11 avril 2013
ILLUSION ET VERITE
Chercher c'est tourner en rond, si l'on en croit l'étymologie : circum, circonvolution. Autour de quoi? D'un trou. Encore faut-il faut-il voir le trou. Or toute notre activité de penser est déterminée par le refus de voir, et l'habituelle orientation du savoir est de ne pas savoir. Nietzsche remarquait que l'erreur, je dirais plutôt l'illusion, est une nécessité vitale, une protection nécessaire contre le tragique, une dénégation obstinée des conditions fondamentales de l'existence. Vivre c'est vouloir, c'est... [Lire la suite]
07 avril 2013
VERITE
"Je dirais que toute pensée est une pensée débile quand elle ne prend pas en compte le réel, quand elle le méconnaît, quand elle méconnaît ce qui fait limite au savoir, et que Lacan appelle la vérité"
Cette phrase de Charles Melman ("La nouvelle économie psychique",p 63) exprime parfaitement ce que moi-même je pense de la philosophie comme ouverture à la vérité.
02 novembre 2012
De la BLESSURE
On ne devient pas philosophe par hasard. Il y faut une étrange in-quiétude, une secrète indisposition à l’égard de ce qui est là, de ce qui apparaît, incongru, inexplicable, inquiétant. Quelque chose comme une intime blessure, laquelle ne se refermera jamais, sauf à jeter l’enfant avec le bain. « Pathos de l’étonnement » dirait Platon, déchirure de la certitude tranquille que possèdent encore, autour de nous, les gens affairés, les gens pré-occupés de norme et de valeur.... [Lire la suite]
23 octobre 2012
De la "VRAIE VIE"
« La vraie vie… ». Mais existe-t-il de fausses vies ? Tout ce qui est vécu, quelle qu’en soient la nature ou la qualité est, d’une certaine manière, vrai, existant, irréfutable. Le crime est vrai autant que la bonté, et la violence et l’abjection. La vie ne relève pas de la vérité mais de la réalité. Dites à un malfrat qu’il se trompe de vie, il vous rira au nez. Au nom de quoi jugeons-nous le prochain, nous qui ne savons pas même ce qui nous fait agir. Que le tribunal... [Lire la suite]
20 mai 2012
La FORMULE du TRAGIQUE : réel, vérité, savoir
Voici, selon moi, la formule du tragique, qui rend compte à la fois de l’essence de la tragédie comme genre littéraire et musical, et de la pensée tragique comme métaphysique et éthique de l’existence.
Le Maître-mot du tragique est le réel, à partir de quoi tout se déplie en corolle. C’est du réel, comme expérience fondatrice, bouleversante et incommunicable, que s’origine une intuition définitive, laquelle pourrait s’exprimer approximativement comme ceci : « cela ne s’arrange... [Lire la suite]
16 janvier 2012
Du SEXUEL et du REEL
L’effroi signe la proximité excessive du réel. Par réel il ne faut pas entendre la réalité commune et conventionnelle, mais ce qui surgit en fracassant les barrières de la représentation. Dans l’ordre de la psyché le réel c’est d’abord le sexuel, si par là on désigne correctement ce qui est refoulé, clivé, séparé. Mais là encore il faut être prudent : les choses du sexe apparaissent voilées, protégées par l’écran de la beauté, de la mascarade, de l’érotisme, de la délicatesse ou des bonnes mœurs. La beauté est l’ornement qui... [Lire la suite]
09 janvier 2012
De la VERITE du CORPS : SCHOPENHAUER
« Chacun a pu se convaincre par expérience que sa connaissance est dans une dépendance absolue au cerveau, et il est aussi facile de croire à une connaissance sans cerveau qu’à une digestion sans estomac ». (Schopenhauer : Suppléments au Monde, XVIII).
C’est Schopenhauer qui, le premier à l’époque moderne, donne au corps sa véritable place dans la philosophie, et ses lettres de noblesse. Pourquoi le corps? Parce que le statut du corps est double. D’une part, comme objet sensible, il est offert à la... [Lire la suite]
26 septembre 2011
Les ATOMES et les LETTRES : LUCRECE
L'univers est comme un vaste poème, une combinatoire de lettres, qui assemblées en un certain ordre, créent des mots, des phrases, des discours. Les lettres de la physis ce sont les atomes. Il faut un nombre significatif de lettres fondamentales, et surtout il faut en varier à l'infini la position relative, permuter l'ordre de succession, multiplier à l'infini les combinaisons. Entre les lettres le vide, sans lequel aucun mouvement n'est possible. Nous retrouvons l'inspiration de Démocrite. Atomos idea : l'élémentaire est une forme... [Lire la suite]
05 septembre 2011
Les 5 REGLES du SAVOIR : DEMOCRITE (6)
1) "Quant à nous, en réalité, nous n'appréhendons rien d'immuable,
mais ce qui change selon la disposition des corps,
et des choses qui pénètrent et de celles qui repoussent ».
En réalité : et non selon l’opinion commune, ni selon les métaphysiques de l’Etre, obsédés par l’immuable, qui fixent les processus, sans parvenir à l’intuition du mouvement universel. Plus remarquable encore, cette évidence de l’interpénétration des corps. Remarquons que Démocrite voit la connaissance comme action... [Lire la suite]
16 août 2011
PARADOXES (du) TRAGIQUE
Le paradoxe tragique se déploie selon trois axes :
L'infinité (des univers, des atomes, du vide, du temps) excédant toute tentative de penser en termes d'Etre, d'Un ou de Cosmos. Pluralisme originaire. Le Tout est un terme commode qui n'exprime rien de plus qu'une somme insommable, arithmétique et infinie. Flux et impermanence, mobilité, création et destruction, inventivité et indétermination. Hasard et nécessité, la nécessité n'étant autre chose que le hasard manifesté. Jeu divin de Dionysos se contemplant dans le miroir de... [Lire la suite]

