18 septembre 2019

LE CONCERT DES BONNES NOUVELLES

  La nouvelle est tombée hier au soir, une parmi d'autres, dans le concert universel des mauvaises nouvelles : si notre mode de production, de consommation et d'échanges n'est pas rapidement révisé la planère se réchauffra de sept degrés d'ici la fin du siècle. Fichtre ! C'est l'effet Vénus que Hubert Reewes redoutait : la terre transformée en fournaise, et comme Vénus définitivement inhabitable. Il serait un peu débile de gémir et d'implorer les dieux : cette catastrophe annoncée est la conséquence implacable d'une option... [Lire la suite]

29 août 2019

KATASTROPHE - EPISTROPHE : de l'éphémère

  Je reviens tout doucement dans les bocages ensoleillés de l'apparence. Epistrophè. Strophè c'est le tour. Dans le théâtre attique la strophe désigne ce fragment poétique chanté par le choeur qui fait le tour de l'orchestre. Et l'antistrophe le mouvement inverse, avec un nouveau fragment de texte.  Il est remarquable que l'action dans la tragédie conduise inexorablement à la catastrophe. Katastrophè c'est le retournement qui entraîne la ruine et le désastre. Voilà un peuple, les Grecs, qui a conçu le pire possible comme... [Lire la suite]
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03 janvier 2019

De l' IVRESSE : MARIA CALLAS

  La Callas ! Sublime, elle déclare qu'en entrant en scène elle éprouve une véritable ivresse. Comment ne pas songer à la Pythie, ivre de parfums envoûtants, proférant "de sa bouche délirante" d'obscures sentences inspirées par le dieu.  Ou encore ces tragédiennes austères déclamant à Epidaure les vers de Sophocle, en grec ancien, soudain saisies d'une étrange frénésie, tordues d'angoisse, ou fuminant de saintes colères. Maria Callas était grecque et ce n'est pas un hasard si elle a révolutionné la scène par un génie de... [Lire la suite]
27 juillet 2017

NATURE et ART : un rapport problématique

  Que disons-nous quand nous disons : la nature ? L'idée en est évidente, comme lorsque nous disons : le temps. Mais en fait c'est la notion la plus difficile, celle qui échappe de tous côtés quand nous essayons de l'approcher, comme ces pucelles effarouchées qui s'avancent et reculent. Je multiplie les approches, d'article en article, non pour la saisir, c'est impossible, mais pour tenter de préciser ma disposition personnelle à son égard. C'est un objet fuyant, multiple de formes et de statuts, et pourtant c'est la chose la... [Lire la suite]
26 mars 2014

"La MORT a VENISE" : APOLLON et DIONYSOS

    A quoi tient le charme exceptionnel de "La mort à Venise" de Thomas Mann? Le mot qui me vient c'est "envoûtement". L'envoûtement est un processus magique visant à fasciner quelqu'un pour le soumettre à notre volonté. Le livre fascine, en ce qu'il introduit le lecteur dans un monde enchanté, le conduit lentement par les dédales obscurs de la narration vers un abîme insondable, et le laisse pantelant aux rivages de la mort. Et tout cela sans pathos excessif, sans fioritures langagièes, mais avec une logique imparable :... [Lire la suite]
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25 mars 2014

DENEGATION et REFOULEMENT : l'esprit de la Tragédie

    Il y fait trop sombre! C'est évident, et cela n'incite guère à aller y voir. Toute une mythologie des cavernes obscures, des labyrinthes impénétrables et des gouffres effrayants se réveille et nous oppresse dès que l'on évoque un voyage dans les abîmes. Pourtant, dès la naissance de la poésie occidentale, chez Homère, apparaît le thème du voyage dans les Enfers, imposé au héros comme une épreuve initiatique à laquelle il ne saurait se dérober sans déchoir. Hésiode décrit complaisamment les orgies divines, les... [Lire la suite]
24 septembre 2013

TRAGEDIE ET COMEDIE : la métaphore de l'art.

    Pour Aristote la tragédie est d'abord une "poiésis", une fabrication, une création, un faire (poiein), qui s'exprime dans la composition d'une action dramatique (drama) mettant en scène des personnages considérables, des dieux, des rois, des héros confrontés à des situations extrêmes, le crime, le sacrifice, la mort, où se révèle la toute puissance du destin face à la précarité humaine. La tragédie mime (mimesis) plutôt qu'elle n'imite la réalité, condensée poétiquement dans le "drame". Son ressort émotionnel, son... [Lire la suite]
23 janvier 2013

Entre le BOUDDHISME et la TRAGEDIE : Nietzsche

      Nietzsche écrit :" Seule la tragédie peut nous sauver du bouddhisme". Voià qui est clair. Le bouddhisme serait un danger contre lequel il faut mobillser toutes les ressources vitales de l'Occident, en revenant à l'esprit oiginel de la grande tragédie grecque. L'activité contre la passivité, l'esprit de conquête contre la paix de l'âme, la volonté de puissance contre la négation du vouloir-vivre, l'exaltation des passions au prix même de la plus grande souffrance plutôt que la sérénité du "nirvâna", Nietzsche... [Lire la suite]
20 mars 2012

Du FONDEMENT de la TRAGEDIE

  Depuis Aristote il est convenu d’estimer la terreur et la pitié comme fondements émotionnels de la tragédie. Terreur devant la catastrophe inévitable, pitié pour le héros, agent et victime de la catastrophe. Cela se vérifie parfaitement, à lire les Tragiques. Mais il me semble qu’il y a autre chose, de plus fondamental. Terreur et pitié sont des phénomènes suscités par le « drame », l’action, au sens étymologique, par exemple, dans l’« Iphigénie à Aulis » d’Euripide, la sinistre machination d’Agamemnon qui... [Lire la suite]