12 septembre 2019

QU' EN EST-IL DU SUJET DANS LE REVE ?

  Dans le rêve où est le sujet ? Bien sûr on dira : le sujet c'est le rêveur, car enfin quand je rêve c'est moi, ce n'est pas mon voisin. Je dirai avec prudence : le rêveur est l'agent du rêve, c'est par lui que le rêve se fait. Drôle d'agent qui est agi autant qu'il agit, débordé de toutes parts par des impulsions, sensations, imaginations, hors contrôle, par un jeu d'apparitions immaîtrisables et fantasques. Si l'agent pouvait choisir que choisirait-il ? S'il existe un sujet du rêve il expérimente d'abord une forme de... [Lire la suite]
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18 avril 2019

SAUVER la PENSEE

  Sauver la pensée... Chaque matin, ou presque, me revoilà tremblotant entre deux vertiges. La nuit n'est pas si loin, encore, que je n'en sente les arcanes ténébreuses, à demi effacées, mais laisssant derrière elles une brume de moiteur, où s'exténue quelque image de rêve. Suis-je éveillé, suis-je à demi mort, suis-je encore celui qui, hier, jetait des étincelles de pensée, comme échappées d'une corbeille inépuisable ? Et de l'autre côté, dans un espace incertain, quelques mots, venus on ne sait d'où, invitent à de nouvelles... [Lire la suite]
15 novembre 2018

"Nous ne connaissons que nos affects"

  "Nous ne connaissons que nos affects" - cette idée est attribuée par Diogène Laerce aux sceptiques (IX, 103) en conformité avec le texte de Sextus : "Le sceptique donne son assentiment aux affects (pathos) qui s'imposent à lui à travers une impression". Je ne dirai pas : le miel est doux, ce qui serait poser une thése sur la nature du miel - que j'ignore - mais je dirai : le miel m'apparaît doux, ce qui est une donnée immédiate et indiscutable de ma sensibilité. Nous sommes affectés par les apparences extérieures (phainomena)... [Lire la suite]
17 mai 2017

POESIE et PHILOSOPHIE

  Question classique : est-il possible d'exprimer des idées en poésie sans tomber dans l'artifice, le verbiage ou l'intellectualisme ? Il est de bon ton de condamner "la poésie philosophique", et il est bien vrai qu'il existe peu d'oeuvres de ce genre, à ma connaissance, qui soient dignes d'être lues et retenues. Le maître en l'espèce, incontestablement, peut-être le seul qui y ait réussi pleinement, c'est Lucrèce. Je m'y réfère constamment, remarquant au passage que les citations de Lucrèce sont les plus abondantes dans les... [Lire la suite]
17 février 2016

De l'EMPATHIE

  L'empathie, que la psychologie récente prend le soin de distinguer de la sympathie, encore que les deux termes soient manifestement synomymes, serait une aptitude subjective à dépasser l'égocentrisme spontané pour se mettre à l'écoute de l'autre, et nommément de sa souffrance - ce que désigne clairement le "pathie" - ou, si l'on veut, à entendre le "pathos". Le risque, c'est bien évident, est de sombrer dans le pathos à deux, de se mélanger ensemble dans la souffrance, de développer une sorte de confusion sentimentale, ou de... [Lire la suite]
28 juin 2010

De la PITIE : le pathos et l'intellect

"Qu'il est doux, par grande mer, les vents tourmentant la surface des flots Depuis la terre d'assister au dur labeur d'autrui..."        Lucrèce ne prêche pas l'insensibilité, le froid dédain de la souffrance d'autrui, mais se réconforte lui-même d'avoir trouvé, "retiré dans les temples sereins des sages" les lois immuables de la nature, et le calme, et la sérénité de l'esprit. Est-il bien raisonnable en effet, de souffrir de la souffrance d'autrui, ajoutant la souffrance à la souffrance,... [Lire la suite]