11 juin 2019

HISTOIRES DE FOUS

  Il ya deux sortes de fous : ceux qui ont perdu la raison, ceux qui ont tout perdu, sauf la raison. Les premiers, historiquement, sont ceux qu'on enferme ou médicalise. Les seconds font carrière dans la politique. Ils ont toujours raison, contre tous, contre l'ordre des choses. Pour autant faut-il parler de perte ? Est-il possible de perdre la raison sans perdre l'usage de toutes les autres facultés ? C'est le cas de la démence, qui est un cas particulier de folie, particulièrement effrayant. Dans les autres cas, celui qui... [Lire la suite]

29 mars 2019

DEUIL et MELANCOLIE

  Dans l'expérience douloureuse de la perte, celle d'un être cher, d'une amitié, d'un idéal, la vraie question est de savoir ce que dans l'objet nous perdons, dont la chute nous affecte au plus vif. Freud avait remarqué, au sujet du deuil, que si nous savons consciemment QUI nous perdons, nous ne savons pas Ce que nous perdons, ou si l'on veut, ce que le défunt représentait pour nous, dans les arcanes de notre inconscient. Sans doute une certaine image qui nous faisait plaisir, une certaine qualité d'être qui nous apportait des... [Lire la suite]
20 mars 2019

Sur le DEFAUT de DIEU : Hölderlin

     "Il n'a besoin  ni d'armes ni de ruses    Avant que l'aide le défaut de Dieu". (Vocation de poète) En quoi le "défaut" de Dieu peut-il être une aide ? Défaut traduit Fehl, du verbe fehlen : échouer, manquer. On peut entendre le manque de Dieu, au sens subjectif : Dieu me manque - ou au sens objectif : manquement de Dieu, parce que Dieu s'est détourné. Hölderlin dira :" Lorsque Dieu détourna de l'homme son visage...". L'histoire de l'Occident c'est le détournement progressif du divin, que notre... [Lire la suite]
03 mars 2018

PENSER, PANSER

  Penser c'est panser la perte. Tenter de la compenser. Hélas, peine perdue que de calculer à l'infini les pertes et les gains. Médiocre arithmétique. Mieux vaut faire pas de côté, se lancer dans la brèche, esquisser pas de danse. La perte ouvre à l'ouvert : ici soit ta demeure, mobile et immobile, indélogeable.
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08 septembre 2017

De la SEDUCTION des IMAGES MENTALES

  Quelque chose change tout doucement, comme une légère brise qui emporte les images et voiles du passé. Ce n'est pas très net encore, c'est une musique en sourdine, mais enfin cela change.  Je me suis rendu récemment dans mon pays natal, poussé par je ne sais quelle exigence intérieure, fort ambiguë au demeurant, qui tantôt me pressait de m'y rendre au plus vite, et tantôt me faisait freiner des quatre fers. Peut-être avais-je vaguement conscience que cette équipée n'était pas sans danger. Qu'allais-je donc trouver en... [Lire la suite]
14 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant second (3)

                   3      Les morts    Laisse-les mourir,    Les morts    Laisse-les pourrir, déchet de corps dans le corps    De la terre, ou partir en fumée    Dans le ciel qui s’indiffère.    De vouloir les garder, voilà le mal, la gangrène de l’âme.    Ce corps de volupté qui embrassait ton corps    Ce doux visage où tu lisais cette infinie tendresse    Où tu... [Lire la suite]
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13 août 2017

Le CHANT DES ORIGINES : Chant second : 4

                        4         Mais encore une fois son beau visage     Tendrement m’apparaît dans la buée du songe     Elle marche au soleil, ses cheveux     Flottent, belle oriflamme de jais, devant mes yeux,     Elle se tourne vers moi, ses yeux noirs me sourient     Je flotte dans le ciel azuré     Je ne sais ce qui m’assaille, me renverse,     Dans ce sourire je crois... [Lire la suite]
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21 février 2017

De la DOULEUR

  La douleur est un mal, d'abord parce qu'elle fait mal : c'est une effraction qui compromet momentanément ou durablement l'unité de l'organisme physicopsychique. Ainsi d'une bessure, d'un choc, d'un événement, qui déchirent la peau sensible du corps et du moi - car dans cette affaire il est bien douteux que l'on puisse séparer le corps et le moi, tant il est vrai que le moi est avant tout "l'idée du corps", sa perception sensible et psychique. Voyez comment l'enfant, lors d'une petite blessure du doigt, se sent comme emporté... [Lire la suite]
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18 janvier 2017

La PERTE et l' OUVERTURE

  Il faut tenter de se familiariser avec l'image d'un moi perforé, troué de toutes parts, effeuillé. C'est cette image que l'on rencontre d'ailleurs chez certains écrivains vieilissants, qui ont vécu suffisamment pour ne plus adhérer à toutes les sornettes de l'époque, qui dans le tremblement même, dans une apparente fragilité, conservent en dépit de tout je ne sais quelle assurance inébranlable. Tout vacille, tout branle, leur corps fatigué, leur humeur chancelante, mais ils sont toujours là comme au premier jour, souples et... [Lire la suite]
21 mars 2016

De l' OBJET PERDU

  Depuis quelques jours je ne puis me détacher d'une question qui me semble essentielle : l'objet perdu c'est quoi ? Peut-on s'en faire une idée un peu plus précise ? Et si psychiquement il n'est perdu qu'à demi, ou pas du tout, que se passe-t-il ? En quoi cette notion d'objet perdu peut-elle apporter un éclairage nouveau sur l'antique problème de la souffrance comme donnée constitutive de l'existence humaine (Bouddha) ? A vrai dire la philosophie n'ignore pas ce problème mais elle le traite de manière imprécise et abstraite.... [Lire la suite]