16 novembre 2017

Du REFOULEMENT ORIGINAIRE, et du REEL

  De quoi parlons-nous quand nous parlons ? Une des innovations les plus spectaculaires de Freud fut d'introduire le concept de refoulement originaire. Si je comprends bien, cette opérataion est l'effet du langage. Le mot est le meurtre de la chose, entendons : dorénavant tu désigneras par un mot l'objet de ta demande, ce qui revient à éloigner la chose de la satisfaction directe, à la retirer dans une nouvelle sphère qui se surajoute à la première, qui ne lui est nullement équivalente, et qui, de plus, relève en quelque sorte... [Lire la suite]

09 octobre 2017

De l 'ENIGME : de la parole et du silence

  Le mot "énigme" est grec ; "ainigma", parole qui dit sans dire, allusivement, indirectement. Elle ne désigne pas explicitement l'objet, mais elle tourne autour, comme autour d'un astre brûlant, ou d'un trou noir. Elle exige, elle somme, elle oblige, elle menace. Malheur à celui qui ne parvient pas à la déchiffrer, qui, comme pour l'énigme de la Sphinge, sera dévoré - à moins que, comme Oedipe, il ne trouve la clé, et alors c'est la Sphinge qui meurt. Le maître de l'énigme c'est Apollon, le dieu "oblique", celui qui agit à... [Lire la suite]
02 octobre 2017

PAROLE de POETE : émergence et expressivité.

  D'où s'origine le mot ? L'expérience poétique, familière et pourtant, par quelque malignité de notre condition, si rare, nous en dit quelque chose, si nous savons, sans intention particulière, nous taire, être simplement ici : un arbre parmi les arbres, un calme sans pensée, et soudain voici une pie, surgie on ne sait d'où, qui saute de branche en branche, mordille gaillardement l'écorce de l'arbre, s'acharne, et pique de son bec, vorace, et saute encore. Mais tout cela s'est enregistré passivement, moment silencieux, moment... [Lire la suite]
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06 août 2017

Le Chant des origines : Chant sixième, 1

CHANT SIXIEME 1 Anachronique, archaïsantHellénisant, latinisant, taoïsant, bouddhéisant,Supramoderne à l'aventureJe vais par tous les tempsSans souci des époques, des modes,Alliances et convenances.La vérité est de tous les tempsToujours cachée, toujours présente,Elle n'a que faire de nos savoirs,De nos humeurs, de nos tumeurs. Le premier, Démocrite en a fixé la norme :"Ce que sont les choses, réellementNul ne peut le savoir". Et pourtantIl rêvait de fixer les effets à la causeDe construire un écheveau total des causes et des... [Lire la suite]
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15 décembre 2016

"Le SOLEIL a la GRANDEUR d' un PIED d' HOMME" : HERACLITE

  Heinz Wismann nous dit ceci : imaginez Héraclite couché tout du long dans l'herbe à révasser. Surgit un importun qui lui demande : "Quelle est la grandeur du soleil ?" C'est une question classique à l'époque et les savants rivalisent d'ingéniosité, multipliant les hypothèses théoriques. Héraclite se contente de relever la jambe, de dissimuler le soleil avec son pied, et de répondre :" Le soleil a la grandeur d'un pied d'homme". C'est évidemment une facétie. Héraclite aimait déjouer le sens des questions, se jouer du... [Lire la suite]
07 mars 2016

PAROLE et DISCOURS : du commencement

  Je crains fort de m'être insidieusement efferré moi-même. C'est le risque inhérent à toute expression, orale ou écrite, que de poser une parole, qui, pour être authentique au moment même où elle est proférée, se fige sur le champ en discours. Ce qui était mouvement, risque, ouverture, appel vers l'inconnu, d'être fixé dans les mots, se voit en quelque sorte réifié, rigidifié, transmuté en socle, ou en statue d'airain. C'est le destin ordinaire de l'art dont le contemplateur ne voit que l'oeuvre achevée, alors qu'elle n'est que... [Lire la suite]

07 février 2016

FRAGMENTS d'ESPACE INHABITABLE - suite et fin

                       VIII         Le beau pays !       Dans l'oasis de mon amour, lavé de tout, planter un arbre encore !       Je ne chanterai plus que la conque de ton oreille, la musicale, la voyageuse !       Et le frelon de l'été tisserand à mes tempes, écharpe de rumeur qui colore le ciel !       Seul me retient l'iris, ce troisième cercle d'or à la racine étincelante de nos nuits! ... [Lire la suite]
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18 décembre 2014

LE JARDIN SANS VISAGE : cantate- POES

                                          LE JARDIN SANS VISAGE, CANTATE             ARGUMENT           Lassé de tous les bavardages je me tourne vers les étoiles. L'univers ne parle pas. Il rugit. Ses immenses rumeurs ne sont-elles que notre passion exorbitée vers le ciel?       Je me retire en moi-même. Je scrute les abysses, assoiffé d'eau calme,... [Lire la suite]
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10 octobre 2014

Leçon du Désir

    Depuis que j'ai fini mon ouvrage je suis en apesanteur. Ce n'est pas un post partum, ni une décompensation, mais une sorte de flottement, de glissement sur les ailes légères du temps qui passe, et qui me porte. Je n'ai plus rien à faire, j'ai rempli mon contrat. Quel contrat? Un contrat entre moi et moi, une sorte d'obligation toute intérieure, purement privée. Sans doute me suis-je dit, à une époque lointaine, à une date indéterminée, à peu près ce que s'était dit Schopenhauer : "j'ai trouvé que la vie est une énigme,... [Lire la suite]
10 juillet 2013

DU DISCOURS et de la PAROLE

    Il faut bien distinguer la parole du discours. Le discours, c'est ce que l'on fait dans un cours ou une conférence. Formule convenue, avec ses rites, ses répétitions, ses modalités officielles. D'avoir si longtemps pratiqué cet exercice de parade il ne m'amuse plus. J'en mesure toute la vanité : si tel ou tel en retire quelque profit il faut bien remarquer que son efficacité est des plus relatives. Que retient-on d'une heure et demie d'exposition? C'est dépenser beaucoup de salive. Plus grave, ces présentations ne sont... [Lire la suite]
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