08 août 2016

SERENITE, note du 8 août 2016

  Il est beau d'atteindre à une relative sérénité, d'autant plus précieuse qu'elle fut chèrement acquise, et qu'on la sait infiniment fragile, suspendue aux aléas du sort, de la santé, de l'entourage, de l'état du monde. Faible brindille qu'un vent peut emporter. C'est quasi miraculeux pour qui se sent vulnérable, froissable, soumis à la destinée commune, sans forces ni ressources particulières, ordinairement exposé aux caprices de la fortune. "Hé quoi, dirait un fieffé stoïcien, la sérénité ne tient-elle pas à la force de... [Lire la suite]

26 juillet 2016

LA PEUR et l'ANGOISSE

  On distingue la peur de l'angoisse par la référence à l'objet. La peur est déclenchée par un objet réellement présent et menaçant : un précipice, un animal furieux. L'angoisse nous trouble d'autant que l'objet est invisible, hors perception. Quelque chose menace, dont je ne sais rien, et si les affects sont bien réels et constatables, l'objet, s'il existe, se dérobe à l'analyse. Ce qui fait que l'angoisse est à la fois réelle et irréelle, ce qui contribue encore à intensifier le trouble. Mais ce n'est peut-être là qu'une... [Lire la suite]
23 juin 2016

BLESSURES du CORPS, BLESSURES du TEMPS

  Cette blessure nous la vivons d'abord dans le corps, avant que le psychisme ne consente à l'enregistrer. Ce sont d'abord les humbles besoins immédiats qui nous fendent à intervalles réguliers, nous ramenant à la condition d'un vivant qui ne se soutient que de repousser la mort : faim, soif, sommeil, respiration, élimination, territorialisation. Vivre c'est rétablir un équilibre fonctionnel qui se défait sans cesse. Pulsions, tendances, instincts, dont la puissance contraignante oriente nos vies, et, de même, ne connaissent pas... [Lire la suite]
26 juin 2009

D' un BONHEUR en deça du DESIR

La question du désir est au coeur de nos vies - et depuis Platon au coeur de ce qu'on appellle Philosophie. Philosophie : amour de la sagesse, ce qui implique désir de ce qu'on n' a pas, ajoutons pour notre propre compte, de ce qu'on a vraisemblablement perdu. En toute logique, et contre l'opinion commune qui pose la sagesse dans un avenir lointain, voire inaccessible dont la philosophie serait la voie d'accès, il faut poser que la sagesse est strictement antérieure à toute quête philosophique. Il en va de la sagesse comme de... [Lire la suite]
06 mai 2009

De la DECEPTION NARCISSIQUE

La déception n'engage pas seulement la relation à autrui mais sans doute plus profondément la structure du Moi lui-même. Dire : "je suis déçu" signifie un ébranlement de la représentation. Je m'attendais à une satisfaction - recevoir un cadeau, éprouver le sentiment gratifiant d'une reconnaissance qui aurait comblé mon sentiment narcissique - et voilà tout au contraire que je suis bafoué dans mon attente, privé d'un plaisir avec l'impression pénible de frustration qui l'accompagne. Cette indication, fort banale au demeurant,... [Lire la suite]
27 avril 2009

DU DEUIL :(2) : deuil et moi-idéal

Dans l'article précédent nous avons pu mettre en évidence la prédominance de la perte narcissique sur la perte objectale. En termes plus simples : dans la perte de l'objet c'est surtout une partie de moi que je perds. Mais alors quelle est cette partie? Il semble impossible de répondre a priori à cette question sans tomber dans l'arbitraire le plus total. Pourtant je crois que nous disposons d'un critère : quelle est l'expérience vraiment la plus douloureuse? Dans quelle expérience de perte avons-nous souffert le plus? Allons plus... [Lire la suite]