02 juin 2017

De la PERTE et du RETOUR : NERVAL

  Les poètes n'ont pas attendu les déclamations tonitruantes de Nietzsche pour s'apercevoir que Dieu était mort. Dans les années 1850 Nerval écrit la suite des sonnets qui formeront "Les Chimères", d'une fascinante beauté, impénétrable, énigmatique. Je voudrais donner ici quelques extraits, trop rapides, de deux sonnets publiés sous le titre "Le Christ aux oliviers" - remarquables comme chacun pourra voir. Jésus est dans la nuit profonde de l'angoisse pendant que ses disciples dorment :        "Ils... [Lire la suite]

31 mai 2017

ELOGE de la POESIE

  Si l'on me demandait ce qu'est pour moi la philosophie, je dirais, me référant à l'étymologie, et à la pratique des Anciens : philo-sophie, en deux mots, c'est bien l'amour de la sagesse, et que par sagesse j'entends vivre en qualité, ou si l'on veut en excellence, autant qu'il est possible. Jeune, j'aurais peut-être dit : en intensité, car l'intensité est le propre de la jeunesse qui veut tout voir et tout expérimenter. A présent je me range à une modalité plus modeste, l'intensité m'est plus néfate que bénéfique. Mais la... [Lire la suite]
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17 mai 2017

POESIE et PHILOSOPHIE

  Question classique : est-il possible d'exprimer des idées en poésie sans tomber dans l'artifice, le verbiage ou l'intellectualisme ? Il est de bon ton de condamner "la poésie philosophique", et il est bien vrai qu'il existe peu d'oeuvres de ce genre, à ma connaissance, qui soient dignes d'être lues et retenues. Le maître en l'espèce, incontestablement, peut-être le seul qui y ait réussi pleinement, c'est Lucrèce. Je m'y réfère constamment, remarquant au passage que les citations de Lucrèce sont les plus abondantes dans les... [Lire la suite]
10 mai 2017

VIVRE EN POESIE

  Ce fut pour moi une extraordinaire expérience, à laquelle je reviens toujours, retrouvant chaque fois quelque chose de cet étonnement premier qui m'avait saisi jusqu'au fond de l'âme : ainsi donc il existe une dimension supérieure, un monde où l'on respire à pleins poumons, où le coeur s'exalte, où la beauté se donne dans les mots les plus ordinaires, où l'on peut sans peine se réconcilier avec la nature infinie, la poésie ! C'est un émerveillement sans cesse recommencé, et une tâche, une exigence, une sorte de devoir : "agis... [Lire la suite]
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12 avril 2017

De la FORME en POESIE

  Je cherche une forme infiniment souple, ouverte, polychrone qui puisse mêler tous les tons, tous les styles, du plus sublime au graveleux, épouser toutes les sensations, écluser toutes les mémoires, brasser toutes les idées, hypothèses et conjectures, le tout dans une rhapsodie insolite, bariolée, multicolore et musicale. Ces temps-ci, dans un effort de dépassement des ordres conventionnels, je passe de la prose à la poésie, selon l'humeur et la nécessité intérieure, sans autre considération de bienséance, mais le fin du fin... [Lire la suite]
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29 mars 2017

POESIE, ma douleur, mon amour

  Poésie, ô ma douleur ! J'entendais chanter dans ma tête quelques vers à demi oubliés :        "Il est des gens de toutes sortes       Ils n'égalent pas leur destin..." De Guillaume Apollinaire, bien sûr, et je cherchais laborieusement la suite :       "Indécis comme feuilles mortes        Leurs yeux sont des feux mal éteints        Leurs coeurs bougent comme leurs portes". ("Marizibil", dans Alcools) Cela chante... [Lire la suite]
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09 mai 2016

DE L' ETRANGETE : Rilke, Elégies à Duino

  "Il est étrange, certes, de ne plus habiter la terre, Ces coutumes à peine apprises de ne plus les suivre, Aux roses, et à d'autres choses prometteuses De ne plus donner le sens d'un devenir humain ; Ce qu'on était dans des mains infiniment anxieuses De ne l'être plus, et même le nom propre De le laisser comme un jouet brisé. Etrange de ne plus désirer plus avant les désirs. Etrange De voir ce qui était en rapport flotter libre dans l'espace. Etre mort est pénible et plein de reprises Jusqu'à ce que l'on sente peu à... [Lire la suite]
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13 janvier 2015

DESIR de SAPPHO - poésie 6

    Saisissez le titre du message Insérer :      Police   Taille police                                                                          ... [Lire la suite]
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16 décembre 2014

CORPS-UNIVERS (fin)

                       15             J'ai traversé le sexe de la Mère           Ce lalyrinthe aux mille bras             Plus de peur           De mystère           Tout secret éventé             Ah qu'importe le temps, la mort           De toutes parts, je suis    ... [Lire la suite]
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01 décembre 2014

POURQUOI DES POETES ? L'ART DE LA LANGUE

    La Grèce ne commence vraiment qu'avec Homère. C'est la poésie qui dessine l'espace mental d'une culture naissante, fixe les cadres essentiels de la représentation collective, nomme le monde, les dieux et les héros, qualifie l'existence des hommes, son origine, sa place et sa destination. Tout part de là, et tout se répète, jusque dans les innovations, qui approfondissent plus qu'elles ne renouvellent. Pour les Grecs, même à l'époque tardive, apprendre et réciter Homère constituait l'essentiel de la "paideia",... [Lire la suite]
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