en avant, à la course contre le temps, au gaspillage, à la pusillanimité. D’où l’impression de vide, que vient obturer... [Lire la suite]
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11 mars 2010

De la VERITE comme LIMITE ABSOLUE

La philosophie, selon la tradition, se réclame d'une "amitié pour le vrai", ou d'un désir du vrai. "Platon est mon ami, mais la vérité plus encore". Les précurseurs de l'Antiquité hellénique proclamaient leur allégeance à l'A-lètheia, le non-voilé, tout en reconnaissant que le voile était de tout temps et de tout continent, et que la Vérité ne se profilait que dans les interstices, comme une ombre problématique, une énigme, une tentation dangereuse, et une impossibilité métaphysique. Ils se tenaient dans un rapport... [Lire la suite]
12 juin 2009

DES FAUX DOUTES, et de la VACUITE

Qui peut supporter authentiquement l'épreuve du doute? La plupart du temps on  se contente d'un doute de parade, d'une mascarade de doute, de quelque tour de passe-passe théorique pour faire l'averti, puis on retourne tranquillement à ses petites affaires. Même Descartes, à en croire la pertinente attaque de Nietzsche, ne fait rien que simuler une mise entre parenthèse des certitudes officielles, pour s'empresser de restaurer le bon vieux Moi, et son acolyte obligé, le Dieu spéculatif. "Je pense, je suis". Que voilà une... [Lire la suite]
29 avril 2009

DU MOI ECLATE

Qu'est ce qu'un Moi éclaté? Mettons de côté toute référence à la pathologie et supposons qu'on puisse concevoir une pleine santé, une grande santé, non dans un moi structuré sur le mode paranoïaque ou normopathique ( ni obsession mégalomaniaque, ni conformisme social intériorisé) mais comme mode d'être, de sentir, de parler et d'agir selon le principe de multiplicité. Qu'est ce à dire? Nous croyons généralement que le moi doit être unifié, totalisé, voire totalitaire : un corps, une âme, un esprit, un caractère, une personnalité,... [Lire la suite]