06 janvier 2020

DE L' INSIGNIFIANCE

  Insignifiant - le dictionnaire nous dit : sans importance, sans valeur. Certes, mais le sens premier est : qui ne fait pas signe - définition bien plus intéressante. Si je dis que l'histoire de l'humanité est insignifiante, je dis bien sûr qu'elle est de peu d'importance au regard du Tout, mais aussi : elle ne signifie rien, elle n'a pas de sens, elle ne fait pas signe vers une autre instance qui pourrait recueillir son message, y répondre par un autre signe. C'est cette absence de répondant qui nous semble insupportable,... [Lire la suite]

31 décembre 2019

Le DIRE de la POESIE

  Spontanément ma nature me porte plus vers la musique et la poésie que vers la peinture. Je suis un auditif plus qu'un visuel. La poésie elle-même est un art auditif : les vers d'Homère étaient chantés en public - voir l'"Ion" de Platon qui nous présente un rhapsode expert dans l'art de faire résonner le texte, mimant et gesticulant, suscitant la passion de l'auditoire. La tragédie comportait de nombreuses pièces chantées, accompagnées de la flûte. Mais par la suite la poésie est devenue une branche de la littérature, que l'on... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:51 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
18 octobre 2019

De la SIGNIFICATION

    Fatigue chronique ou dépression larvée, je vois que souvent les mots glissent à la surface de la conscience, vague bruitage inconsistant, sans drainer la moindre représentation mentale. En termes techniques, la suite des signifiants (le versant sonore) se désolidarise du signifié (l’image mentale) pour acquérir une sorte d’autonomie monstrueuse. En principe le rapport du signifiant au signifié est nécessaire, bien qu’immotivé, conventionnel, et c’est ce rapport qui fait la nature spécifique du mot. Que serait un mot... [Lire la suite]
06 septembre 2019

DE LA PAROLE QUI DIT VRAI : parrhèsia

  Toutes nos diciplines mentales sont des variations autour de quatre termes : le sens, le savoir, la vérité, le réel. La pensée et la conduite religieuses s'organisent autour du Sens, promeuvent et imposent le Sens. Les sciences construisent un savoir méthodiquement légitime, qui évolue au fil de l'histoire. La philosophie, qui se veut amour de la vérité, balance entre deux positions irréconciliables, aplatissant tantôt la vérité sur le sens, ce qui en fait une variété d'idéologie, et tantôt articulant clairement la vérité à... [Lire la suite]
05 septembre 2019

CE QUI N'ARRANGE PAS NOS AFFAIRES - de la vérité

  Le sujet-philosophe tire son honneur de se référer à la vérité. S'y  référer n'implique nullement de la posséder, ce qui du reste est à la fois grotesque et impossible. Se référer c'est juger des choses et de soi à la lumière obscure de la vérité. Pour bien saisir l'originalité de cette démarche il faut séparer la vérité du savoir et du sens. La volonté de sens définit la position religieuse, présente bien sûr dans la religion, mais aussi dans l'idéologie, cette religion profane, voire dans les discours communs, la... [Lire la suite]
18 septembre 2017

De la MORT de MACBETH : l'absurde

  "Demain, puis demain, puis demain glisse à petits pas de jour en jour jusqu'à la dernière syllabe du registre du temps ; et tous nos hiers n'ont fait qu'éclairer pour des fous le chemin de la mort poudreuse. Eteins-toi, éteins-toi, court flambeau ! La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien..." Pour Macbeth, victime consentante d'une... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

02 septembre 2014

La PSYCHOSE HEIDEGGER

                                                                                         Chaque fois que j'entreprends la lecture d'un essai de Heidegger, je fais la même expérience pénible. J'aborde l'ouvrage de front, plein de bonne volonté, décidé à mettre de côté toute prénotion et prévention, pour lire le... [Lire la suite]
31 août 2014

La PSYCHOSE HEIDEGGER III

        Clément Rosset, exposant Lucrèce, faisait remarquer que cet auteur est une extraordinaire exception dans le champ de la littérature philosophique, en ce que, le seul peut-être, il ait su exposer "la nature des choses" sans le moindre ajout idéologique, sans tartufferie, sans moraline, sans finalisme, ou autre tartine spiritualiste, texte pur, vierge, net, au plus près du réel, réalisant l'oeuvre quasi impossible de dire sans trahir. Je pense de même, constatant par expérience combien il est difficile... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:21 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
27 mars 2014

DECHIFFRER l' ENIGME : SCHOPENHAUER

    Schopenhauer, dans sa prime jeunesse, s'avise que la vie est une énigme et décide de consacrer la sienne à la déchiffrer. Ce déchiffrement s'exposera dans "Le monde comme volonté et représentation", son oeuvre majeure, à vrai dire l'unique, si lui même déclare être l'auteur d'une unique pensée, d'une unique intuition.  Déchiffrer c'est chercher le chiffre, la clé qui ouvre : "ce n'est pas du dehors qu'il nous faut partir pour arriver à l'essence des choses ; on aura beau chercher, on n'arrivera qu'à des fantômes... [Lire la suite]
02 janvier 2012

Du TEMPS VECU, et du NON-TEMPS

Nous sommes spontanément orientés vers le futur, happés par le futur. Comme dit Pascal nous espérons de vivre, et oublions de vivre le présent, qui n'est qu'un intervalle plus ou moins fâcheux. De là résulte que nous ne vivons jamais. Mais cette disposition est commune et quasi invincible, au point que ce sera un signe pathologique si le sujet ne se plie à cet usage. Le futur c'est le temps du désir. Le Moderne, toujours enclin à valoriser le désir, y verra la condition fondamentale de l'existence : projet, anticipation, tension. Se... [Lire la suite]