08 mai 2019

COMME UN IDIOT DANS LE COURANT DES CHOSES : HOUANG PO et PYRRHON

    « Quand on sait avec certitude que rien n’a, au fond, d’existence, qu’on ne peut rien trouver et qu’on n’a alors rien sur quoi s’appuyer, se fixer, qu’il n’y a pas de sujet ni d’objet, plus aucune pensée erronée ne s’agite… » Et encore : « …sans vous appuyer sur rien, sans vous fixer nulle part, en restant tout le jour comme un idiot qui se laisse porter par le courant des choses. » Ces deux citations proviennent des Entretiens de Houang Po. J’aime à penser que si Pyrrhon avait écrit, il eût... [Lire la suite]

02 avril 2019

Et TOUT est DEPEUPLE

  Renversant le vers célèbre "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" un auteur écrit "Un seul être vous manque et tout en est peuplé". Cette idée est très juste. Elle décrit une réalité ordinairement mal perçue. Dans le premier vers on désigne l'épreuve de la perte qui entraîne un sentimant poignant de déréalisation universelle. C'est en effet ce qui se passe dans le deuil. Le second vers introduit un paradoxe qui peut étonner : on croit que tout est dépeuplé, troué par le manque, dévitalisé - ce qui correspond à un... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:29 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,
29 mars 2019

APOLOGIE du RIEN : Mallarmé

  Sur la question du rien : La représentation commune pense le rien à partir d'une attente : "j'ai cherché quelque chose et je n'ai rien trouvé". Par exemple une pièce où il n'y a rien : ni meubles, ni table, ni miroir etc. Dans l'espace imaginarisé du désir s'ouvre une brèche où s'engouffre ma déception. Mais à tout prendre le rien n'est pas dans le réel, qui ne manque jamais de rien, il est dans l'inadéquation de l'attente à la réalité. On pourrait figurer ce défaut structurel par deux droites parallèles de longueur inégale.... [Lire la suite]
29 mars 2019

DEUIL et MELANCOLIE

  Dans l'expérience douloureuse de la perte, celle d'un être cher, d'une amitié, d'un idéal, la vraie question est de savoir ce que dans l'objet nous perdons, dont la chute nous affecte au plus vif. Freud avait remarqué, au sujet du deuil, que si nous savons consciemment QUI nous perdons, nous ne savons pas Ce que nous perdons, ou si l'on veut, ce que le défunt représentait pour nous, dans les arcanes de notre inconscient. Sans doute une certaine image qui nous faisait plaisir, une certaine qualité d'être qui nous apportait des... [Lire la suite]
21 décembre 2018

MELANCHOLIA IV : de la connaissance mélancolique

  Thomas Mann, qui connaissait bien l'oeuvre de Freud, a déclaré que la psychanalyse est "une connaissance mélancolique". Que faut-il entendre par là ? On ne saurait se contenter de l'idée trop facile que la psychanalyse serait triste ou engendrerait une vision triste de l'existence. Une des qualités majeures que depuis toujours on reconnaît au mélancolique c'est la lucidité, la perspicacité : en voilà un qui ne s'en laisse pas compter, qui voit en toute chose ce que les autres n'y voient pas, qui décèle dans le jeu des passions... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:28 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
19 décembre 2018

MELANCHOLIA II : de l'excès et de l'exception

  Voilà deux jours que je suis titillé par une question qui m'est venue au décours de ma relecture du Traité d'Aristote "L'homme de génie et la mélancolie" et du brillant commentaire qu'en donne Jackie Pigeaud (ed.Rivages). C'est l'idée qui apparaît en sourdine, discrète mais insistante, d'un surplus, d'un excès, d'une ex-ception par rapport au régime ordinaire, "normal" de la vie psychique. Le traité invoque l'action de la bile noire, considérée tantôt comme un fait de nature qui détermine un tempérament (le tempérament... [Lire la suite]

28 avril 2016

Des RELATIONS d' OBJET, et de la LOI

    Lacan parle quelque part de l"hainamoration". Voilà qui fâchera la midinette, et plus encore le cortège dithyrambique des inconditionnels de l'amour. "Aime ton prochain comme toi-même" peut-on lire sur le fronton des synagogues. La devise est belle, mais chimérique. Pourtant elle exprime en sous-main une constatation fort réaliste, celle-là, que chacun s'aime d'abord, plus que tout, et qu'il serait souhaitable de tirer autrui du néant où il est spontanément placé, pour lui conférer un peu de cette considération qui ne... [Lire la suite]
13 novembre 2012

De l'OBJET PERDU, et de PYRRHON

            De l’OBJET PERDU, et de PYRRHON     C'est une idée étrange, renversante : et si notre destinée personnelle, dans ses choix, ses options fondamentales, ses refus et ses fixations dépendait presque exclusivement de la place que nous avons attribuée à l'objet perdu?  Quel est cet objet perdu ? La question est secondaire : même si les éléments de réponse ne manquent pas, ils n'en épuisent pas la nature. On peut dire : le sein maternel, réel ou imaginaire, la matrice, les... [Lire la suite]
19 juin 2012

ERE du VIDE ou ERE de l' OBJET ? K-957

        Notre époque n’est pas l’ère du vide, comme l’affirme un auteur récent, mais l’ère de l’objet. - Des objets, en première analyse, objets de convoitise, objets-fétiches, objets-signes de reconnaissance sociale, de valorisation narcissique. L’infinie diversité des objets, leur précoce obsolescence, leur futilité même exprime la pauvreté mentale et culturelle d’une époque vouée à la fuite en avant, à la course contre le temps, au gaspillage, à la pusillanimité. D’où l’impression de vide, que vient obturer... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
11 mai 2009

La CHOSE

La Chose n'est pas la chose La Chose est toutes choses La Chose est sans début, sans fin, sans cause et sans pourquoi Nul ne connaît la Chose, elle est en toute chose Elle est, elle n'est pas.
Posté par GUY KARL à 12:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,