13 novembre 2017

L' OUBLI VAILLANT

  Dans les traces récurrentes de notre histoire, que lisons-nous, si ce n'est la présence, en pointillés, d'un sujet absenté, d'une ombre mobile, qui, à sa manière, ellyptique et énigmatique, témoigne de la persistance d'un projet, d'un acharnement à vivre, malgré tout, malgré le jeu obscur où il se perd. Existence à demi avortée, où l'on peut lire pourtant, en filigrane, la persistance du désir, dont le résultat pur serait de se reconnaître lui-même. Cette issue n'est nullement garantie, mais elle est possible, au prix bien sûr... [Lire la suite]

09 novembre 2017

Du CHOIX et du REGRET

  Dans certaines situations critiques il faut choisir entre deux options, et seulement deux. L'échappée vers la troisième étant barrée, il faut bien se résoudre, et, choisir ce sera éliminer l'une des deux pour se satisfaire, si cela est possible, de l'autre. C'est ainsi que naît le regret, par où le coeur reste attaché, et l'imagination, à ce qui aurait pu être et qui ne sera pas. "Ah si j'avais choisi telle formation, au lieu et place de celle que j'ai suivie, j'aurais pu développer telle aptitude qui est bien en moi, et qui... [Lire la suite]
08 septembre 2017

De la SEDUCTION des IMAGES MENTALES

  Quelque chose change tout doucement, comme une légère brise qui emporte les images et voiles du passé. Ce n'est pas très net encore, c'est une musique en sourdine, mais enfin cela change.  Je me suis rendu récemment dans mon pays natal, poussé par je ne sais quelle exigence intérieure, fort ambiguë au demeurant, qui tantôt me pressait de m'y rendre au plus vite, et tantôt me faisait freiner des quatre fers. Peut-être avais-je vaguement conscience que cette équipée n'était pas sans danger. Qu'allais-je donc trouver en... [Lire la suite]
23 mai 2017

MNEMOSYNE : Hölderlin

          Mûrs, plongés dans le feu, cuits       Les fruits gisent sur la terre, et c'est une loi       Que tout y retourne, pareil aux serpents       Prophétiques, rêvant       Sur les collines du ciel. Et beaucoup       Comme sur les épaules       Une charge de bûches       Est à retenir. Mais mauvais       Sont les chemins. Et de travers       Comme des rosses,... [Lire la suite]
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25 janvier 2017

CHATEAUX de SABLE : fantaisie

  Voyageant dans le Péloponèse en direction d'Epidaure nous fîmes une petite halte dans une prairie verdoyante, à l'ombre d'un bosquet, comme aurait pu faire Oedipe dans son interminable pérégrination de prince déchu. Il y avait là quelques colonnes de marbre couchées dans l'herbe, des socles brisés, des pierres étalées au hasard, rien qui fût très remarquable : pourtant je n'ai pu oublier ce lieu, ni son nom, Médea, qui entre en résonance avec tant d'autres noms qui chantent dans ma mémoire. C'était très certainement une cité,... [Lire la suite]
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06 novembre 2015

JOURNAL 6 nov : désidéalisation

  Je m'aperçois qu'au fil de ces chroniques journalières je procède, sans l'avoir prémédité, à une sorte de désidéalisation universelle, et des personnages de mon enfance, et de moi-même au premier chef : je n'épargne rien ni personne, je montre les choses dans leur véracité. Si j'ai pu, un temps, conserver de la nostalgie, tenter de sauvegarder une image plaisante, je vois que le travail de l'écriture, impitoyablement, remet tout à plat, égalise les points de vue, restitue la complexité, structure la temporalité, aiguise le... [Lire la suite]
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09 août 2015

INTERLUDE IV

                              Le CHANT des SIRENES     "Et rose elle a vécu ce que vivent les roses..." Le vers, dans une respiration légère, balance délicatement entre "rose", sur le seuil, et "les roses", à la fin, ouvertes comme des corolles. La banalité du propos est transfigurée par le rythme, et l'usage de la rime intérieure, qui donne une sorte de halo suggestif et de vibration infinie. Ajoutez-y la splendeur du ô, rond comme un... [Lire la suite]
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05 mars 2013

De la NOSTAGIE : analyse d'une passion

    "La nostagie n'est plus ce qu'elle était" écrivait une actrice célèbre. Je pense, tout au contraire, que sous des oripeaux infiniment variés, elle est toujours la même, identique à soi même, invariable et éternelle. Douleur du retour impossible, mal du pays, mélancolie rampante, le sujet captif du passé, remâchant sa déconvenue est pareil à Ulysse dans la caverne de Calypso :   "Le jour il se tenait assis sur les rocs de la grêve   Le coeur brisé de larmes, de soupirs et de tristesse   Et promenant... [Lire la suite]
28 février 2013

CHANSON du NOSTALGIQUE : poème sapphique

     O Muse, toi la perdue,  l'insaisissable    J'ai tant crié vers toi, tant imploré      Ton retour, mais tu ne reviens pas, tu creuses        Sans fin la chair de mon amour!     Mais ton image je la garde, ineffaçable    Dans tout ce qui séduit de par le monde      Et scintille et miroite, et qui s'efface        Hélas, et qui revient encore.    Poète, c'est le destin de l'homme seul, ... [Lire la suite]
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17 septembre 2009

BOUZOUKI : pour SAPPHO

Je passe ma vie à ne rien faire Je suis très heureux La brise berce doucement mes rêves J'aime la beauté, la vie, le bel amour J'écoute la mer Ma pipe fume comme un encensoir.          Bouzouki bouzouki          De quoi me chantes-tu bouzouki          De quelle histoire oubliée          De crime, d'amour, de mer Egée? Oedipe avait un oeil en trop peut-être Et cet... [Lire la suite]
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