22 avril 2020

VERTIGES DU MATIN : poème

    Entre deux vertiges   Je m'étonne d'être ici plutôt qu'ailleurs   Mais l'ailleurs est le rêve d'un rêve   Une chimère,   Où que l'on soit, on est toujours ici.     Chaque matin je m'étonne :   Oui c'est bien moi, je suis ici.   Pourtant je me posais doucement dans la nuit   Croyant que c'était la dernière,   Mais au matin   Je suis ici   Je vois le temps obscur qui me traverse   Et qui roule à bas bruit.       Cette... [Lire la suite]
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17 avril 2020

L'ARC et la CIBLE : méditation

  Le temps est l'arc du désir, et la flèche qui va. Mais quelle est la cible ? "Tu seras un homme mon fils !" "Je serai Chateaubriand ou rien" proclamait le jeune Hugo. Et chacun y va de sa faconde, s'exalte, s'enfle, s'enthousiasme. Il faut un but, qu'à cela ne tienne, on en trouve toujours. Et parfois viennent les heures noires : déception, découragement. Le but s'éloigne à mesure. Certains y arrivent, et se demandent après coup ce que vaut le résultat. Me voilà directeur, ou commissaire, homme en vue, flatté, envié. C'est... [Lire la suite]
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15 avril 2020

Tout à la fin il ne reste que l'ESPACE et le TEMPS

    "Tout à la fin il ne reste que l'espace et le temps". A la fin de quoi ? Des représentations imaginaires qui saturaient l'espace de crainte et d'espoir, selon le vecteur temporel du désir. Cela se voit fort bien dans la peinture d'autrefois qui organisait le champ perceptif autour d'un personnage central, qui, les yeux levés extatiquement vers le ciel, délivrait un message d'espérance : "vous qui souffrez ici bas du besoin, de l'insatisfaction, du désespoir, voyez là-haut, voyez par delà toutes vos misères, voyez la... [Lire la suite]
03 avril 2020

COUPERET

  Que faites-vous quand la mort frappe à votre porte ? Le verbe faire est particulièrement mal venu : on ne peut rien faire, et tout ce que l'on a fait, voulu faire ou cru faire est frappé d'inanité. C'était avant, cela n'est plus. Le couperet est tombé. Il a coupé la ligne du temps. Temps acéphale. On croyait que le temps menait quelque part, qu'un jour ou l'autre, avec de la patience, on y arriverait - où cela ? chacun a son idée là dessus, à la réussite, à la reconnaissance, à la fortune, au bonheur, mais voilà, quoi que... [Lire la suite]
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31 mars 2020

L' ART ET LE TEMPS

  Certains estiment que la fonction de l'art est de protester contre le temps qui emporte tout, en élevant des oeuvres qui résistent, qui durent, qui défient les siècles. C'est la logique qui présida à l'édification des pyramides, des temples ou des cathédrales - sauf qu'avant d'être des oeuvres d'art ce sont des monuments religieux et politiques, à la gloire des dieux et des rois. Mais les rois passent, et les dieux à leur suite, reste enfin le monument lui-même dont nous décidons qu'il est une oeuvre d'art. Les pyramides... [Lire la suite]
30 mars 2020

DE L' INSTANT CRITIQUE

  Quand tout peut vaciller d'un instant à l'autre, que devient l'instant ? Il se produit une sorte de déconnexion, un détachement par rapport au passsé et au futur, qui sont soudain dévitalisés, privés d'épaisseur et de signification. Qu'importe ce passé, aussi riche fût-il, qui peut basculer d'un coup dans l'inexistence, emporté dans le néant d'une nuit définitive. Si le présent bascule, le passé bascule à son tour, car il ne restera rien, du moins pour le sujet qui sombre. Quant au futur, comment pourrait-on envisager un futur... [Lire la suite]

20 mars 2020

Journal du 20 mars 2020

  Ce moment très particulier que nous vivons tous, ces temps-ci, a de quoi solliciter la curiosité des sociologues, ethnologues ou anthropologues. Pensez donc ! Une société entière sous cloche, on n'a jamais vu ça de mémoire d'homme ! Un laboratoire sociologique à ciel ouvert. Des comportements insolites, entre l'angoisse et la révolte, et demain peut-être, à de longues semaines de confinement insupportable, de cohabitation forcée, pourraient suivre de soudaines explosions d'agressivité, des épisodes dépressifs, des divorces en... [Lire la suite]
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22 octobre 2019

COMME FEUILLES... du mouvement et du temps

  Dans le trou il y a le sexe, qui ne remplit pas le trou, qui l'exalte. Le trou c'est le vide dans la structure, c'est par lui que se font les échanges. Le sexe est un opérateur. Le mouvement est éternel : ça entre et ça sort, sans début et sans fin. Rien ne commence, rien ne s'arrête, tout continue. La mort de l'un est la naissance de l'autre, à l'infini. Quelques-uns s'imaginent l'éternel retour du même. C'est une erreur de perception : le même se sépare de soi pour engendrer l'autre, qui ne revient jamais au même. ... [Lire la suite]
13 septembre 2019

DE LA VISION du TOUT : Anaximandre

  Tout est fait pour nous distraire, selon l'étymologie nous tirer de côté, hors de nous. Voilà qui arrange le commerce et l'industrie, les mouvements d'opinion, et l'Etat. Vivre hors de soi, à côté de soi, que voilà un joli programme ! Nous payons cher d'être membre d'une communauté, est-il bien nécessaire d'en rajouter ? Acquittons-nous de nos devoirs, mais sauvons la singularité. Par la pensée je suis chez moi, et par elle j'étends mon être aux dimensions de l'univers, et au delà, par de là tous les mondes possibles,... [Lire la suite]
27 août 2019

"LE TEMPS RAMENE LES PLAISIRS"

             "Sur les ailes du temps la tristesse s'envole                      Le temps ramène les plaisirs". Sagement La Fontaine signale l'action ambivalente du temps, qui détruit tout à terme, et ne cesse de créer de la nouveauté. Mais cette nouveauté n'aura de charme qu'à la faveur du plaisir. L'endeuillé n'a pas de plaisir - on parle, en langage psychiatrique, d'anhédonie ou d'anaphrodisie - parce que l'objet aimé, et perdu, monopolise... [Lire la suite]