07 juillet 2016

De l' ASCETISME et de la METAPHYSIQUE

  Le véritable sublime n'appartient qu'à la nature, lorsqu'elle oppose à l'homme son immensité, sa puissance illimitée, ou sa beauté. L'homme, cherchant le sublime, tombe le plus souvent dans le grotesque. Ainsi  de l'ascétisme, qui, s'il est en son principe une simple et légitime discipline (askésis, ascèse), verse le plus souvent dans la monstruosité de la pulsion de mort : macérations, mortifications, cilice, jeûnes, absurdes contentions et flagellations du corps etc. Bouddha lui-même, trompé par une fallacieuse... [Lire la suite]

10 juin 2016

Le FINI et l' INFINI

  Dans le "ou mallon" - pas davantage - s'exprimait, en sus d'une règle de prudence, la certitude que le fini est le lot indépassable de l'humain, être de passage, limité à tous égards et mortel. Les Grecs disent indifféremment homme ou mortel (anthropos ou thnètos), comme on voit abondamment dans Homère. L'homme est fini, "borné dans sa nature, infini dans ses voeux", dira plus tard Lamartine, considérant la contradiction du fini et de l'infini dans le coeur de l'homme, qui ne sait se résoudre à la loi du destin. Pour les... [Lire la suite]
03 avril 2015

PANDORA - de l'espoir

  "Auparavant, sur la terre, l'espèce humaine vivait loin des maux, à l'abri de la fatigue, de la peine, des maladies terribles qui font périr les hommes. C'est cette femme qui, en levant de ses mains le vaste couvercle de la jarre, les laissa échapper, et prépara aux hommes de pénibles soucis. Seule l'Espérance, n'ayant pas atteint les bords de la jarre, resta dans sa prison infrangible et ne put s'envoler au dehors : avant qu'elle sortît, Pandore avait laissé retomber le couvercle. Mille autres maux, néanmoins, sont répandus... [Lire la suite]
06 février 2015

QUAND IL N' Y A PLUS DE LIMITES...

    Lacan a écrit : "Quand il n'y a plus de limites il y a des bornes". Traduisons : quand le symbolique (la loi, l'inter-dit) ne joue plus son rôle de frein à l'illimité du désir ou de la passion, c'est le réel (les bornes) qui, en dernière instance, fait barrage, et souvent de manière catastrophique. Songeons aux vers de Lamartine : "Borné dans sa nature, infini dans ses voeux - L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux". En guise de dieu je verrais plutôt l'homme comme un démon jailli des enfers, assoiffé de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:17 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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14 février 2014

ESTHETIQUE du PLAISIR

    La grande erreur est d'imaginer un accroissement infini : on ne parvient jamais au terme, on se lamente, on gémit contre l'ingratitude de la nature, on cultive le ressentiment. La grande sagesse des Grecs s'exprimait dans le "ou mallon" : pas plus, car une fois atteinte, la perfection ne peut souffrir d'aménagement sans se corrompre. Il en va de même du plaisir. Quand la fin (telos) de la nature est atteinte il est vain de chercher plaisir plus intense : "le plaisir dans la chair ne peut s'accroître une fois supprimée... [Lire la suite]