09 septembre 2013

Du DESIR ABSOLU

    (Empédocle) "se leva et se dirigea vers l'Etna, puis, arrivé près du cratère de feu, plongea et disparut".(DL) Si nous mettons cette légende fameuse en rapport avec la sentence de Démocrite "La vérité est dans l'abîme" nous pouvons construire une hypothèse tout à fait extra-ordinaire : l'attraction, la tentation la plus radicale de l'être humain, celle qui soustend indirectement tous ses projets, toutes ses ambitions, toutes ses tentatives, celles mêmes qui paraissent le plus évidemment ressortir de la passion de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:34 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

11 juin 2013

L' ABIME et la SURFACE : le vertige de l' illimité

    Pour Nietzsche il se pourrait que la vérité soit femme. Pour Démocrite elle est dans l'abîme. Mordious! La vérité serait une femme dans l'abîme! Voilà qui me plaît assez. C'est dire en tout cas que nous ne sommes pas près de la repêcher! Plus sérieusement, je pense qu'il y a là de quoi méditer. Cet apologue comique nous permet d'établir une relative certitude, c'est que la vérité n'est pas de l'ordre du savoir - ce que mes chers pyrrhonniens répètent sur tous les tons depuis vingt quatre siècles. La conception... [Lire la suite]
05 juin 2013

TOPOS et TROPOS : le lieu et le mode (de la vérité)

    Le Topos c'est le lieu. Quel est le lieu de la vérité? Troublé par la variation infinie, la fluidité insaisissable du sensible - tout glisse, tout passe, rien ne demeure - Platon désigne le lieu de la vérité comme un en- dehors, mieux, un au-delà de toutes les choses apparentes. La vérité, pour se constituer comme telle, exige la permanence, la stabilité, l'intelligibilité. Elle se conquiert par l'activité pensante, la dialectique et la comtemplation des Idées, ces Formes intelligibles et éternelles. Ainsi se construit... [Lire la suite]
11 avril 2013

ILLUSION ET VERITE

    Chercher c'est tourner en rond, si l'on en croit l'étymologie : circum, circonvolution. Autour de quoi? D'un trou. Encore faut-il faut-il voir  le trou. Or toute notre activité de penser est déterminée par le refus de voir, et l'habituelle orientation du savoir est de ne pas savoir. Nietzsche remarquait que l'erreur, je dirais plutôt l'illusion, est une nécessité vitale, une protection nécessaire contre le tragique, une dénégation obstinée des conditions fondamentales de l'existence. Vivre c'est vouloir, c'est... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 15:42 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
07 avril 2013

VERITE

    "Je dirais que toute pensée est une pensée débile quand elle ne prend pas en compte le réel, quand elle le méconnaît, quand elle méconnaît ce qui fait limite au savoir, et que Lacan appelle la vérité" Cette phrase de Charles Melman ("La nouvelle économie psychique",p 63) exprime parfaitement  ce que moi-même je pense de la philosophie comme ouverture à la vérité.
Posté par GUY KARL à 16:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,
02 novembre 2012

De la BLESSURE

            On ne devient pas philosophe par hasard. Il y faut une étrange in-quiétude, une secrète indisposition à l’égard de ce qui est là, de ce qui apparaît, incongru, inexplicable, inquiétant. Quelque chose comme une intime blessure, laquelle ne se refermera jamais, sauf à jeter l’enfant avec le bain. « Pathos  de l’étonnement » dirait Platon, déchirure de la certitude tranquille que possèdent encore, autour de nous, les gens affairés, les gens pré-occupés de norme et de valeur.... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:09 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

23 octobre 2012

De la "VRAIE VIE"

          « La vraie vie… ». Mais existe-t-il de fausses vies ? Tout ce qui est vécu, quelle qu’en soient la  nature ou la qualité est, d’une certaine manière, vrai, existant, irréfutable. Le crime est vrai autant que la bonté, et la violence et l’abjection. La vie ne relève pas de la vérité mais de la réalité. Dites à un malfrat qu’il se trompe de vie, il vous rira au nez. Au nom de quoi jugeons-nous le prochain, nous qui ne savons  pas même ce qui nous fait agir. Que le tribunal... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
20 mai 2012

La FORMULE du TRAGIQUE : réel, vérité, savoir

            Voici, selon moi, la formule du tragique, qui rend compte à la fois de l’essence de la tragédie comme genre littéraire et musical, et de la pensée tragique comme métaphysique et éthique de l’existence. Le Maître-mot du tragique est le réel, à partir de quoi tout se déplie en corolle. C’est du réel, comme expérience fondatrice, bouleversante et incommunicable, que s’origine une intuition définitive, laquelle pourrait s’exprimer approximativement comme ceci : « cela ne s’arrange... [Lire la suite]
16 janvier 2012

Du SEXUEL et du REEL

L’effroi signe la proximité excessive du réel. Par réel il ne faut pas entendre la réalité commune et conventionnelle, mais ce qui surgit en fracassant les barrières de la représentation. Dans l’ordre de la psyché le réel c’est d’abord le sexuel, si par là on désigne correctement ce qui est refoulé, clivé, séparé. Mais là encore il faut être prudent : les choses du sexe apparaissent voilées, protégées par l’écran de la beauté, de la mascarade, de l’érotisme, de la délicatesse ou des bonnes mœurs. La beauté est l’ornement qui... [Lire la suite]
09 janvier 2012

De la VERITE du CORPS : SCHOPENHAUER

    « Chacun a pu se convaincre par expérience que sa connaissance est dans une dépendance absolue au cerveau, et il est aussi facile de croire à une connaissance sans cerveau qu’à une digestion sans estomac ». (Schopenhauer : Suppléments au Monde, XVIII). C’est Schopenhauer qui, le premier à l’époque moderne, donne au corps sa véritable place dans la philosophie, et ses lettres de noblesse. Pourquoi le corps? Parce que le statut du corps est double. D’une part, comme objet sensible, il est offert à la... [Lire la suite]