08 mai 2017

POISSON DANS UN BOCAL : méditation

  J'aime bien cette phrase de Nietzsche qui exprime à merveille mon état présent : "L'avantage de la mauvaise mémoire est qu'on jouit plusieurs fois des mêmes choses pour la première fois". C'est ainsi que l'on peut comprendre qu'un poisson qui tourne indéfiniment dans le même bocal, entre les mêmes parois et les mêmes plantes aquatiques, ne semble pas avoir la moindre envie de suicide. Mais non, il continue bravement de tourner dans le même cercle, s'émerveillant d'être si agile et de rencontrer indéfiniment une nouveauté... [Lire la suite]

21 avril 2015

VRAIE ou FAUSSE REPETITION ? - Schopenhauer

    "Eadem, sed aliter " - les mêmes choses, mais autrement, c'est la formule attitrée de Schopenhauer. "Le même" c'est évidemment le vouloir vivre. "Autrement" c'est l'apparence de variété, l'illusion de renouvellement. Sous de nouveaux costumes c'est l'éternelle tragi-comédie de l'existence, l'inchangeable nature humaine, mêmes passions, mêmes intérêts, mêmes déboires et afflictions. Mais on pourrait envisager la chose autrement, et je ne sais trop si Schopenhauer y a songé, mais cela reste résolument dans l'esprit de... [Lire la suite]
12 avril 2015

SCHOPENHAUER : éternel retour du même

    "Voilà les hommes : des horloges ; une fois monté cela marche sans savoir pourquoi ; à chaque engendrement, à chaque naissance, c'est l'horloge de la vie humaine qui se remonte, pour reprendre sa petite ritournelle, déjà répétée une infinité de fois, phrase par phrase, mesure par mesure, avec des variations insignifiantes" Schopenhauer (MVR, p 406) Les "variations" dont parle le texte sont les apparences, les modes, les idéologies, les systèmes politiques, les morales sociales. Tout cela donne l'impression de... [Lire la suite]
28 janvier 2015

ECARTELEMENTS IX- TOURBILLONNAIRES

        TOURBILLONNAIRES         Tout s’effiloche Les choses s’effilochent Rien n’est à sa place Pas de  référent, de point fixe De support, Tout flotte, Ce qui est pourrait ne pas être Je vis, je pourrais ne pas vivre Rien ne commence, rien ne finit.   Le mot ne colle pas à la chose Rien ne colle à rien Plus rien ne colle Tout de défait lentement sans périr La chose qui est une chose se défait comme chose Sans cesser d’être chose Sans cesser de se défaire ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 08:52 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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19 avril 2013

Du TEMPS PSYCHIQUE, et de la sublimation

      Nous sommes obsédés, conditionnés jusqu'à la moelle par le temps linéaire, du calendrier, de l'affairement, coinçés, croyons-nous, entre deux termes infiniment rapprochés et qui se rapprochent encore, jusqu' à l'étouffement. Il y va de notre faute. C'est l'esprit du temps, ce non-esprit qui se hâte, se précipite vers le terme, qui, à peine atteint, déjà se reporte vers autre chose. Et nous voilà constamment hors d'haleine, coeur battant, corps malade. C'est une étrange folie dont la presse, dans... [Lire la suite]
30 novembre 2012

De l'AUTOMATISME PSYCHIQUE : le SAMSARA

            Le samsâra c’est le cycle interminable de la naissance et de la mort dont l’Oriental aspire à se délivrer. Pour nous cette conception métaphysique est pour le moins obscure, voire absconse. Mais nous pouvons la mieux comprendre en examinant très prosaïquement le fonctionnement psychique, sitôt que nous acceptons de considérer les mécanismes de répétition qu’un Freud par exemple avait repérés, et qui causent tant de dommages. Répétitions d’échecs, (« Comment réussir à échouer »... [Lire la suite]

10 janvier 2012

De l'EVENEMENT et du DESIR

      J'invite le lecteur, avant d'aborder ce texte, à lire un article précédent : "De l'évènement et de l'énigme" du 8 janvier, sans quoi l'intelligence de celui-ci sera presque impossible. Il s'agit en effet d'une suite rhapsodique dans laquelle comptent tous les éléments.                                                               I      ... [Lire la suite]
11 août 2010

COMMENT DISTINGUER BESOIN ET DESIR

Désir ou contrainte psychique, qu'est ce qui détermine la répétition? Un peu vite on décrète que c'est la contrainte, l'addiction, le besoin compulsif de recréer les conditions de l'apaisement, pour éliminer l'angoisse. Mais le désir a lui aussi ses exigences, parfois drastiques et exclusives. Dès lors existe-t-il un critère de différenciation? Est-ce par désir que je me précipite sur ma machine, à l'orée du jour, ou par besoin? Je constate un enchevêtrement inextricable qui me jette dans une douloureuse incertitude. D'autant que, de... [Lire la suite]
29 juin 2010

De la REPETITION : LUCRECE et SCHOPENHAUER

"Je n'attends plus rien". Cela peut s'entendre de deux manières très différentes. Taedium vitae ou intelligence supérieure. Soit, je suis blasé, j'ai fait le tour de ce qui mérite quelque attention, je n'ai plus d'intérêt particulier pour rien, d'ailleurs "les choses sont toujours les mêmes". Cette tonalité se trouve abondamment dans Marc-Aurèle, partisan de l'Eternel Retour du Même, dans l'Ecclésiaste ("Rien de nouveau sous le soleil"), parfois même chez Lucrèce, dont la mélancolie n'est plus à démontrer, et bien sûr chez... [Lire la suite]
04 août 2009

DERIVE et DELIRE : de la PULSION

La pulsion c'est la poussée : Trieb, disait freud, comme Drive en anglais, dé-rive. Une force s'exerce, du fond de l'inconscient, voire du corps, comme un "travail", une activation d'énergie. En-ergeia : mise en branle d'une "opération, d'une action". Quelque chose pousse et travaille qui cherche à se manifester au dehors. Un mouvement-hors, mais hors de quoi? Trop vite serait de dire hors du Moi. Disons plutôt, approximativement, hors de la structure figée de la répétition. Quelque chose veut sortir, prendre le... [Lire la suite]