10 novembre 2017

Le DEFI de la SINGULARITE

  La singularité, selon la belle formule de François Roustang ("La fin de la plainte", fin) est ce que je ne peux pas ne pas être, qui correspond à ma nature propre, qui l'exprime adéquatement. Mais cette définition, qui est exacte, est davantage virtuelle que réelle, parce que le cours ordinaire de la vie, avec ses errements  inévitables, ses concessions à la nécessité ou à l'obligation, a créé dans le sujet, presque toujours, de sensibles et regrettables déformations. Il est quasi imposible que le vrai Self ait pu se... [Lire la suite]

24 octobre 2017

Les DEUX POLES

    Ce qui se lit en filigrane dans la quête de Gauguin, comme dans beaucoup d'artistes et de poètes, c'est le mouvement rédrogradiant (plutôt que régressif) qui doit mener à l'origine. Et c'est moins l'origine de l'humanité, que Gauguin a cru entrevoir aux îles lointaines, que l'origine du sujet lui-même. Origine psychique, elle-même insaisissable, voilée de mystère, empêchée par mille circonstances, mille constructions secondaires, mille récits plus ou moins fallacieux, et qui pourtant hante le sujet en profondeur comme... [Lire la suite]
12 janvier 2017

QUI SE RACONTE DES HISTOIRES ?

  Ce qu'on appelle le moi pourrait s'interpréter comme la somme des histoires que se raconte un sujet. Histoires intimes, histoires du passé et du présent, projections imaginaires vers un avenir inconnaisssable, histoires d'amour, de haine et de vengeance, de bonheurs arrachés, de malheurs ruminés, de traumatismes au long cours, de rêveries languissantes ou agitées, histoires interminables, histoires à n'en plus finir... Jusqu'au dernier jour de la vie, jusqu'au dernier souffle, le moribond rêve encore, s'acharne encore à rêver,... [Lire la suite]
31 décembre 2016

DE l' ILLUSION FONDAMENTALE : le "sujet" et le monde

  Plus on découvre moins on voit. Cela pourrait illustrer la véritable nature de la connaissance, son mouvement et sa déconvenue. Mais que diable veut-on voir ? Ce qu'on appelle la science, du moins pour les moins naïfs, devrait se reconnaître là, confirmant les intuitions fondatrices de Démocrite : de ce qui est réellement, nous sommes à jamais loin. Toute avancée génère de nouvelles obscurités. Nous voici ramenés aux fondamentaux : le cerveau reptilien, la faim, la soif, la peur, la fuite et l'agression. Nous sommes des... [Lire la suite]
20 juillet 2016

Le SYMPTOME et le REEL

  Symptoma : étymologiquement, ce qui tombe ensemble, rencontre, accident (dans accident on retrouve le cadere latin, tomber) ; négativement ruine, désastre. Dans le langage médical le symptôme est le signe caractéristique qui accompagne une maladie, ex les symptômes de la peste. Repérer les symptômes et les relier dans un diagnostic est une qualité indispensable de l'art médical. En psychologie on parle également des symptômes de la névrose ou de la psychose. Mais c'est la psychanalyse qui a renouvelé l'approche, en déplaçant... [Lire la suite]
28 juin 2016

Du DETOURNEMENT SUBJECTIF

  En se détournant on laisse quelque chose derrière soi, on consent à une nouvelle séparation, qui ne va pas sans perte, et conscience de la perte. C'est un processus qui se renouvelle bien des fois dans le cours d'une vie, à partir de la première séparation par laquelle on se pose comme sujet dans le monde. A chaque étape cruciale du développement on retrouve à la fois l'angoisse de perdre, avec les incertitudes inévitables qui l'accompagnent, et le sentiment d'une libération, d'une ouverture à la nouveauté, d'une nouvelle... [Lire la suite]

02 mai 2016

DEVENIR SOI : la perte et le gain

  Je verrais volontiers trois phases successives dans l'existence, reconnaissant en sus qu'il est assez rare qu'un individu parcoure intégralement le cursus complet. Dans un premier temps le sujet, de par l'aliénation nécessaire du langage, se découvre déchiré entre ce qu'il est et ce qu'il voudrait être. Avec Lacan on peut à cet égard interroger l'épreuve initiatique du miroir, où le sujet se voit séparé de soi, et tout à la fois happé, séduit, induit en erreur par une image, celle que lui renvoie le miroir, image de totalité... [Lire la suite]
28 avril 2016

Des RELATIONS d' OBJET, et de la LOI

    Lacan parle quelque part de l"hainamoration". Voilà qui fâchera la midinette, et plus encore le cortège dithyrambique des inconditionnels de l'amour. "Aime ton prochain comme toi-même" peut-on lire sur le fronton des synagogues. La devise est belle, mais chimérique. Pourtant elle exprime en sous-main une constatation fort réaliste, celle-là, que chacun s'aime d'abord, plus que tout, et qu'il serait souhaitable de tirer autrui du néant où il est spontanément placé, pour lui conférer un peu de cette considération qui ne... [Lire la suite]
08 avril 2016

Le REEL du SUJET

  Ce que je voudrais exprimer ici est extrêmement difficile, et je ne sais si je puis y parvenir. Pourtant l'idée qui me travaille est de la plus haute importance, pour moi d'abord, bien évidemment, mais pour autrui tout aussi bien, en raison de son caractère universel. En principe, elle est de nature à éclairer tout un chacun, s'il veut bien s'en préoccuper, sur la nature ultime de la singularité, dont la subjectivité est la face apparente et manifeste. "Qui suis-je ?" est la question par excellence à laquelle chacun apporte la... [Lire la suite]
01 février 2015

OPERA de l'AMOUR et de la MORT : ACTE IV(fin)

        ACTE QUATRE : LES FLEURS DU SUJET              Le NARRATEUR     Les fleurs du sujet Dans l’univers qui s’effeuille Fleurent au matin S’épanouissent au soleil Tombent au soir qui flamboie.                    GUY   1 Sans aucun pont fixe Suis-je un errant du Tao Ivre en poésie, Un schizophrène en cavale Amoureux de l’impossible ? ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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