27 août 2019

"LE TEMPS RAMENE LES PLAISIRS"

             "Sur les ailes du temps la tristesse s'envole                      Le temps ramène les plaisirs". Sagement La Fontaine signale l'action ambivalente du temps, qui détruit tout à terme, et ne cesse de créer de la nouveauté. Mais cette nouveauté n'aura de charme qu'à la faveur du plaisir. L'endeuillé n'a pas de plaisir - on parle, en langage psychiatrique, d'anhédonie ou d'anaphrodisie - parce que l'objet aimé, et perdu, monopolise... [Lire la suite]

09 mai 2019

Du PLAISIR d' ABANDON : méditation

  Le jeune aime l'âpre et le dur. Le moins jeune aime le tendre et l'aimable. Les amours du vieillard ont je ne sais quoi de vif et d'amer, printemps tardif au coeur de l'automne. Comme ces grappes oubliées lors de la récolte, qui font le délice du glaneur. " Et je ne sais quoi d'amer jusque dans le calice des fleurs". Le vieillard amoureux nous fait rire, n'est-il pas ridicule de jouer au jeune homme quand on est un barbon ? Mais lui ne se sent pas ridicule, son coeur est jeune encore, croît-il, hélas, bientôt son corps le... [Lire la suite]
21 novembre 2018

Du PLAISIR : ARISTIPPE de CYRENE

  Il est de bon ton, depuis l'Antiquité, de déverser un mépris souverain sur Aristippe et ses successeurs "cyrénaïques", au motif qu'il est indigne d'un philosophe de faire l'apologie inconditionnelle du plaisir, plus encore d'avoir déclaré que le plaisir est un mouvement corporel, que plaisir et douleur se ramènent en dernière analyse à des mouvements corporels. De fait, Aristippe inaugure une réflexion féconde sur la nature, la source, et la valeur des affects, qui inspirera, parfois à contresens, pyrrhoniens et épicuriens.... [Lire la suite]
20 juin 2018

L'ACADEMIE et le JARDIN

  Sur le fronton de l'Académie de Platon on pouvait lire : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre". A l'entrée du Jardin d'Epicure : "Passant, tu peux peux rester ici, le plaisir seul y donne des lois".   Tout est dit. A celui cependant qui demanderait pourquoi il faudrait des lois au plaisir, il sera répondu que l'homme est hélas le plus souvent incapable de gérer la tourmente de ses désirs, et qu'il lui faudrait une mesure, un principe directif, non point fondés sur quelque autorité externe, mais sur la juste... [Lire la suite]
18 mai 2018

Du PLAISIR comme PRINCIPE

  En allemand la joie se dit "Freude" - voilà qui devait ravir le cher Sigmund ! Et dessiner pour lui un certain destin, un fatum comme on dit en latin, qui signifie originellement "le dit" (de fari, dire). Les Muses, au chevet du nourrisson, ont édicté le signifiant-maître qui dorénavant guiderait les pas de l'enfant, puis de l'adulte. On se demandera si Freud saura se montrer digne de cette vocation, dans sa vie et dans son oeuvre, ce qui n'est évident ni pour l'une ni pour l'autre. S'il est bien vrai qu'elles commencent en... [Lire la suite]
16 mai 2018

De la JOUISSANCE du SYMPTOME

  D'aucuns parlent de la jouissance du symptôme. Hélas, pauvre jouissance, piteuse, calamiteuse et écornée. Un tel rampe dans l'hypocondrie, un tel s'obsède et se déprime, tel autre bichonne ses petits maux d'estomac, rumine ses déboires. Jouissent-ils ? C'est à voir. Mais tous répètent, et cela, d'une certaine manière, en dépit des douleurs, est jouissance. Grâce à quoi le monde est comme il est, cela lui donne un petit air de "déjà vu" qui ne va sans charme, et qui rassure. Et puis les douleurs sont valeurs dont on parle,... [Lire la suite]

25 janvier 2018

LE DELICE DES FLEURS : LUCRECE

    "Pauvres esprits des hommes, ô coeurs aveugles !   Dans quelles ténèbres et dans quels dangers   S'écoule ce petit rien de la vie ! Ne vois-tu pas   Que ce que réclame le cri de la nature n'est rien d'autre   Que pour le corps l'éloignement et l'absence de la douleur, et pour l'âme   Une sensation de jouissance, délivrée de souci et de terreur ?   Nous voyons donc que pour la nature du corps bien peu de choses   Sont nécessaires pour enlever la douleur   Et faire aussi le... [Lire la suite]
22 janvier 2018

HUMEUR,VALEUR : idiosyncrasie et vérité

  Jour après jour je reviens : où donc étais-je, dans quelle brume de noirceur et de moiteur ? Pourtant cela aussi était de quelque réalité, cela aussi avait sa logique, sa véracité, sa vérité. Quand l'âme est valide et le corps content il en découle une certaine vision du monde, qui a sa réalité : mais le défaut qui s'y attache  est de nous faire croire qu'il s'agit là d'une norme du vrai et que cet état est destiné par nature à durer toujours. On s'habitue au plaisir, on finit par croire qu'il est l'essence de notre... [Lire la suite]
07 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant cinquième : 3

                 3     Ton ventre nu dessine une rosaceDe lumineuse incarnationOù dansent, fugaces, les constellations, Au dessus du bocage exquisement fenduBocage où rêvent la douceurLa candeur, le douloir, le nonchaloir,Où le corps exulté se repose Après l'orage. Autres tempsAutres plaisirs, autres tourments Mais la source des plaisirs ne tarit jamaisLes eaux s'écoulent, toujours nouvellesTantôt fortes, rapides, irrésistibles,Bruissantes comme ruisseaux de montagneEt... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 08:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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05 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant sixième 5

            5   Corps-espritUnique danse,Et si parfois courage manqueEt si le désespoir à l'occasionNous saisit et nous glace,Si de sentir toute la douleur du mondeNous étreint, nous écraseSi d'instant en instant notre vie nous échappe,Si nous glissons comme un navire démâtéSur l'océan insensible du temps,- Redresse-toi mon âme, souviens-toiQue toute chose, belle ou laide, se décompose,Souviens-toi que ce moment présentJamais ne reviendra,Que la douleur autant que le plaisirPasse comme passe le... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 20:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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