23 janvier 2021

Le CHANT des ORIGINES : Chant cinquième : 3

                 3     Ton ventre nu dessine une rosaceDe lumineuse incarnationOù dansent, fugaces, les constellations, Au dessus du bocage exquisement fenduBocage où rêvent la douceurLa candeur, le douloir, le nonchaloir,Où le corps exulté se repose Après l'orage. Autres tempsAutres plaisirs, autres tourments Mais la source des plaisirs ne tarit jamaisLes eaux s'écoulent, toujours nouvellesTantôt fortes, rapides, irrésistibles,Bruissantes comme ruisseaux de montagneEt... [Lire la suite]
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21 janvier 2021

Le CHANT des ORIGINES : Chant sixième 5

            5   Corps-espritUnique danse,Et si parfois courage manqueEt si le désespoir à l'occasionNous saisit et nous glace,Si de sentir toute la douleur du mondeNous étreint, nous écraseSi d'instant en instant notre vie nous échappe,Si nous glissons comme un navire démâtéSur l'océan insensible du temps,- Redresse-toi mon âme, souviens-toiQue toute chose, belle ou laide, se décompose,Souviens-toi que ce moment présentJamais ne reviendra,Que la douleur autant que le plaisirPasse comme passe le... [Lire la suite]
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05 décembre 2020

Eloge du minimum : phie de la non-pensée

                                ELOGE  DU  MINIMUM                                                                    I         L’excellent Schopenhauer, dès son adolescence tourmentée, décrétait vouloir... [Lire la suite]
10 avril 2020

MENAGER SES PLAISIRS : Saint-Evremond

  Lu dans Saint-Evremond : "Nous avons plus d'intérêt à jouir du monde qu'à le connaître". Le terme d'"intérêt" peut prêter à confusion, car à tout prendre, il n'y a jamais rien à gagner dans cette jouissance, sauf à être partie prenante (inter-esse), à s'y engager, à s'y investir. On ne saurait accumuler les plaisirs puisque le plaisir passe selon le mouvement, qui le fait naître, durer et disparaître. Mon plaisir d'hier ne peut valoir pour aujourd'hui, et, en toute rigueur, chaque jour tout recommence. Il n'existe pas de somme... [Lire la suite]
06 février 2020

CORPS-UNIVERS : POESIE 3 (recueil, 1 à 4)

           CORPS UNIVERS                 ARGUMENT   Formes dissoutes,images disloquées Dans la déroute du corps-arbre, du corps-maison, de l'architecture ordinaire qui magnifie l'unité et le sens, je ne vois nulle tristesse, mais l'aube d'une nouvelle histoire qui porterait dans l'ordre humain les brillantes révolutions de l'astrophysique, parachevant la décentration initiée par la science. Dissous dans l'univers, mêlé aux milliards de courants de la... [Lire la suite]
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27 août 2019

"LE TEMPS RAMENE LES PLAISIRS"

             "Sur les ailes du temps la tristesse s'envole                      Le temps ramène les plaisirs". Sagement La Fontaine signale l'action ambivalente du temps, qui détruit tout à terme, et ne cesse de créer de la nouveauté. Mais cette nouveauté n'aura de charme qu'à la faveur du plaisir. L'endeuillé n'a pas de plaisir - on parle, en langage psychiatrique, d'anhédonie ou d'anaphrodisie - parce que l'objet aimé, et perdu, monopolise... [Lire la suite]

09 mai 2019

Du PLAISIR d' ABANDON : méditation

  Le jeune aime l'âpre et le dur. Le moins jeune aime le tendre et l'aimable. Les amours du vieillard ont je ne sais quoi de vif et d'amer, printemps tardif au coeur de l'automne. Comme ces grappes oubliées lors de la récolte, qui font le délice du glaneur. " Et je ne sais quoi d'amer jusque dans le calice des fleurs". Le vieillard amoureux nous fait rire, n'est-il pas ridicule de jouer au jeune homme quand on est un barbon ? Mais lui ne se sent pas ridicule, son coeur est jeune encore, croît-il, hélas, bientôt son corps le... [Lire la suite]
21 novembre 2018

Du PLAISIR : ARISTIPPE de CYRENE

  Il est de bon ton, depuis l'Antiquité, de déverser un mépris souverain sur Aristippe et ses successeurs "cyrénaïques", au motif qu'il est indigne d'un philosophe de faire l'apologie inconditionnelle du plaisir, plus encore d'avoir déclaré que le plaisir est un mouvement corporel, que plaisir et douleur se ramènent en dernière analyse à des mouvements corporels. De fait, Aristippe inaugure une réflexion féconde sur la nature, la source, et la valeur des affects, qui inspirera, parfois à contresens, pyrrhoniens et épicuriens.... [Lire la suite]
20 juin 2018

L'ACADEMIE et le JARDIN

  Sur le fronton de l'Académie de Platon on pouvait lire : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre". A l'entrée du Jardin d'Epicure : "Passant, tu peux peux rester ici, le plaisir seul y donne des lois".   Tout est dit. A celui cependant qui demanderait pourquoi il faudrait des lois au plaisir, il sera répondu que l'homme est hélas le plus souvent incapable de gérer la tourmente de ses désirs, et qu'il lui faudrait une mesure, un principe directif, non point fondés sur quelque autorité externe, mais sur la juste... [Lire la suite]
18 mai 2018

Du PLAISIR comme PRINCIPE

  En allemand la joie se dit "Freude" - voilà qui devait ravir le cher Sigmund ! Et dessiner pour lui un certain destin, un fatum comme on dit en latin, qui signifie originellement "le dit" (de fari, dire). Les Muses, au chevet du nourrisson, ont édicté le signifiant-maître qui dorénavant guiderait les pas de l'enfant, puis de l'adulte. On se demandera si Freud saura se montrer digne de cette vocation, dans sa vie et dans son oeuvre, ce qui n'est évident ni pour l'une ni pour l'autre. S'il est bien vrai qu'elles commencent en... [Lire la suite]