28 mai 2018

LIBERTE ? - méditation

    Ce que nous appelons liberté n'est peut-être qu'un balbutiement entre deux silences, vibrant au bord de la faille, inquiétante et féconde, d'où s'origine toute vie. La faille c'est Chaos : ouverture infinie sans fond et sans bord, impensable, nuit profonde que rien ne peut présentifier, espace borgne d'où naissent les images et les rêves. C'est ce que nous ne connaîtrons jamais, qui nous hante dans la vastitude du sommeil, et que nous retrouvons dans la mort silencieuse. Dans la vie consciente cette référence... [Lire la suite]
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07 février 2018

De l' ORIGINE du MONDE

  Le rapport entre art et savoir peut se thématiser et s'illustrer par l'opposition entre la "Primavera" de Botticcelli et l'"Origine du monde" de Courbet. Le premier choisit de se situer clairement dans l'apparence et dans l'idéalisation. Le second se propose de faire voir la réalité, triviale et incontournable. Avec sans doute une arrière-pensée : "vous qui faites de belles oeuvres, vous qui exaltez la beauté de la forme, vous qui enchantez le monde avec les prestiges de l'art, vous qui chantez le sublime, je vais vous... [Lire la suite]
24 octobre 2017

Les DEUX POLES

    Ce qui se lit en filigrane dans la quête de Gauguin, comme dans beaucoup d'artistes et de poètes, c'est le mouvement rédrogradiant (plutôt que régressif) qui doit mener à l'origine. Et c'est moins l'origine de l'humanité, que Gauguin a cru entrevoir aux îles lointaines, que l'origine du sujet lui-même. Origine psychique, elle-même insaisissable, voilée de mystère, empêchée par mille circonstances, mille constructions secondaires, mille récits plus ou moins fallacieux, et qui pourtant hante le sujet en profondeur comme... [Lire la suite]
20 octobre 2017

ODE à la NUIT : méditation

    Je voudrais écrire une ode à la nuit, qui ne soit ni terne ni funèbre. La nuit comme origine absolue, impénétrable, mystérieuse et si belle ! La nuit qui porte le jour dans ses flancs généreux, la nuit où toutes choses se composent. Nuit sacrée, nuit des gestations innombrables, en qui toutes choses retournent selon le temps. Origine et fin, berceau et tombe, cycle immortel. Je la dirai profonde, comme est profonde, inaccessible, la vérité : privilège décisif de l'informe, moment générique où se dissolvent et se... [Lire la suite]
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18 août 2017

LE CHANT DES ORIGINES : Chant Premier (2)

                          CHANT PREMIER                                     2       Au début n'était pas le Verbe, ce bavard intempestif   Ni l'action, n'en déplaise au poète,   Car il n'y eut jamais de début dans la nature   Qui de toujours et pour toujours jette les dix mille êtres   Au risque de naître, de vivre et de périr, ... [Lire la suite]
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06 août 2017

Le Chant des Origines : Chant sixième : 2

  2 C'est le chemin le plus difficileQui ne vient de nulle partQui ne va nulle partQui semble piétiner sur place,Patient, impatient, tenace, vivace,Chemin des poètes désoeuvrésDes errants dépréoccupés,Eux qui ne savent jamais très bien où est le nordQui estiment qu'au fond il n' y a pas de nordQuoi que l'on fasse, ou que l'on soit, on est est toujours au nordOn ne saurait se perdre dans le monde,Où que l'on soit on est toujours au monde,A l'origine, car de partout jaillit le feu de l'origineDes milliards de processus finissent... [Lire la suite]
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24 juillet 2017

Le TEMPS de la NATURE et le TEMPS de l' HOMME

    Le temps de la nature n'est pas le temps de l'homme. Dans une sorte de projection hyperbolique on a voulu imposer à la nature les catégories de la pensée humaine, laquelle est déterminée par les bornes infranchissables du commencement et de la fin. Tout mouvement, tout processus, physique ou mental, chez nous, s'inscrit dans ce cadre, à commencer par l'existence elle-même : nous sommes bien les "mortels" (thnètoi), et c'est en mortels que nous nous représentons toutes choses. De là cette idée, assez généralement... [Lire la suite]
15 mai 2017

ODE à HOLDERLIN : poème

         Qui donc es-tu, noble frère du Rhin      Toi Lumineux d'entre tous les poètes      D'aval au long des fleuves laboureurs      Déclinant de la source, de ville en ville,      Et tel Bacchos plantant vignoble de vin pur,      Toi l'errant, le sans patrie amant de sa patrie        Toi le sans père en attente du père,      Qui donc es-tu ?        Les dieux, les... [Lire la suite]
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12 mai 2017

LE PROCHE et le LOINTAIN : de la langue

       "Et j'ai presque      Perdu la langue à l'étranger" Se rendre à l'étranger, se perdre à l'étranger, perdre (presque) la langue maternelle à l'étranger, voici le risque d'un long voyage aux pays lointains, mais aussi le risque de se perdre dans le passé, auprès de ceux qui furent et qui ne sont plus. Debout sur le rivage, voir les grands bateaux partir sur l'océan, cela ne suffit pas, il faut s'embarquer pour se heurter ailleurs aux usages, aux aspérités d'une langue différente, car c'est... [Lire la suite]