22 décembre 2016

JEUNESSE et BEAUTE

  Schopenhauer écrit quelque part, j'ai oublié le contexte, quelque chose comme : mieux vaut la jeunesse sans beauté que la beauté sans jeunesse. Il vaut mieux les deux, que je sache, mais l'une des deux ne se peut maintenir quoi qu'on fasse. Le pire, peut-être, est de mimer la jeunesse quand elle est irrémédiablement flétrie. Quoi de plus ridicule qu'une vieille coquette ou un "vieux-beau". Ceux-là exhibent plus outrageusement encore ce qu'ils voudraient cacher, et leur sottise plus encore. D'une certaine manière on peut... [Lire la suite]

09 juillet 2016

AION et CHRONOS : que choisir ?

  Notre philosophie présente, ou ce qui en tient lieu, s'obnubile sur la question de l'homme, de la société, de la gestion économique et politique : anthropocentrisme et anthropocène, ce dernier terme, tout récent, définissant le surgissement d'une nouvelle ère géologique dans laquelle l'humanité, avec ses innombrables interventions technologiques, agit sur le milieu naturel comme un acteur à part entière, modifiant progressivement les équilibres et créant un monde inédit, mi-naturel mi-artificiel dont nous voyons déjà les... [Lire la suite]
25 juin 2016

FORME et ESPRIT : poème

                  FORME et ESPRIT      Tout est intime, repose tendrement en soi,    Avant qu'il ne sépare de soi, et fende    Toutes les formes, le Maître du temps.      Prétentieux, tu voudrais face à face,    L'âme, la voir en ton miroir, et tu tombes    Dans le cratère, et sombres dans les flammes.   Ce poème est une tentative de constituer un poème moderne à partir de quelques fragments de Hölderlin,... [Lire la suite]
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22 juin 2016

La FENDAISON de l' EVENEMENT

  La blessure, c'est le temps. J'ai imaginé un nouveau concept : la fendaison de l'événement, pour signifier cette occurence, apparemment extérieure, par laquelle le moi se voit fendu par l'événement. Il n'y a qu'un seul événement, tous les événements se ramenant essentiellement à une seule et même expérience, cette soudaine, imparable, imprédictible blessure, qui, si elle apparaît à un moment précis du temps, particulièrement vive et signifiante, réveille toutes les blessures anciennes, fait série, et se précipite dans... [Lire la suite]
21 juin 2016

RETOURNEMENT CATEGORIQUE (2)

  Comme un gant que l'on retourne : le dedans passe dehors, le dehors passe dedans.  Habituellement le dehors c'est la peau, l'enveloppe, le masque, le personnage - le dedans c'est le sujet, s'il existe. Le retournement consisterait à exposer le sujet et à mettre le moi en retrait.  Plus radicalement, le moi masque la faille, laquelle est dissimulée, voire déniée, ou ignorée. Philosopher serait retourner le gant, assumer et laisser voir la faille. C'est le penser vrai, parler vrai, agir vrai. On voit d'emblée que... [Lire la suite]
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17 septembre 2015

L'ILLIMITE et la LIMITE

  Le plus grand danger, dans notre organisation psychique, vient de cette illusion qui nous fait courir après l'illimité : illimité de la puissance, du savoir ou de la jouissance, nous représentant toute satisfaction, tout gain comme dérisoire au prix de notre aspiration. D'où la formule : plus, toujours plus, de biens, de plaisir, de renommée, plus de jouir, plus, toujours plus. Mais le corps lui-même proteste, avant que la réalité ne s'écrase sur nous de tout son poids. Epicure écrit, Maxime XIX : "Le temps infini (apeiros... [Lire la suite]

05 juin 2015

Le TEMPS et la DECLINAISON : LUCRECE

  "Vois les gouttes d'eau qui tombent sur la pierre Avec le temps elles finissent par percer cette pierre". Lucrèce, IV, 1286- 1287.   La pierre figure le stable, le solide, le permanent. Pourtant c'est l'élément fluide qui l'emporte à la fin, et tout à la fin, emporte toutes choses dans l'indéterminé. Entropie généralisée, loi de nature. La pierre figure un système stable-instable, comme tous les systèmes, étoiles, pierres, végétaux, animaux, humains. Stable dans le court terme, instable, périssable dans le long. Un... [Lire la suite]
11 octobre 2014

Le CORPS de la PHILOSOPHIE : temps et hors-temps

    Le philosophe, selon mon coeur, entretient un rapport particilier avec le temps. S'il est bien de son temps, et autant qu'il se peut, il est parallèlement absorbé par une toute autre temporalité, celle de la philosophie comme aventure et developpement transhistoriques, comme corporéité virtuellement infinie, qui plonge ses racines dans un passé mémorial et s'ouvre à l'infini dans l'avenir. Double inscription, avec, entre les deux, une sorte de dissonance irrémédiable. Car si l'actualité va son cours, nouveautés... [Lire la suite]
19 avril 2013

Du TEMPS PSYCHIQUE, et de la sublimation

      Nous sommes obsédés, conditionnés jusqu'à la moelle par le temps linéaire, du calendrier, de l'affairement, coinçés, croyons-nous, entre deux termes infiniment rapprochés et qui se rapprochent encore, jusqu' à l'étouffement. Il y va de notre faute. C'est l'esprit du temps, ce non-esprit qui se hâte, se précipite vers le terme, qui, à peine atteint, déjà se reporte vers autre chose. Et nous voilà constamment hors d'haleine, coeur battant, corps malade. C'est une étrange folie dont la presse, dans... [Lire la suite]
03 août 2012

Du PRESENT comme FLUX

            « Le passé tu ne peux le retenir, le présent tu ne peux le garder, le futur tu ne peux le saisir » - Alors comment feras-tu ? Si la pensée est ainsi étranglée, cela n’empêche personne de vivre ! Ce qui démontre une chose, et qui est capitale : la vie se moque du temps, ne se déploie nullement selon nos catégories temporelles. C’est nous qui inventons ces trois concepts : passé, présent, futur. Mais où est le passé, où est le futur ? Nous disons :... [Lire la suite]
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