16 octobre 2018

De la MALADIE de l'AME : Diogène d'Oenanda

  "Voyant que la plupart des hommes sont malades de fausses opinions sur les choses et n'écoutent pas le corps, les plaintes importantes et justes qu'il porte contre l'âme, à savoir que, par elle il est tourmenté injustement, accablé et entraîné vers des choses non nécessaires....nous avons voulu venir au secours des hommes de bonne composition". Dans ce passage Diogène d'Oenanda nous livre un diagnostic médical : la maladie vient d'un enflure de l'âme lorsqu'elle se laisse aller à des aspirations infinies qui nous vouent à... [Lire la suite]

08 octobre 2018

IMPLICATIONS PYRRHONIENNES : un joli massacre !

  Je m'essaie à tirer toutes les implications, théoriques et pratiques, de la perspective pyrrhonienne, quitte à franchir quelques frontières : peut-être même mes élaborations vont-elles faire grincer des dents, arracher des hoquets - notammant à quelques traditionalistes, s'il s'avérait, le fait est improbable, qu'ils fréquentassent mes écrits ! L'idée qui m'est venue est si extravagante que j'hésite à la communiquer, mais enfin s'il n'y a pas de gêne il n'y a pas de plaisir. En fait cette idée nouvelle m'est venue au souvenir... [Lire la suite]
28 septembre 2018

EROTIQUE de la SURFACE

  L'éthique, dans sa formulation ultime, consiste à abandonner la traître séduction des profondeurs pour la clarté des effets de surface. "Ad luminis oras". Pensée du matin clair. Conversion à la lumière infinie. Poésie de l'apparence. Ethique de la peau. D'où une érotique tout autre, loin de la normopathie ordinaire, consacrée par le discours religieux, sanctifiée par la morale. L'érotique traditionnelle est rabattue sur la sexualité. Or sexus, c'est sectus, section, coupure, blessure, découpe. La continuité originaire du... [Lire la suite]
03 août 2018

PSYCHANALYSE, SAVOIR et TRANSMISSION

  Je demandais hier : que restera-t-il de la psychanalyse dans vingt ans ?  Le fondement ultime de la démarche freudienne était ce rêve très ancien, dont il a su renouveler la formulation et la méthode, de connaître pour guérir, de faire de la connaissance un levier thérapeutique efficace. Ce projet s'inscrit dans la lignée des grandes sagesses traditionnelles : "connais-toi toi même - et tu connaîtras l'univers et les dieux", sauf qu'ici il n'est question ni de l'univers ni des dieux. Le champ d'exploration est... [Lire la suite]
17 juillet 2018

SOUFFRIR POUR COMPRENDRE : ESCHYLE

  Paroles du Choeur dans l'"Agamemnon" d'Eschyle : "L'homme qui, de toute son âme, célèbrera le nom triomphant de Zeus aura la sagesse suprême. Il a ouvert aux hommes les voies de la prudence, en leur donnant pour loi : "Souffrir pour comprendre". Quand, en plein sommeil, sous le regard du coeur, suinte le douloureux remords, la sagesse en eux, malgré eux, pénètre. Et c'est bien là, je crois, violence bienfaisante des dieux assis à la barre céleste". Souffrir pour comprendre. Il est vrai sans doute que celui qui dispose de... [Lire la suite]
15 août 2017

Le CHANT DES ORIGINES : Chant second (2)

                                  CHANT SECOND                               2         Mon désir, mon grand, mon seul authentique désir       Est de prendre mon rang dans la Grande Lignée       De ces immenses penseurs et poètes       Qui font la lumière de l’humanité, depuis      ... [Lire la suite]
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07 juin 2017

SEUL FACE AUX DIEUX : Epicure et Bouddha

  Sur la question de l'existence ou de la non-existence des dieux, je vois trois attitudes possibles : y croire, s'y opposer, ou alors, fort élégamment, déclarer qu'on ne sait pas, et qu'au fond la question est sans grand intérêt. Epicure s'est rendu célèbre, entre autres choses, par une attitude fort cavalière à cet égard, en propulsant les dieux dans l'éloignement incommensurable des intermondes, où ils jouissent, c'est évident, de la vie bienheureuse et incorruptible, sans se soucier une seconde de ces hommes qui les... [Lire la suite]
26 avril 2017

Que signifie "SAGESSE"?

  Si le mot "philo-sophie" a un sens, il désigne clairement son objet et sa visée : sophia, que nous rendons fort improprement par "sagesse", mot insipide et galvaudé qui évoque je ne sais quelle mièvrerie de sentiment, quelle réduction pathétique de l'instinct de vie. Les Grecs ne l'entendaient pas ainsi. Le mot avait encore, à cette époque, une valeur d'énergie et de courage, que nous retrouvons également dans l'"arètè" cette excellence de la pensée et de la conduite, que nous avons affadie outrageusement dans la notion de... [Lire la suite]
23 février 2016

Des ENSEIGNEMENTS GRADUELS

  Epicure disait : la sagesse et l'amitié. La sagesse comme philo-sophia, amour de la sagesse, mais aussi, complémentaiement, sagesse d'amour, sophophilia. Il vient un moment où ne suffit plus la recherche de la vérité propre, ni même le contentement né de l'autarcie, entendue comme accès à la gouvernance de soi-même. A quoi bon une sagesse strictement solitaire, même s'il est patent qu'il faille bien commencer par là, et que nulle conduite correcte à l'égard d'autrui ne puisse advenir sur le terrain miné de l'aveuglement et de... [Lire la suite]
26 mars 2015

La SAGESSE NUE

  Nos "sagesses" parlent trop, veulent en dire plus qu'il ne faudrait, imaginant ce qui fait défaut, et, comme dit Heine, "bouchant les trous de l'édifice unversel" - avec des constructions substitutives destinées à faire sens, pour des hommes assoifés de sens. D'où les conseils thérapeutiques, exhortations, mises en garde, prescriptions et consolations qui remplissent les manuels : "soutiens et abstiens-toi", "accorde ton esprit à la raison universelle", "régule les passions qui te détournent de la vraie vie ", etc, etc. Je ne... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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