06 janvier 2020

DE L' INSIGNIFIANCE

  Insignifiant - le dictionnaire nous dit : sans importance, sans valeur. Certes, mais le sens premier est : qui ne fait pas signe - définition bien plus intéressante. Si je dis que l'histoire de l'humanité est insignifiante, je dis bien sûr qu'elle est de peu d'importance au regard du Tout, mais aussi : elle ne signifie rien, elle n'a pas de sens, elle ne fait pas signe vers une autre instance qui pourrait recueillir son message, y répondre par un autre signe. C'est cette absence de répondant qui nous semble insupportable,... [Lire la suite]

13 novembre 2017

L' OUBLI VAILLANT

  Dans les traces récurrentes de notre histoire, que lisons-nous, si ce n'est la présence, en pointillés, d'un sujet absenté, d'une ombre mobile, qui, à sa manière, ellyptique et énigmatique, témoigne de la persistance d'un projet, d'un acharnement à vivre, malgré tout, malgré le jeu obscur où il se perd. Existence à demi avortée, où l'on peut lire pourtant, en filigrane, la persistance du désir, dont le résultat pur serait de se reconnaître lui-même. Cette issue n'est nullement garantie, mais elle est possible, au prix bien sûr... [Lire la suite]
15 avril 2014

Le ROMANCIER face à la CARENCE SYMBOLIQUE : Ryu MURAKAMI

      "La littérature ne doit pas exercer d'hégémonie sur des gens dépourvus de mots. Elle ne doit pas non plus se satisfaire en se calquant sur cette vacuité. La littérature doit s'efforcer, par la force de l'imagination et la structure d'une histoire, de traduire les mots de ces gens-là". (Ryu Murakami, "Lignes", postface) Dans son roman "Lignes" Ryu Murakami présente une suite de personnages asociaux, brutaux, frustes, ravagés par un passé inassimilable, jetés dans les pires addictions, incapables de construire... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:59 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
03 mai 2013

De la LANGUE comme DEMEURE

    "Un signe nous sommes, privé de sens Sans douleur nous sommes, et avons presque Perdu la langue à l'étranger" (Hölderlin, Mnémosyne).   Un signe, mais quel signe, et de quoi? De l'Ouvert, dirai-je, sans rien affirmer. Et j'entends du même mouvement la phrase d'Héraclite :"Le dieu qui est à Delphes ne montre ni ne cache, mais fait signe". Ce  qui est plus énigmatique chez Hölderlin c'est que nous soyons un signe, que notre destin ne soit pas de le porter ou de l'habiter, mais de l'être, si toutefois... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 17:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
16 juillet 2010

Du SAVOIR de la MELANCOLIE : réel et signifiant

Dans les représentations artistiques de la mélancolie, comme dans la fameuse gravure de Dürer, le sujet est grave et solitaire, la tête légèrement inclinée, la joue posée sur la main gauche, le regard fixant un point précis, indéterminable pourtant, comme si un objet mystérieux, totalement invisible, concentrait toute son attention, en une sorte de rêverie douloureuse.  Très évidemment, les lois de la perception ordinaire sont ici ignorées : le spectateur sent à l'évidence que ce sujet est absent du monde, étranger aux choses et... [Lire la suite]