18 juin 2017

LE CHANT DES ORIGINES : prologue

  C'est une idée un peu folle, mais je n'en suis pas à la première. Je me suis mis en tête de rédiger un vaste poème sur le thème des origines, sans trop savoir ce que je mettais sous ce titre. Mais qu'importe, je me suis laissé aller comme un brave canasson, notant les images et les idées comme elles venaient, sans trop y réfléchir, me fiant au diable intérieur, à ses caprices et ses saillies. Pour le moment je m'abstiens d'en penser quoi que ce soit, je vais au petit bonheur, voilà tout. Si l'affaire est sérieuse elle ira de... [Lire la suite]
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09 juin 2017

Le MEDITANT : poème

          Son pauvre secret       Il le garde en son coeur         Hagiographie de mille plaies       Il compte au dieu du Temps les heures         Toutes ses chaînes       Il les enroule têtu autour du chêne         Assis jambes croisées       Il laisse s'épuiser les pensées         Dans la soie des roseaux       S'égayent égrillards des... [Lire la suite]
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29 mai 2017

De l'ACTION du TEMPS

  C'est l'idée la plus triviale, et pourtant la plus difficile : si je veux me faire une idée du temps qui ne soit pas étroitement spéculative, je considère une plante sur mon blacon. Je ne vois pas le temps, à peine si je peux mesurer des changements quantitatifs, par exemple je vois qu'en un mois elle a poussé de quelques centimètres, et j'en conclus que du temps a passé. Mais si je vois des changements, je ne vois pas le temps, pourtant je crois pouvoir dire que le temps a exercé une action. En toute rigueur je ne peux penser... [Lire la suite]
26 mai 2017

COLOMB 1492 : poème

   Assis à la terrasse d'un café  Ma pipe aux aromates tropicales  Et devant moi  La mer, la mer, immensément, la mer !    Aventureux et magnifiques  Ils ont quitté l'abri du port,  Toutes les certitudes, ils ont osé  Lever le grand défi. Hélas, touchant terre,  1492, année fatale,   Ils abordèrent aux Amériques, et c'est là  Qu'ils sombrèrent, c'est là  Qu'ils trahirent leur âme, c'est là  Que remonta depuis les entrailles ... [Lire la suite]
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25 mai 2017

Le DIEU du TEMPS : poème

          Quand meurt le dieu       De belle mort, ou qu'il succombe       Aux quolibets de la foule, le deuil       Etend son linceul blanc sur la terre,       Mais l'esprit, épuré, concentré,       Après la longue nuit se change       Dans la marée muette des nuages       Des saisons cavalières,       Dans les ruées d'orage, à coups d'éclairs       En figure... [Lire la suite]
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16 mai 2017

LIGNES du TEMPS : Hymne

         La ligne du temps est brisée      Bifide, langue de serpent.        Ils posent un point zéro      Ils croient que le cumul avare      Dessine l'embellie magnifique      Rejoigne au loin le ciel.      Ils construisent les tours d'orgeuil,      Des habitacles sous la mer,      Ils croient que les choses s'avancent      Comme avancent les fleuves.  ... [Lire la suite]
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24 avril 2017

VITA CONTEMPLATIVA : méditation

  Plaisir de printemps. Les feuilles du square ont poussé joliment, découpent le bleu du ciel qui vibre, comme irréel, ouvrant sur l'infini. Quelques rares passants passent. Tout est calme, c'est la vie tranquille d'une modeste ville du Sud. Depuis quelques jours je suis comme suspendu dans un temps arrêté. Après bien des agitations, cette bonace est la bien-venue. Il faut que j'apprenne à composer avec le calme. Je m'aperçois que c'est plus difficile qu'on ne pense. On croit que l'on ne vit que d'espérer, de désirer, de... [Lire la suite]
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22 mars 2017

Dans la forêt, le temps : poème

    Il est parti pour la grande forêt   Auprès d'une douce rivière Entre mousse et feuillaison La brise va au long des joncs   Aux pieds du chêne millénaire Assis sur ses talons Ses pensées vont, passent et vont   Il se nourrit de l'air du temps Parfois la biche familière Vient manger dans sa main Il n'a cure du lendemain   Quand il parle aux oiseaux Il retrouve son coeur d'enfant L'ivresse des commencements   Le temps qui passe est immobile Chêne vieillard, roseau fragile Rien... [Lire la suite]
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22 décembre 2016

JEUNESSE et BEAUTE

  Schopenhauer écrit quelque part, j'ai oublié le contexte, quelque chose comme : mieux vaut la jeunesse sans beauté que la beauté sans jeunesse. Il vaut mieux les deux, que je sache, mais l'une des deux ne se peut maintenir quoi qu'on fasse. Le pire, peut-être, est de mimer la jeunesse quand elle est irrémédiablement flétrie. Quoi de plus ridicule qu'une vieille coquette ou un "vieux-beau". Ceux-là exhibent plus outrageusement encore ce qu'ils voudraient cacher, et leur sottise plus encore. D'une certaine manière on peut... [Lire la suite]
09 juillet 2016

AION et CHRONOS : que choisir ?

  Notre philosophie présente, ou ce qui en tient lieu, s'obnubile sur la question de l'homme, de la société, de la gestion économique et politique : anthropocentrisme et anthropocène, ce dernier terme, tout récent, définissant le surgissement d'une nouvelle ère géologique dans laquelle l'humanité, avec ses innombrables interventions technologiques, agit sur le milieu naturel comme un acteur à part entière, modifiant progressivement les équilibres et créant un monde inédit, mi-naturel mi-artificiel dont nous voyons déjà les... [Lire la suite]