04 mai 2019

Le POINT de VUE ABSOLU

  Pyrrhon et le Chan : le point de vue absolu à partir duquel on peut juger et disqualifier tous les autres. Absolu au sens strict : détaché, sans rapport, indépendant. A l'égard de toutes les doctrines en usage, des points de vue partiels et généraux, des conventions de langage et de conduite, des normes et des valeurs, des savoirs et des pouvoirs. Qui accède à cette universelle vacuité se délivre des attachements et des adhésions. Il va comme le vent que rien ne peut fixer, indépendant comme le vent. Les autres théories... [Lire la suite]

19 avril 2019

SAUVER la PENSEE (2)

  Sauver la pensée, oui, car elle est menacée, de tous côtés. De l'extérieur bien sûr, par les pouvoirs, quels qu'ils soient. Et aujourdhui, en sus, par les formes nouvelles d'une technologie impériale, qui introduit insidieusement, et dans la pensée elle-même,  le contrôle, la surveillance, la manipulation : l'hydre du despotisme s'est muée en universelle araignée, d'autant plus pernicieuse qu'elle agit en douceur et profondeur, persuadant tout un chacun qu'il agit selon le libre décret de sa volonté lorsqu'il obéit aux... [Lire la suite]
18 avril 2019

SAUVER la PENSEE

  Sauver la pensée... Chaque matin, ou presque, me revoilà tremblotant entre deux vertiges. La nuit n'est pas si loin, encore, que je n'en sente les arcanes ténébreuses, à demi effacées, mais laisssant derrière elles une brume de moiteur, où s'exténue quelque image de rêve. Suis-je éveillé, suis-je à demi mort, suis-je encore celui qui, hier, jetait des étincelles de pensée, comme échappées d'une corbeille inépuisable ? Et de l'autre côté, dans un espace incertain, quelques mots, venus on ne sait d'où, invitent à de nouvelles... [Lire la suite]
17 avril 2019

QUAND SUIS-JE MOI-MEME ?

  A quel moment de notre vie pouvons-nous dire : voilà, c'est moi, c'est vraiment moi ! Et que cela ne soit pas une simple toccade, un moment fugitif, mais un duratif, une constante, un continuum qui soutienne la charpente.  Voilà un homme saisi soudain d'une inexplicable exaltation : il parle fort, il s'agite, il court à droite et à gauche, il prétend révoquer son passé, calamiteux dit-il, il achète des appartements, dilapide son bien, court la prétentaine, court la gueuse, fait la fête, et, à l'entendre, il s'est enfin... [Lire la suite]
04 septembre 2018

Du DOUTE et de la SUPPRESSION : l' épochè sceptique

  D'un point de vue pyrrhonien, le doute n'est pas suffisant : douter c'est examiner une thèse en suspendant l'adhésion. D'où la formule canonique du scepticisme : suspendre son jugement, éviter d'affirmer et de nier. Mais si l'on procède ainsi on laisse les jugements en l'état, on ne se délivre pas des contenus de pensée, des idées et des dogmes. On se contente de se positionner à côté, en laisssant les thèses opposées se contester à l'infini. En quoi Pyrrhon est-il bien différent, et supérieur ? Il ne doute pas, il supprime,... [Lire la suite]
03 septembre 2018

ADELON : critique de l'invisible

  Dêlos : Ile qui vit naître Apollon et Artémis. dêlos : visible, apparent, clair, évident, manifeste. adêlos : invisible, obscur, incompréhensible.   "Le pyrrhonien, déclare Sextus Empiricus dans ses "Esquisses pyrhoniennes" (livre I, 7), ne donne son assentiment à aucune des choses obscures (adêlon)". Ces "choses obscures" désignent ce qui échappe à notre capacité de compréhension, toujours relative à notre état, à notre position, aux apparences, comme par exemple de saisir la nature intime d'un phénomène. Je ne sais... [Lire la suite]

10 avril 2018

De l'INCONNAISSANCE et du REEL : PYRRHON

  Pourquoi ne peut-on vraiment connaître la réalité ? La réponse traditionnelle est d'invoquer les faiblesses constitutives de notre nature. La réponse de Pyrrhon est autrement radicale, sans pour autant exclure la première. Il pose tranquillement cette thèse étonnante que les choses échappent de nature à toute prise : "il les montre également in-différentes, im-mesurables, in-décidables. C'est pourquoi ni nos sensations, ni nos jugements ne peuvent ni dire vrai ni se tromper". Cette dernière phrase est quand même... [Lire la suite]
05 avril 2018

DEPRISE PYRRHONIENNE : insaisissabilité et epochè

  Diogène Laerce expose la philosophie de Pyrrhon : "Il suivit Anaxarque partout, au point même d'entrer en contact avec les sages nus de l'Inde et avec les Mages (de Perse). Telle paraît bien être l'origine de sa très noble manière de philosopher : il introduisit en effet la forme de l'insaisissabilité et de la suspension du jugement". Deux notions majeures, qui ne sont pas à proprement parler des concepts, plutôt des anti-concepts, machines de guerre destinées à ruiner toute prétention de saisie intellectuelle, à l'opposé de... [Lire la suite]
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08 mars 2018

Des CONDITIONS de la PENSEE

  Le printemps s'avance dans les branches... Il fut un temps où je me battais pour des idées. Je m'exaltais, je me fâchais, je ruais, je fumais. Cela n'est plus. Il faut laisser aux idées la place qui leur revient, rien de plus, rien de moins. Cela ne signifie pas que je m'abandonne aux sentiments. Si le senti-ment comme dit l'autre, il ne ment pas toujours : il dénote une présence au monde et à soi qui n'est pas négligeable, un certain réel malgré tout. Si je souffre il est bien vrai que je souffre, même si cette souffrance a... [Lire la suite]
31 mai 2017

ELOGE de la POESIE

  Si l'on me demandait ce qu'est pour moi la philosophie, je dirais, me référant à l'étymologie, et à la pratique des Anciens : philo-sophie, en deux mots, c'est bien l'amour de la sagesse, et que par sagesse j'entends vivre en qualité, ou si l'on veut en excellence, autant qu'il est possible. Jeune, j'aurais peut-être dit : en intensité, car l'intensité est le propre de la jeunesse qui veut tout voir et tout expérimenter. A présent je me range à une modalité plus modeste, l'intensité m'est plus néfate que bénéfique. Mais la... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:28 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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