24 avril 2017

VITA CONTEMPLATIVA : méditation

  Plaisir de printemps. Les feuilles du square ont poussé joliment, découpent le bleu du ciel qui vibre, comme irréel, ouvrant sur l'infini. Quelques rares passants passent. Tout est calme, c'est la vie tranquille d'une modeste ville du Sud. Depuis quelques jours je suis comme suspendu dans un temps arrêté. Après bien des agitations, cette bonace est la bien-venue. Il faut que j'apprenne à composer avec le calme. Je m'aperçois que c'est plus difficile qu'on ne pense. On croit que l'on ne vit que d'espérer, de désirer, de... [Lire la suite]
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22 mars 2017

Dans la forêt, le temps : poème

    Il est parti pour la grande forêt   Auprès d'une douce rivière Entre mousse et feuillaison La brise va au long des joncs   Aux pieds du chêne millénaire Assis sur ses talons Ses pensées vont, passent et vont   Il se nourrit de l'air du temps Parfois la biche familière Vient manger dans sa main Il n'a cure du lendemain   Quand il parle aux oiseaux Il retrouve son coeur d'enfant L'ivresse des commencements   Le temps qui passe est immobile Chêne vieillard, roseau fragile Rien... [Lire la suite]
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22 décembre 2016

JEUNESSE et BEAUTE

  Schopenhauer écrit quelque part, j'ai oublié le contexte, quelque chose comme : mieux vaut la jeunesse sans beauté que la beauté sans jeunesse. Il vaut mieux les deux, que je sache, mais l'une des deux ne se peut maintenir quoi qu'on fasse. Le pire, peut-être, est de mimer la jeunesse quand elle est irrémédiablement flétrie. Quoi de plus ridicule qu'une vieille coquette ou un "vieux-beau". Ceux-là exhibent plus outrageusement encore ce qu'ils voudraient cacher, et leur sottise plus encore. D'une certaine manière on peut... [Lire la suite]
09 juillet 2016

AION et CHRONOS : que choisir ?

  Notre philosophie présente, ou ce qui en tient lieu, s'obnubile sur la question de l'homme, de la société, de la gestion économique et politique : anthropocentrisme et anthropocène, ce dernier terme, tout récent, définissant le surgissement d'une nouvelle ère géologique dans laquelle l'humanité, avec ses innombrables interventions technologiques, agit sur le milieu naturel comme un acteur à part entière, modifiant progressivement les équilibres et créant un monde inédit, mi-naturel mi-artificiel dont nous voyons déjà les... [Lire la suite]
25 juin 2016

FORME et ESPRIT : poème

                  FORME et ESPRIT      Tout est intime, repose tendrement en soi,    Avant qu'il ne sépare de soi, et fende    Toutes les formes, le Maître du temps.      Prétentieux, tu voudrais face à face,    L'âme, la voir en ton miroir, et tu tombes    Dans le cratère, et sombres dans les flammes.   Ce poème est une tentative de constituer un poème moderne à partir de quelques fragments de Hölderlin,... [Lire la suite]
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22 juin 2016

La FENDAISON de l' EVENEMENT

  La blessure, c'est le temps. J'ai imaginé un nouveau concept : la fendaison de l'événement, pour signifier cette occurence, apparemment extérieure, par laquelle le moi se voit fendu par l'événement. Il n'y a qu'un seul événement, tous les événements se ramenant essentiellement à une seule et même expérience, cette soudaine, imparable, imprédictible blessure, qui, si elle apparaît à un moment précis du temps, particulièrement vive et signifiante, réveille toutes les blessures anciennes, fait série, et se précipite dans... [Lire la suite]

21 juin 2016

RETOURNEMENT CATEGORIQUE (2)

  Comme un gant que l'on retourne : le dedans passe dehors, le dehors passe dedans.  Habituellement le dehors c'est la peau, l'enveloppe, le masque, le personnage - le dedans c'est le sujet, s'il existe. Le retournement consisterait à exposer le sujet et à mettre le moi en retrait.  Plus radicalement, le moi masque la faille, laquelle est dissimulée, voire déniée, ou ignorée. Philosopher serait retourner le gant, assumer et laisser voir la faille. C'est le penser vrai, parler vrai, agir vrai. On voit d'emblée que... [Lire la suite]
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17 septembre 2015

L'ILLIMITE et la LIMITE

  Le plus grand danger, dans notre organisation psychique, vient de cette illusion qui nous fait courir après l'illimité : illimité de la puissance, du savoir ou de la jouissance, nous représentant toute satisfaction, tout gain comme dérisoire au prix de notre aspiration. D'où la formule : plus, toujours plus, de biens, de plaisir, de renommée, plus de jouir, plus, toujours plus. Mais le corps lui-même proteste, avant que la réalité ne s'écrase sur nous de tout son poids. Epicure écrit, Maxime XIX : "Le temps infini (apeiros... [Lire la suite]
05 juin 2015

Le TEMPS et la DECLINAISON : LUCRECE

  "Vois les gouttes d'eau qui tombent sur la pierre Avec le temps elles finissent par percer cette pierre". Lucrèce, IV, 1286- 1287.   La pierre figure le stable, le solide, le permanent. Pourtant c'est l'élément fluide qui l'emporte à la fin, et tout à la fin, emporte toutes choses dans l'indéterminé. Entropie généralisée, loi de nature. La pierre figure un système stable-instable, comme tous les systèmes, étoiles, pierres, végétaux, animaux, humains. Stable dans le court terme, instable, périssable dans le long. Un... [Lire la suite]
11 octobre 2014

Le CORPS de la PHILOSOPHIE : temps et hors-temps

    Le philosophe, selon mon coeur, entretient un rapport particilier avec le temps. S'il est bien de son temps, et autant qu'il se peut, il est parallèlement absorbé par une toute autre temporalité, celle de la philosophie comme aventure et developpement transhistoriques, comme corporéité virtuellement infinie, qui plonge ses racines dans un passé mémorial et s'ouvre à l'infini dans l'avenir. Double inscription, avec, entre les deux, une sorte de dissonance irrémédiable. Car si l'actualité va son cours, nouveautés... [Lire la suite]